Dusan Mladjan: rien à prouver, tout à gagner

PortraitTriompher, encore et toujours, c’est un leitmotiv chez le natif de Belgrade arrivé à l’âge de 3 ans à Bellinzone.

Dusan Mladjan pose au fitness Harmony de Balexert, où il a pour habitude de parfaire sa forme.?

Dusan Mladjan pose au fitness Harmony de Balexert, où il a pour habitude de parfaire sa forme.? Image: STEEVE IUNCKER GOMEZ

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Sur le parquet, il affiche en permanence cet œil du tigre, cette volonté de se battre comme un damné, de ne surtout rien lâcher. Quitte à faire peur à l’adversaire. Quitte à effrayer encore, une fois douché et changé, son interlocuteur. Mais, autour d’un jus de pomme, le basketteur Dusan Mladjan révèle son autre facette, celle d’un type sympa, poli, bien élevé. «Dans la vie normale, je crois être quelqu’un de cool, d’ouvert, mais il est vrai que lorsque je joue, j’ai une forte personnalité, un sacré caractère», concède-t-il. Ce qui passe pour une qualité sous le panier s’efface en dehors. Pour laisser place à une grande capacité d’adaptation, comme en témoigne son envie de s’entretenir en français. «J’ai un peu étudié cette langue à l’école, puis j’ai été obligé de l’apprendre à force de passer tous mes étés en équipe de Suisse, où c’est l’idiome officiel…»

Aujourd’hui, celui-ci fait partie de son quotidien, le Tessinois d’origine serbe s’étant installé chez les Lions de Genève avec l’envie d’enrichir un palmarès qui est l’un des plus beaux du basket helvétique. Considéré comme l’un des meilleurs joueurs munis d’un passeport rouge à croix blanche, notre interlocuteur, âgé de 28 ans, jure n’être en rien perturbé par les grosses attentes de ses dirigeants: «Je n’ai plus rien à prouver, plus rien à démontrer. J’ai déjà gagné neuf titres en Suisse, encore remporté la Coupe de la Ligue le mois dernier. Maintenant, je veux essayer de gagner le championnat et, pourquoi pas, de jouer l’Europe avec mon club…»

Avec un champion olympique

Triompher, encore et toujours, c’est un leitmotiv chez le natif de Belgrade arrivé à l’âge de 3 ans à Bellinzone. Fils de Milan Mladjan, l’un des meilleurs joueurs d’ex-Yougoslavie, le No 21 des Lions de Genève a à la fois le basket et la gagne dans le sang. Si ce n’est dans les gènes. «Je suis fier d’être Suisse et fier, aussi, de mes origines, alors je prends le positif des deux cultures, explique-t-il. En Serbie, nous avons une autre mentalité, un autre caractère. Peut-être sommes-nous un peu plus prêts à souffrir pour le sport…»

Certainement plus enclin à s’arracher que les autres, mais aussi doté d’un potentiel au-dessus de la moyenne, Dusan Mladjan s’est constitué une formidable carte de visite. Arrivé en LNA à 15 ans, convoqué en équipe nationale douze mois plus tard, il a en outre évolué durant trois saisons en Italie, puis l’an passé dans son pays natal. «Au fil de toutes ces expériences, j’ai disputé l’Eurocup, l’Adriatic League et j’ai énormément appris. La saison dernière encore, j’ai connu des choses exceptionnelles. De tous mes voyages, je n’ai retiré que du positif.» Le fait d’avoir notamment côtoyé un coach de la valeur de Ruben Magnano – champion olympique 2004 avec l’Argentine – n’y est pas innocent.

«Je m’épanouis»

Mais maintenant, l’actualité est tout autre. En plus de l’œil du tigre, le Tessinois doit en effet afficher un cœur de Lion alors que les play-off approchent. «Ici, j’ai trouvé le meilleur endroit pour moi et ma famille, lâche-t-il un sourire au coin des lèvres. L’organisation du club est très bonne et plus les jours passent, plus je m’épanouis. Le travail effectué par le comité et le staff est excellent.»

Et Mladjan qui avait perdu la finale 2013 sur le parquet des Lions avec Lugano est bien placé pour en parler. Même si son absence lors de l’acte décisif avait sans doute fait pencher la balance dans cette série – «sans ma blessure, on peut penser que nous aurions gagné», lâche-t-il – il a toujours eu le plus grand respect pour Ivan Rudez et ses hommes et se dit prêt à s’investir doublement pour que les Genevois retrouvent la couronne perdue l’an dernier. «J’aime lorsque l’enjeu s’élève, lorsqu’il y a quelque chose à gagner», assure-t-il avec un aplomb déroutant.

Ça tombe bien: le changement (de champion), c’est maintenant!

Créé: 13.03.2015, 13h13

Bio express

1986 16 novembre, naissance à Belgrade.
1989 Arrivée en Suisse, à Bellinzone, où son père (Milan) est venu terminer sa carrière de basketteur.
2002 Premier match de LNA, à 15 ans et demi. «C’était à Monthey, j’ai marqué trois points.»
2003 Première convocation en équipe nationale suisse.
2010 Victoire en Coupe de la Ligue avec Lugano, le premier d’une série de huit titres.
2014 Mariage le 28 juin avec Marinella.
2015 Succès en Coupe de la Ligue, son premier sacre avec les Lions de Genève.

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