Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal

«Polluants éternels»
Les PFAS, un enjeu sanitaire majeur

[Symbolic Image, Staged Picture] An older woman eating fried eggs, photographed at her home in Central Switzerland on January 18, 2018. (KEYSTONE/Christof Schuerpf)

[Symbolbild, Gestellte Aufnahme] Eine aeltere Frau isst Spiegeleier, aufgenommen am 18. Januar 2018 in ihrer Wohnung in der Zentralschweiz. (KEYSTONE/Christof Schuerpf)
Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.
BotTalk

Les PFAS, communément nommés «polluants éternels», inquiètent déjà pour plusieurs effets toxiques sur la santé humaine, notamment des cancers, alors que les connaissances sur ces substances restent à compléter.

Quasi indestructibles et présents dans quantité d’objets et de produits, les substances per- et polyfluoroalkylés ou PFAS s’accumulent avec le temps dans l’air, le sol, les eaux des rivières, la nourriture et, in fine, dans le corps humain.

«Ce qui a commencé comme un soi-disant miracle, une percée technologique pensée pour son aspect pratique, a rapidement dégénéré en l’un des problèmes les plus pressants pour la santé publique et environnementale du monde moderne», a souligné en mars 2023 le directeur de l’agence de protection de l’environnement des Etats-Unis, Michael Regan.

Oû se trouvent-ils? Quels sont leurs effets? Peut-on s’en débarasser? On vous propose un petit éclairage sur les PFAS, en quelques questions.

Où trouve-t-on des PFAS?

Les PFAS irriguent la vie moderne depuis les années 1940-50. Ces éléments fluorés se trouvent dans des vêtements sportifs, les textiles imperméables, farts de ski, poêles antiadhésives, emballages alimentaires, mousses d’extinction d’incendie, détergents, cosmétiques, médicaments, prothèses, enduits et peintures, membranes de filtration d’air ou d’électrolyse, mais aussi sur des durites de sondes spatiales ou dans la micro-électronique.

Il en existe des milliers, sous forme gazeuse, liquide ou solide. Leur résistance à la corrosion, à la chaleur ou à la lumière explique leur attrait. Mais une fois dans la nature, ils ne se désagrègent pas. Les plus dangereux sont «les plus petits, les plus mobiles», indique à l’AFP Mehran Mostafavi, directeur adjoint scientifique du CNRS Chimie.

Le contenu qui place des cookies supplémentaires est affiché ici.

À ce stade, vous trouverez des contenus externes supplémentaires. Si vous acceptez que des cookies soient placés par des fournisseurs externes et que des données personnelles soient ainsi transmises à ces derniers, vous devez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.

Les PFAS polymériques, inertes et stables, comme ceux qui servent pour les revêtements anti-adhésifs des poêles, ne sont pas problématiques en condition normale d’utilisation, selon le chercheur.

«En effet, sans surchauffe des poêles, le polytétrafluoroéthène (PTFE) ne pénètre pas dans l’organisme, mais sa fabrication peut générer des tensioactifs fluorés potentiellement toxiques», complète Pierre Labadie, directeur de recherche au CNRS en chimie de l’environnement. De même, lors de son incinération ou de son recyclage, «il y a la possibilité de générer des PFAS problématiques».

L’OCDE a également identifié 36 PFAS, émulsifiants, stabiliseurs, agents hydrofuges, ajoutés dans les produits de beauté. L’association des industriels du secteur Cosmetics Europe s’est engagée en octobre à les remplacer d’ici 2026.

Quels sont leurs effets?

Si «les connaissances sur les risques sanitaires associés aux différents PFAS sont insuffisantes, voire absentes», des «effets nocifs et toxiques sur le métabolisme humain ont été observés pour plusieurs PFAS», a résumé l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) française au printemps 2023.

En cas d’exposition prolongée, certains de ces composés chimiques de synthèse peuvent favoriser des cancers, affecter la fertilité et le développement du fœtus, ou encore favoriser les risques d’obésité, selon diverses études.

«Ils sont également suspectés d’interférer avec le système endocrinien (thyroïde) et immunitaire», a aussi exposé en France l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) en 2022, dans le sillage de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en 2020.

Mais tous les polluants éternels, et la toxicité potentielle de chacun, ne sont pas précisément connus, ce qui complique la surveillance sanitaire.

Peut-on s’en passer?

«Il faut tordre le cou à l’idée que les polluants éternels sont indispensables», estime Martin Scheringer, professeur de chimie environnementale à l’Ecole polytechnique de Zurich et président du groupe d’experts internationaux sur la pollution chimique (IPCP), qui souligne néanmoins les travaux en cours au niveau européen visant à définir le concept dérogatoire «d’usage essentiel» pour des PFAS dont on ne peut se passer.

«Il y a des applications dont on peut se passer, d’autres pour lesquelles existent des alternatives, pour le secteur des médicaments c’est très compliqué», détaille Mehran Mostafavi.

D’une manière générale, beaucoup d’industriels «sont déjà sortis des PFAS ou sont en train de le faire», note Martin Scheringer. En France, par exemple, «des mousses incendie de substitution sans PFAS viennent d’être qualifiées au terme de deux ans de travail avec le ministère de l’Environnement», indique Magali Smets, directrice générale de France Chimie. Cette «initiative française» a besoin d’un temps d’adaptation pour s’installer, car il va falloir «rincer» les équipements utilisant ces mousses et définir de «bonnes pratiques».

Est-il possible de détruire les PFAS?

«La particularité de ces molécules est de présenter une liaison très forte entre un atome de carbone et un atome de fluor (...) Pour casser cette liaison, quatre méthodes expérimentales sont identifiées», explique Mehran Mostafavi, du CNRS Chimie.

«Une méthode “enzymatique” développée par les biochimistes, une méthode dite de “sono-chimie” créant des bulles à très haute température où les liaisons C-F se cassent, une méthode par “plasma-froid” utilisant un arc électrique dans une solution de PFAS, et une approche dite “radiolytique”» via un rayonnement ionisant.

«Elles ont prouvé leur efficacité», dit Mehran Mostafavi, «le défi serait maintenant de passer à l’échelle industrielle».

Newsletter
«Dernières nouvelles»
Vous voulez rester au top de l’info? «Tribune de Genève» vous propose deux rendez-vous par jour, directement dans votre boîte e-mail. Pour ne rien rater de ce qui se passe dans votre canton, en Suisse ou dans le monde.

Autres newsletters

AFP/Laura Manent