Du châtelain au Président

PortraitRencontre avec Pablo Pizarro, le nouveau directeur de l'hôtel Président Wilson.

Le nouveau directeur de l’hôtel Président Wilson est prêt à casser ses prix pour animer les week-ends genevois.

Le nouveau directeur de l’hôtel Président Wilson est prêt à casser ses prix pour animer les week-ends genevois. Image: George Cabrera

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Les Vaudois le connaissent mieux que les Genevois. L’ex-directeur du Château d’Ouchy vient à peine de reprendre les rennes de l’hôtel Président Wilson, le dernier de la longue enfilade de palaces sur les quais de la rive droite. Retenez son nom en pensant que seules trois consonnes le séparent du génie espagnol de la peinture: Pablo Pizarro.

Ses parents auraient aimé qu’il reprenne leur bijouterie à Montreux, en vain: aujourd’hui il collectionne des joyaux d’un autre style, comme les «leading hotels of the world» sur son CV. Lot de consolation, c’est bien dans l’entreprise familiale qu’il a observé les bases de la relation client. «J’adorais voir quelqu’un arriver vers ma mère pour acheter une montre et repartir avec un diamant», se souvient-il, tout sourire.

Et ce sont les grands voyages entrepris avec ses parents qui forgent son goût de l’hôtellerie. «Il faut se rendre compte de ce que c’était de prendre l’avion dans les années 80, alors que la plupart de mes camarades de classe ne partaient pas en vacances.» Les Etats-Unis l’impressionnent tout particulièrement. «Pour un jeune homme comme moi, c’était l’époque de toutes les stars, Michael Jackson… On achetait des Nike et quand on revenait, on était le roi!» Il pense devenir commandant de bord chez Swissair. «Malheureusement je suis myope, et le pilotage, c’était plutôt pour les matheux. Moi j’étais plus orienté vers les langues.» Il fait un de ses premiers stages à l’hôtel «New York» de Disneyland Paris, avant de s’envoler réellement vers la Grande Pomme pour un stage au «Pierre», puis des études à l’Université Cornell.

Une moquette et quatre murs

C’est le Montreux Palace qui lui offre son véritable premier emploi. «C’est fou, j’avais tout fait pour sortir du cocon familial, pour m’évader, et me voilà de retour.» Il y confirme son goût de la restauration et de l’événementiel. «C’est magique ce qu’on peut faire avec une moquette et quatre murs.»

Un collègue l’entraîne alors dans l’aventure de l’ouverture du Burj El Arab à Dubaï, cet hôtel sept étoiles, démentiel, en forme de voile. «On aime ou on n’aime pas, mais c’est un endroit unique.» Là-bas il apprend à gérer des employés venant d’Asie, d’Inde. «Ça prend plus de temps avec eux. Ils sont dévoués, mais il faut leur expliquer plusieurs fois. Parfois ils disent oui alors qu’ils n’ont rien saisi. Dans leur mentalité, c’est rabaissant d’avouer qu’on n’a pas compris. Et plus vous vous énervez, pire c’est. Si vous criez, vous n’en tirez plus rien.» A l’époque à Dubaï, il n’y a rien à part les centres commerciaux et le désert. Pas assez pour retenir Pablo Pizarro de partir pour Washington, à l’hôtel Watergate, travailler en lien direct avec la Maison-Blanche. Le 11 septembre met fin à ses espoirs d’obtenir un visa durable.

Le destin le contraint encore une fois à revenir poser ses valises en Suisse romande, au Richemond de Genève. Il y fait une rencontre décisive: celle de Jean-Jacques Gauer, le directeur du Lausanne Palace. Il lui propose un poste à Jérusalem, qu’il refuse. «Je ne voulais pas quitter tous mes amis ici, on sortait pas mal, on avait une vie nocturne assez mouvementée.» Alors il l’engage au Lausanne Palace, puis lui fait ouvrir le Château d’Ouchy en 2008.

Une Nuit des étoiles avec lui?

A Genève, il veut créer de l’animation le week-end en important le concept vaudois de la «Nuit des étoiles»: pendant les ouvertures nocturnes des commerces en fin d’année, pour les achats de Noël, le client a droit a un tarif spécial selon le nombre d'étoiles.

Pablo Pizarro passe l’essentiel de son temps libre à voyager, et à marcher. «J’aime faire de longues balades les écouteurs dans les oreilles, seul avec Barry White.»

(TDG)

Créé: 05.11.2015, 18h54

Bio express

23 novembre 1974 Naît à Montreux.

1995 Stage au room service du «Pierre» (New York).

1997 Master en management hôtelier à l’Université Cornell.

1998-2001 Assistant puis directeur de la restauration au Burj Al Arab, Dubaï.

2001 Directeur de la restauration à l’hôtel Watergate, Washington.

2001-2004 Supervise la restauration à l’hôtel Le Richemond à Genève.

2005-2015 Hotel Manager au Lausanne Palace puis dès 2008 au Château d’Ouchy.

Septembre 2015 Directeur général de l’hôtel Président Wilson.

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