Rencontre avec Stéphan Studer: au sommet de La Colline

PortraitLe Genevois vient de rendre son sifflet après 24 ans de carrière au sommet de l'arbitrage dans le football européen.

Stéphan Studer a mis un terme à sa carrière d’arbitre de football pour diriger la clinique privée genevoise.

Stéphan Studer a mis un terme à sa carrière d’arbitre de football pour diriger la clinique privée genevoise. Image: Olivier Vogelsang/Tribune de Genève

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Il vient de rendre son sifflet après 24 ans de carrière. Celui qui peut se targuer d’être le seul Romand à être arrivé au sommet de l’arbitrage dans le football européen part sans regret, la tête remplie de nouveaux défis. Le prochain sur sa liste? Développer les activités de la clinique genevoise La Colline, qui fait partie du groupe Hirslanden et dont il a pris la direction cet été. Car si Stéphan Studer a effectué un parcours sportif hors norme, sa carrière professionnelle est également impressionnante. Une double réussite qui tient sans aucun doute à son caractère de battant et à un côté carriériste qu’il assume pleinement.

«J’ai toujours été sportif. Petit, je faisais déjà du football, puis de la natation en compétition. A 16 ans, je me suis lancé dans l’arbitrage. Dans cette discipline, si vous êtes bon, il y a un système qui permet de gravir rapidement les échelons. Une fois qu’on commence à monter, on veut toujours aller plus haut.»

Directeur au CHUV

Le Lancéen est âgé de 19 ans, lorsqu’il atteint la deuxième ligue. C’est à moment là qu’il quitte le cocon familial pour suivre des études de physiothérapie à Lausanne. «J’étais attiré par le côté dynamique de ce métier et sa proximité avec le monde du sport.» Pourtant, il réalise rapidement que cette profession ne le comblera pas indéfiniment. Le jeune thérapeute se lance alors dans des études universitaires en sciences sociales et politiques. Son but: s’ouvrir de nouvelles portes dans le domaine de la santé.

Sa rencontre avec Inka Moritz, alors directrice de l’Hôpital orthopédique de la Suisse romande, l’incite à se lancer dans le management. «C’est un peu mon étoile. Elle m’a engagé en 2006 pour gérer la fusion entre son institution et le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Il s’agissait de créer un nouveau secteur de l’appareil locomoteur.» Six ans plus tard, le jeune manager dirige le nouveau département ainsi que celui des neurosciences au sein du CHUV.

Parallèlement à ses fonctions, il devient arbitre international FIFA en 2009. «J’étais entré dans le groupe des soixante meilleurs arbitres européens et dirigeais des matches d’Europa League ainsi que des soirées d’éliminatoires de Coupe du monde et d’Euro. Je visais la Ligue des champions et son cercle des trente meilleurs arbitres du continent. Et là, j’ai échoué.» Deux erreurs stoppent son ascension. La première, un penalty non sifflé au cours du match opposant Benfica Lisbonne à Trabzonspor; la seconde, une simulation sanctionnée alors qu’elle n’en était pas une, lors de la rencontre entre Newcastle à Atromitos. «Ça a été dur à digérer, mais j’ai dû accepter que je ne réussisse pas à aller plus loin. J’ai toujours pensé que dans la vie, la difficulté ce n’est pas de monter, mais de rester en haut de la montagne et de pouvoir décider du moment où l’on souhaite redescendre.»

Fin de sa carrière d’arbitre

Au mois de juin, le sportif met donc un terme à sa carrière d’arbitre. Sans regret. «En Suisse, l’arbitrage reste un hobby et moi, je l’ai toujours pratiqué de manière professionnelle en m’entraînant trois fois par semaine. Ce n’était donc pas facile de concilier cette activité avec ma carrière professionnelle et ma famille. Je demeure très fier de ce que j’ai réalisé.» En parallèle, il quitte le CHUV pour le privé.

Désormais à la tête de la clinique La Colline, Stéphan Studer fourmille de projets. Notamment créer des partenariats publics-privés, renforcer la coopération avec les médecins traitants, développer le centre des urgences existant et les activités liées au sport. «Je suis confiant et motivé. Vous savez, l’arbitrage est une des meilleures écoles de management que l’on puisse trouver en termes de prise de décision, de gestion du stress et des conflits. D’ailleurs, je réfléchis à y revenir par un autre biais, peut-être comme formateur ou observateur d’arbitres. Je me suis donné un an pour y penser…»

(TDG)

Créé: 21.09.2015, 18h39

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