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Concert au City-Club de PullyPony del Sol se remet en selle

L’artiste fribourgeoise présente sa pop rêveuse et mélancolique ce samedi à Pully. Rencontre.

Gael Kyriakidis peut retrouver la scène, elle qui n’avait pas le cœur à jouer à travers un écran ou à produire de nouveaux titres à la chaîne.
Gael Kyriakidis peut retrouver la scène, elle qui n’avait pas le cœur à jouer à travers un écran ou à produire de nouveaux titres à la chaîne.
Rebecca Solari

«Au départ, ce confinement m’est apparu comme très anxiogène. Avant d’y voir des aspects positifs. La nature reprenait un peu ses droits et notre rapport au temps était chamboulé.» La nature et le temps sont justement au cœur de «Sauvagerie», dernier recueil de chansons pop à la douce mélancolie de Gael Kyriakidis, alias Pony del Sol. Samedi, Pony se remet en selle. La Fribourgeoise présentera ses compositions au City-Club de Pully, en duo avec la musicienne Laure Perret, avant la fermeture estivale de l’établissement.

Enfin retrouver la scène, elle qui n’avait pas le cœur à jouer à travers un écran ou à produire de nouveaux titres à la chaîne. En plus du dégoût face à une quinzaine de concerts annulé, puis l’angoisse financière et administrative, Pony a ressenti un profond rejet à faire de la musique. «C’était comme s’il y avait une injonction à créer, une pression qui se mettait sur les artistes, notamment le fait de jouer en live sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, le temps a passé. Je me sens plus à même de m’exprimer.» Elle confie d’ailleurs revenir à un songwriting piano-voix, à des compositions épurées.

Habitée par la narration

À croire que Pony del Sol n’aime pas l’urgence, elle qui a pourtant baptisé «Sauvagerie» cet EP qui joue sur les contrastes. Et dévoile davantage de douceur et d’intime que son premier album, «Pony del Sol», plus théâtral. «J’aime l’idée que ce titre puisse être trompeur, que l’on s’imagine un groupe de punk.» La sauvagerie, pourtant, se manifeste. Mais davantage dans un esprit brut, dans la manière dont l’artiste évoque la nature, les relations physiques et amoureuses, ou l’imaginaire traversé de pensées libres et spontanées.

Ses pensées, l’auteure-compositrice les exprime désormais intégralement en français, après avoir hésité sur son premier disque qui comptait tout autant de morceaux en anglais. Un souci de cohérence guidé d’abord par l’émotion. «Pour transporter le public, je crois qu’il faut parler dans ta langue du cœur, celle avec laquelle tu exprimes le plus de choses sincères. Pour raconter une histoire.» Habitée par la narration comme par l’imagerie qui découle de sa musique, Gael Kyriakidis s’est même lancée dans l’écriture d’un court métrage d’animation, coréalisé avec la dessinatrice Fanny Dreyer.

«J’aime l’idée que ce titre puisse être trompeur, que l’on s’imagine un groupe de punk»

Pony del Sol, musicienne

«Dimanche», soit l’histoire d’un rêveur maladroit mis à l’écart pour sa différence par les autres jours de la semaine, sera d’ailleurs projeté avant son concert au City-Club. «C’était un vrai ping-pong entre les images et la musique. J’ai adoré cette expérience pour la collaboration humaine et artistique, le fait de partager la création, de ne pas être seule à la porter comme c’est le cas avec Pony del Sol.» L’artiste travaille d’ailleurs sur un projet de compositions de musique de film, «mais sans le film».

Pully, City-Club
Samedi 18 juillet, 20h30
www.cityclubpully.ch