Elodie Romain, alias Billie Bird, une voix folk envoûtante aux Créatives

«Je ne sais pas définir ma musique», confie Elodie Romain, alias Billie Bird, qui se produira sur la scène du festival des Créatives, à Onex, vendredi soir.

«Je ne sais pas définir ma musique», confie Elodie Romain, alias Billie Bird, qui se produira sur la scène du festival des Créatives, à Onex, vendredi soir. Image: Pierre Abensur

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S’il fallait définir Elodie Romain, alias Billie Bird, il faudrait jeter des dizaines d’épithètes antinomiques dans un mixer. Et laisser reposer. Eau dormante mais bouillonnante, discrète et fonceuse, éternelle amoureuse de la vie. Poète de l’antipoésie, Bille Bird surfe sur une vague hybride de folk anglaise et française.

Sur la scène du festival des Créatives, vendredi à Onex, elle sera un lien naturel entre la Bernoise country blues Colour of Rice et la douce Kabyle Souad Massi. «Je ne sais pas définir ma musique, confie la jeune artiste au regard franc. Je navigue dans un univers musical pluriel, teinté du fado de mes origines, de folk, de rock métal de mon adolescence et de la chanson française qui a bercé mon enfance.»

Dépasser les frontières

En duo avec l’auteur-compositeur interprète lausannois Marcin de Morsier, la jeune artiste explore de nouvelles voies dans ce spectacle. «La dynamique est différente à deux, souligne-t-elle. L’interaction est très précieuse, je suis ravie de cette collaboration.» Seule une reprise du célèbre Smallton Boy de Bronski Beat, chantée par Jimmy Sommerville, s’invite dans les quarante-cinq minutes de compositions personnelles, alliant la mélancolie de la soul et du blues à l’énergie d’un folk intense.

A l’écriture depuis l’adolescence, Billie Bird ne s’est jamais laissé détourner de ses émotions. «Je mets beaucoup de moi dans ces textes, détaille la chanteuse dont le cœur balance entre Genève et Lausanne. Je n’arrive pas à me détacher, je ne pourrais pas écrire des choses qui ne me touchent pas.» Mélancolique, ascendant perfectionniste, Billie Bird ne laisse rien au hasard, tout en invitant le hasard à s’immiscer dans sa vie. «Je suis curieuse de tout, j’ai envie de tout connaître, de découvrir des mondes insoupçonnés. Lorsque j’écris ma musique, mes paroles, je puise dans les émotions, les odeurs, les bruits… Tout ce qui m’interpelle m’inspire, ici ou à l’autre bout du monde.»

Quant à ce petit air de spleen émergeant d’un maquillage accentué, elle l’explique par une force intérieure. «Je suis une mélancolique, oui, mais ancrée dans la vie, pas plombée, image-t-elle. Mon parcours chaotique a laissé des traces, mais pas de désespoir. J’aime la vie, je suis une amoureuse, j’aime aimer et être aimée.»

Enfance entre mélomanes

Elle garde des souvenirs plutôt joyeux d’une enfance ballottée entre sa famille et un foyer pour enfants. «Bien sur, il y a eu des moments douloureux, mais mes parents ont toujours été présents. Et en foyer, j’ai rencontré des gens merveilleux, m’encourageant dans ma démarche musicale.» Sa première guitare, offerte par sa mère lorsqu’à 9 ans elle entre au foyer, sera le déclencheur de sa passion. «Mes parents n’étaient pas musiciens, mais mélomanes», raconte celle qui se voit encore en petite fille docile, mais bien décidée à ne laisser personne dessiner son avenir à sa place. Féministe avant l’heure, elle impose sa musique, tout en poursuivant ses études. «Après la matu je savais que ce serait le fil rouge de ma vie, mais j’avais conscience qu’il fallait aussi assurer mes arrières et ne pas mettre tous les œufs dans le même panier.»

Après une année en sciences sociales à l’Université de Lausanne, elle arrête et se lance dans trois ans d’études musicales. «J’en suis sortie avec une base solide de technique vocale et de théorie musicale, mais ça a complètement coupé ma créativité. Les études artistiques sont trop compétitives, ce n’était pas comme ça que je voulais faire de la musique.»

S’ensuit un retour aux études en 2006 qui lui permet, depuis, d’enseigner dans une école primaire, en parallèle de ses concerts. «J’ai mis ma carrière musicale entre parenthèses durant quelques années, mais je n’ai jamais arrêté d’écrire.»

C’est en 2012, entourée d’amis proches à Genève, que Billie Bird est née. «Je voulais reprendre la scène, mais il me fallait un autre projet, une autre identité, raconte l’artiste. On était plusieurs ce jour-là et au fil des discussions est apparu le besoin d’explorer, de créer. Et je me suis souvenue d’une exploratrice anglaise du XIXe siècle dénommée Isabella Lucy Bird, alias Billie Bird.»

Depuis, les concerts et les spectacles se succèdent pour cette aventurière romande. D’intimistes à grand public, ses apparitions sont toujours teintées de cette émotion partagée avec son public. «Qu’il y ait trois personnes ou cinq cents, je suis dans une véritable osmose et j’aime ça, reconnaît-elle. C’est magique de pouvoir vibrer au diapason de dizaines d’inconnus bercés par sa musique.»

(TDG)

Créé: 09.11.2015, 08h42

Bio express

1983 Naissance à Lausanne dans une famille modeste franco-espagnole.

1992 Reçoit sa première guitare, prémices de son histoire d’amour avec la musique.

1995 Commence le chant avec un éducateur-musicien de son foyer.

1997 Vacances au Québec et premier concert.

2002 Matu philo-psycho-musique, voyage émouvant et révélateur à Bahia, au Brésil.

2003 Etudes musicales à Genève.

2006 Reprend l’Uni en pédagogie et période d’écriture musicale.

2012 Naissance de Billie Bird dans une cave à Genève et reprise de la scène.

2015 Chante vendredi aux Créatives à Onex.

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