La voix plurielle de Stop Suicide

RencontreRencontre avec la nouvelle coordinatrice de l’association, Sophie Lochet.

Sophie Lochet affectionne la terrasse panoramique du Seujet et son point de vue sur la ville.

Sophie Lochet affectionne la terrasse panoramique du Seujet et son point de vue sur la ville. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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L’événement remonte à bientôt un mois mais l’énergie rassembleuse qui s’en dégage mérite de le raconter au présent. Ce soir-là, à la salle communale de Plainpalais, on célèbre les 15 ans de l’association Stop Suicide. Son cofondateur, Florian Irminger, prend la parole devant une assemblée qui ne cesse de grossir à mesure que les intervenants défilent sur l’estrade. Il rappelle la marche silencieuse du 9 décembre 2000, les quelque 200 personnes défilant dans la rue pour soutenir celles et ceux qui souffraient de l’absence d’un proche, un jeune collégien ayant mis brutalement fin à ses jours. Sortie du silence, «notre association a su imposer sa voix: nous ne laisserons pas les politiques publiques ignorer cette problématique et nous ne laisserons pas la société l’accepter sans bouger», conclut Florian avec sa clarté coutumière, avant d’être applaudi.

Une coordinatrice bien entourée

Une jeune femme, alors occupée à rajouter des chaises, a juste le temps de diriger les retardataires vers les rangées qui ne cessent de s’allonger. Ce parterre finit par ressembler à celui du Grand Théâtre. De quoi combler Sophie Lochet. La placeuse ravie, c’est elle; la voix actuelle de Stop Suicide, c’est elle également. Voix plurielle, bien sûr, la coordinatrice de l’association ne travaille pas seule, loin s’en faut. L’équipe n’a cessé de s’étoffer au fil des ans. «J’ai hérité du poste qu’occupait Anne-Marie Trabichet. C’est elle qui a enclenché cette dynamique de professionnalisation, souligne d’emblée Sophie. Avant que je ne lui succède, il y a maintenant deux ans et demi, nous avons travaillé un mois ensemble, un mois de transfert de cerveau. Nous sommes désormais huit à œuvrer au sein de l’association, dans notre bureau avec mezzanine de la rue des Savoises. Cinq salariés, deux stagiaires, une ambassadrice jeunes, auxquels s’ajoutent les dix bénévoles du comité directeur. On a besoin d’une telle équipe, il y a tant à faire.»

Cela est souligné sans triomphalisme, d’une voix lucide. On sent, jusque dans le regard précis faisant corps avec la parole, le pragmatisme déterminé qui l’habite. «Quand on s’engage dans le domaine de la prévention, il faut toujours remettre l’ouvrage sur le métier», insiste la coordinatrice, originaire de Paris, où elle a fait ses études. «J’ignorais tout de Genève. J’y suis venue pour des raisons sentimentales. Six mois plus tard, ma candidature a été retenue à Stop Suicide.»

«Travailler avec les jeunes»

Six mois qui ne furent pas de tout repos. «Je cherchais dans l’associatif; j’y suis allée au culot, j’ai suivi des conférences, des réunions, j’ai fait du bénévolat. J’étais hyperactive mais ça n’aboutissait pas. Je commençais un peu à désespérer, jusqu’à ce que je voie cette annonce, qui était un vrai défi: gérer une association.» Expérience utile: «Pour être sincère, je n’avais jamais réfléchi profondément à la question du suicide auparavant. Aujourd’hui c’est devenu une préoccupation de tous les instants: je m’engage parce que ça me touche. Je crois beaucoup à la valeur préventive des témoignages. On peut avoir traversé une crise suicidaire, avoir été très mal et réussir à surmonter cette épreuve personnelle pour se retrouver par la suite dans une vie qui nous plaît à nouveau. Ce message, il est essentiel de le faire entendre. On doit encore apprendre à utiliser ces témoignages positifs devant les classes. Récemment plusieurs jeunes sont venus spontanément nous demander ce qu’ils pouvaient faire pour la prévention du suicide. Il faut continuer à travailler avec les jeunes et les professionnels qui les entourent pour être efficace.»

C’est dit avec la conviction d’une femme bien à sa place et totalement convaincante. La voix incarnée de Stop Suicide. Elle s’entend à Genève comme dans toute la Suisse romande. (TDG)

Créé: 11.01.2016, 20h42

Bio express

1986 Naissance à Paris.

2003 Bac au Lycée Maurice Ravel, dans le XXe arrondissement.

2005 Une année au Mexique, dans le cadre de son cursus universitaire à l’Institut d’études politiques.

2008 Master en sciences politiques à Sciences-Po Paris.

2010 Chargée de mission e-inclusion (lutte contre la pauvreté).

2013 Arrivée à Genève, en février. Engagée en août comme coordinatrice à Stop Suicide.

2016 Elle veut renforcer le travail de prévention auprès des écoles.

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