Saskia Vellas, créatrice engagée de jeux vidéo

Rencontre La Genevoise de 26 ans met en scène une bombe climatique méconnue dans son jeu «Oniland». Il figure parmi les nominés aux Swiss Game Awards.

Saskia Vellas a créé le jeu pour mobiles «Oniland», nominé aux Swiss Game Awards.

Saskia Vellas a créé le jeu pour mobiles «Oniland», nominé aux Swiss Game Awards. Image: Georges Cabrera

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L’exploitation du sable (15 milliards de tonnes par an) est une bombe à retardement climatique encore méconnue. Partant de ce principe, la conceptrice de jeu genevoise Saskia Vellas a décidé d’en faire le thème d’un jeu pour mobiles, «Oniland». Il a été nominé aux Swiss Game Awards, aux côtés de trois productions zurichoises et une lausannoise. Le prix, qui peut récompenser un jeu publié ou en création, sera décerné le 27 janvier à Zurich.

Le jeu n’est pas encore sorti. Saskia Vellas dévoile un prototype sur son propre iPad, dans les locaux de Freestudios à Plainpalais. Sur une montagne, un peuple extrait du sable du fonds d’un lac. Si on retourne l’iPad, le champ de vision se déplace sur la vallée. Un autre peuple crée des barrages sur un fleuve qui s’écoule du lac. En trois minutes, les actions des personnages mignons, dictées par le joueur, les font tous mourir.

La Genevoise de 26 ans a développé la première version du jeu entre janvier et juin 2016. C’était le travail pratique de son master en Media Design à la Haute Ecole d’art et de design (HEAD). «Je voulais faire un jeu sur un sujet méconnu en matière d’environnement. Quand j’ai commencé sa conception, la COP21 (ndlr: Conférence de Paris de 2015 sur le climat) venait d’avoir lieu. Un documentaire d’Arte m’a fait découvrir le problème de l’extraction du sable, qui accentue l’érosion des côtes et la force des tempêtes et des tsunamis.»

Le projet concrétise aussi un rêve d’écolière: «Depuis le cycle, je voulais être conceptrice de jeu.» Saskia Vellas a grandi à Meinier, où elle habite encore. Créer des jeux vidéo est une manière de s’exprimer autrement: «J’ai toujours voulu communiquer par le visuel», sourit celle qui a accepté son bégaiement.

Conceptrice à quatre têtes

Saskia Vellas a d’abord endossé seule les rôles de game designer (conceptrice des règles et mécaniques du jeu), programmeuse, illustratrice et conceptrice sonore d’«Oniland». Sous le capot, le moteur de jeu Unity, des scripts en C# et des mécaniques créées avec le module Fungus. Des détails que sauront apprécier les connaisseurs.

Faire tout soi-même, c’est comment? «C’est très agréable parce qu’on n’attend pas les autres, mais on doit trouver des compromis ou des alternatives pour les domaines où on est moins bon… Par exemple l’illustration.» C’est la spécialité de Sarah Bourquin, sortie de la même volée de la HEAD. Après avoir vu évoluer «Oniland» dès le début, elle a refait les graphismes cet automne. Saskia Vellas cherche maintenant un développeur prêt à travailler gratuitement.

Le jeu sera-t-il open source et ses éléments réutilisables grâce à une licence libre? «Ce n’est pas encore défini. Mais il sera gratuit.» Pour l’heure, Saskia Vellas se consacre à son projet le week-end. Elle travaille à 100% comme designer graphique au World VR Forum, une association qui promeut la réalité virtuelle.

Rejoindre un studio à Montréal

Est-elle une «gameuse» (joueuse passionnée)? «Une gameuse légère. Plutôt que les jeux de baston où il faut tuer tout le monde, j’aime les jeux narratifs. Et plutôt que les blockbusters, les jeux indépendants qui contiennent un peu de magie, qui rendent mon quotidien plus beau.» Ceux qui l’inspirent le plus sont «Broken Age», développé par un studio américain d’une soixantaine d’employés, et «J’aime les patates», une création de la cinéaste québécoise Vali Fugulin.

En nombre d’employés, l’industrie canadienne du jeu vidéo tient le troisième rang mondial, derrière celles des Etats-Unis et du Japon. Plus de 20 000 Canadiens travaillent dans ce secteur. Saskia Vellas prévoit de partir à Montréal cet été, avec son ami enseignant à l’école primaire, pour un ou deux ans: «Ensuite, je veux revenir à Genève.» Elle cherchera du travail dans un studio québécois. Sa carte de visite: le jeu «Oniland».


La bande-annonce du jeu:

(TDG)

Créé: 11.01.2017, 17h13

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Bio express

15 novembre 1990 Naissance à Genève.

2009 Maturité au Collège Calvin, option Arts visuels.

2011 Entre à la Haute Ecole d’art et de design (HEAD).

2012 Echange Erasmus d’un trimestre à l’Université du Québec à Montréal.

Janvier 2016 Commence le jeu «Oniland» dans le cadre de son master à la HEAD.

Août 2016 Rencontre des professionnels du jeu vidéo au Gamescom, à Cologne.

Janvier 2017 «Oniland» figure parmi les cinq nominés aux Swiss Game Awards.

Eté 2017 Projet de départ pour Montréal, ville phare de l’industrie du jeu vidéo.

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