LivePolitique en France (direct)Michel Barnier est nommé premier ministre en France
Soixante jours après les législatives, Emmanuel Macron a nommé l’ancien ministre de droite et ex-commissaire européen Michel Barnier à la tête du gouvernement. Suivez l’actualité de cette nomination en direct.
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Ce live est terminé. Les rédactions de 24Heures et de la Tribune de Genève vous remercient d’avoir suivi la nomination de Michel Barnier comme premier ministre en France sur nos plateformes! À bientôt.
Les dossiers brûlants qui attendent le futur gouvernement
A peine constitué, le futur gouvernement du Premier ministre Michel Barnier nommé jeudi par Emmanuel Macron va devoir se pencher, dans l’urgence, sur un certain nombre de dossiers brûlants mis en suspens par deux mois de vacance du pouvoir en France.
Budget dans les limbes
Mastodonte législatif, le budget de l’État 2025 doit être déposé au Parlement le 1ᵉʳ octobre au plus tard. Pour «assurer la continuité de l’État», le gouvernement démissionnaire a préparé une trame pour son successeur, en reportant exactement le même total de crédits qu’en 2024, soit 492 milliards d’euros, mais ventilé différemment.
Des propositions que le nouvel exécutif aura moins de trois semaines pour éventuellement amender.
Les discussions s’annoncent tendues alors que le déficit public français devrait se creuser encore à 5,6% du PIB cette année, après avoir atteint 5,5% du PIB en 2023, valant à Paris une procédure pour déficit excessif par la Commission européenne.
Hôpital malade
La préparation du budget de la Sécurité sociale, dont le déficit se creuse, a également pris du retard, alors que le secteur de la santé est en souffrance, entre un hôpital public sous-financé et une crise des urgences.
Plusieurs chantiers visant à résorber la désertification médicale sont à l’arrêt, comme une réforme du métier d’infirmière ou l’expérimentation de l’accès direct aux médecins spécialistes.
L’instauration d’une «aide à mourir», promesse de campagne d’Emmanuel Macron, est aujourd’hui en suspens, après avoir pourtant commencé son parcours à l’Assemblée.
Outre-Mer en crise
Les indépendantistes de Nouvelle-Calédonie réclament toujours l’abrogation formelle d’une réforme contestée modifiant la composition du corps électoral local. Voté en mai, ce texte avait embrasé l’archipel du Pacifique: onze personnes ont été tuées, le tissu économique détruit et le territoire se trouve au bord de la faillite.
Quant à l’archipel de l’Océan indien Mayotte, il attendait deux projets de loi préparés par l’exécutif sortant: l’un pour répondre aux crises sécuritaire, migratoire et sanitaire, l’autre pour supprimer le droit du sol. Les deux textes sont passés à la trappe, mais les problèmes demeurent.
Feu dans les campagnes
Le gouvernement avait annoncé plus d’un milliard d’euros de mesures et d’aides diverses après la grave crise qui a secoué le secteur agricole en début d’année. Mais plusieurs projets de loi censés les mettre en oeuvre ont été suspendus depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin.
«Le feu couve dans nos campagnes», a averti en août la Confédération paysanne, qui réclame avec d’autres syndicats des mesures d’urgence pour les céréaliers affectés par de faibles rendements et pour les éleveurs touchés par des maladies sanitaires.
Flou énergétique
La filière énergétique attend des arbitrages sur les investissements dans la production d’électricité, une question cruciale pour toute l’économie et surtout l’industrie.
En 2025 et après, l’argent public ira-t-il à la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, ou aux énergies renouvelables? C’est le grand flou, la révision de la programmation énergétique de la France (PPE) ayant pris un an de retard.
La France a quand même envoyé le 10 juillet -presque dans les temps- à Bruxelles son Plan National Energie Climat (PNEC) qui était exigé avant fin juin. Mais un décret se fait toujours attendre pour mettre en oeuvre le calendrier fixant pour 2035 la feuille de route nationale pour lutter contre le changement climatique.
Enseignants dans l’attente
La réforme de la formation initiale des enseignants, qui devait répondre, dès la rentrée 2025, à la crise de recrutement dans l’Education nationale en renforçant l’attractivité des métiers, a elle aussi subi un coup d’arrêt.
Salaires toujours bas
La dissolution a par ailleurs enrayé le processus de négociations entre partenaires sociaux par lequel le gouvernement voulait s’attaquer aux bas salaires.
Autre projet suspendu, celui de durcir, dès décembre, les conditions d’accès et les règles d’indemnisation par l’assurance chômage. En attendant, les règles actuelles ont été prolongées jusqu’à fin octobre.
Projet de congés parentaux repoussé
Annoncé mi-janvier par le chef de l’Etat, le projet de congé de naissance – destiné aux deux parents, à raison de trois mois chacun – est suspendu. Le dispositif était appelé à remplacer en 2025 le congé parental actuel, peu utilisé.
«Un mépris du vote des électeurs»
La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a affirmé jeudi que la nomination à Matignon de Michel Barnier, issu des Républicains (LR), démontrait «un mépris du vote des électeurs».
«Cette nomination démontre un mépris du vote des électeurs», a déclaré la responsable syndicale à l’AFP.

Il s’agit d’«une personne issue du parti arrivé en dernière position, dont la survie politique dépendra du RN puisque c’est eux qui vont faire basculer, dans un sens ou dans l’autre, une motion de censure», a-t-elle affirmé, soulignant que «les électeurs se sont mobilisés comme jamais pour battre le RN» lors des législatives.
«Dans toutes les autres démocraties du monde, on demande à la formation arrivée en tête de constituer un gouvernement et trouver une majorité et c’est seulement si elle n’y arrive pas que l’on construit autre chose», a-t-elle relevé.
«Les précédentes prises de position (de Michel Barnier) nous inquiètent fortement» au vu des sujets qui sont sur la table, a-t-elle poursuivi, alors que le nouveau Premier ministre s’était notamment prononcé pour la retraite à 65 ans lors de sa campagne pour la primaire de la droite en 2021.
«Est-ce que Michel Barnier est prêt à rompre avec la politique économique et sociale d’Emmanuel Macron et avec sa méthode, verticale et autoritaire?», a-t-elle questionné.
«Beaucoup d’interrogation et d’inquiétude»
«Abrogera-t-il la réforme des retraites ? Augmentera-t-il les salaires ?», quel sera son arbitrage sur le budget alors que «la situation est catastrophique», a énuméré la responsable syndicale, admettant «beaucoup d’interrogations et surtout beaucoup d’inquiétudes».
Interrogée sur un possible appel de la centrale à rejoindre la manifestation de samedi avec LFI et plusieurs organisations syndicales étudiantes contre «le coup de force» d’Emmanuel Macron, elle a souligné que la CGT a «déjà tranché» en ne s’associant pas à cet appel. Mais elle a jugé que cette nomination confirme que la mobilisation «est légitime».
De son côté, la CFDT a estimé dans un communiqué que «la mise en place du gouvernement ne doit désormais plus tarder car la tâche qui l’attend est grande».
«La crise démocratique que nous traversons conduira, malgré cette nomination, à une forme de blocage politique plus ou moins sévère» et «dans ce contexte, les partenaires sociaux auront la responsabilité de bâtir des compromis alliant progrès social, transformation écologique et solidité économique», a poursuivi la CFDT.
Le syndicat juge «indispensable de donner des perspectives et d’ouvrir un horizon de progrès pour que l’accession de l’extrême droite au pouvoir, évitée au début de l’été, ne se produise pas dans quelques mois».
«Colère» immense
De son côté, FO a mis en avant dans un communiqué, «la colère» qui «est immense notamment face à la situation des urgences et de l’hôpital public, au manque de moyens et d’effectifs dans les écoles».
Le syndicat a dit «réaffirmer ses revendications, entre autres, de défense et renforcement des services publics partout sur le territoire, d’abrogation de la réforme des retraites et d’augmentation générale des salaires, traitements, pensions et minima sociaux».
D’autres responsables syndicaux se montraient dans l’expectative.
«On verra sur pièces», a affirmé François Hommeril (CFE-CGC ), tandis que Cyril Chabanier (CFTC) a noté que Michel Barnier «sembl(ait) être quelqu’un qui est dans le dialogue et le compromis».
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Laurent Escure (Unsa) a lui observé sur X que «tout ce qui serait dans une forme de continuité, tolérée par le RN, ne fera qu’accroître la crise», tandis que pour Solidaires, la nomination de M. Barnier «ne répond pas aux urgences sociales et écologiques».
Le chancelier allemand Olaf Scholz félicite Michel Barnier
Le chancelier allemand Olaf Scholz a félicité jeudi l’ancien commissaire européen Michel Barnier pour sa nomination au poste de Premier ministre en France, lui souhaitant «force et succès pour les tâches à venir».
«Nos deux pays ont un lien singulier, ce sont deux partenaires étroitement liés au cœur de l’Europe», a écrit le chancelier dans un communiqué, disant se réjouir à la perspective que «nos gouvernements continuent à travailler ensemble au bénéfice de nos pays et de l’Europe».
Gabriel Attal quitte Matignon à pied
Après la passation de pouvoir, l’ancien premier ministre Gabriel Attal a quitté l’hôtel de Matignon pour se rendre à pied à l’Assemblée nationale qui se situe à une centaine de mètres.
Michel Barnier promet «des changements et des ruptures»
Michel Barnier a promis «des changements et des ruptures» jeudi lors de sa passation de pouvoir avec Gabriel Attal à Matignon, le nouveau Premier ministre affichant sa volonté de «davantage agir que parler» et de «dire la vérité» sur «la dette financière et écologique».
«Il s’agira de répondre, autant que nous le pourrons, aux défis, aux colères, aux souffrances, au sentiment d’abandon, d’injustice», a déclaré M. Barnier, disant vouloir «trouver des solutions avec tous ceux qui voudront résoudre les difficultés nombreuses et profondes du pays».
Pour y parvenir, il a estimé qu’il «faudra beaucoup d’écoute» et «du respect à l’égard de toutes les forces politiques qui sont représentées» au Parlement, sans exclure donc le Rassemblement national qui détient les clés d’une éventuelle censure de son gouvernement.
Répondant à Gabriel Attal, il a assuré que «l’école restera la priorité du gouvernement», avant d’évoquer ses autres chantiers principaux: «l’accès aux services publics», «la sécurité au quotidien», «la maîtrise de l’immigration», ainsi que le travail et le pouvoir d’achat.
Après avoir ironisé sur son jeune prédécesseur qui venait de lui «donner des enseignements» sur son passage à Matignon qui «n’a duré que huit mois», il a indiqué vouloir «reprendre» certains des «projets de loi restés en suspens» et y «ajouter (sa) propre valeur ajoutée».
Et comme M. Attal qui avait évoqué sa mère, M. Barnier a cité la sienne en gage de son ouverture aux autres forces politiques: «Le sectarisme est une preuve de faiblesse. Quand on est sectaire, c’est qu’on n’est pas sûr de ses idées».
Barnier veut «répondre aux défis, aux colères et aux souffrances» des Français
Le nouveau Premier ministre français Michel Barnier, nommé jeudi par Emmanuel Macron, a affirmé vouloir «répondre aux défis, aux colères, aux souffrances» des Français et promis des «changements et des ruptures».
L’ex-commissaire européen et ancien ministre de droite de 73 ans, qui succède à Gabriel Attal, a également promis de dire la vérité sur «la dette financière et écologique» de la France, à l’occasion de son entrée en fonction jeudi sur le perron de Matignon.
«La politique française est malade»
Le Premier ministre sortant Gabriel Attal a estimé jeudi lors de la passation à Matignon avec Michel Barnier que la «politique française est malade», tout en assurant que «la guérison est possible à condition que nous acceptions tous de sortir du sectarisme».
«Oui, il y a du pessimisme dans notre pays. La politique française est malade», a-t-il déclaré, appelant à sortir «des coups politiques» et à cesser «d’arrêter de tout voir en noir».
Attal demande de «continuer à faire de l’école une priorité absolue»
Le Premier ministre sortant Gabriel Attal a demandé jeudi à son successeur Michel Barnier de «continuer à faire de l’école une priorité absolue» car «c’est l’assurance-vie de la République», lors de leur passation de pouvoir à Matignon.

«L’école est la mère des batailles», a insisté M. Attal, disant sa «reconnaissance à nos professeurs, aux équipes pédagogiques qui sont chaque jour aux côtés de nos élèves» et assurant penser «chaque jour à Samuel Paty et Dominique Bernard», deux professeurs «assassinés par le terrorisme islamiste» en 2020 et 2023.
«Mon cher Michel, garde ton calme!»
«Mon cher Michel, garde ton calme!» C’est le conseil donné par l’ancien président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, à son «ami» Michel Barnier, nouveau Premier ministre français, qu’il avait nommé en 2016 négociateur en chef pour le Brexit.
«C’est dans cette fonction qu’il a fait preuve de beaucoup de talent», explique M. Juncker dans un entretien téléphonique avec l’AFP.

Les négociations sont difficiles. D’abord avec les Britanniques, particulièrement dures dans la défense de leurs intérêts, mais aussi avec les 27 qu’il faut convaincre sujet après sujet de la nécessité de parler d’une seule voix.
C’est là qu’il parvient à faire la différence: «Il a une faculté d’écoute qui dépasse celle des autres et il sait parler aux autres pour les convaincre», souligne M. Juncker. «C’est donc, à vrai dire, un homme optimalement préparé à la fonction de Premier ministre», estime-t-il.
Il l’est d’autant plus que son «sérieux», selon M. Juncker, l’empêche de «céder à la facilité du moment».
Michel Barnier a pourtant choqué à Bruxelles en semblant revenir sur ses convictions européennes, avant l’élection présidentielle française de 2022, à laquelle il s’était porté candidat. Il avait alors prôné une «souveraineté juridique» de la France, contre la loi européenne, notamment en ce qui concerne les questions migratoires.
«J’ai vu que par la suite, il a tout de même beaucoup nuancé ses propos. Et donc, je ne crois pas qu’il ait fondamentalement changé d’avis sur l’Europe, c’est un Européen convaincu», soutient M. Juncker.
«Pas un fanatique»
Quant à savoir si ses positions sur l’immigration pourraient lui valoir la mansuétude de l’extrême-droite au Parlement français, M. Juncker préfère ne «pas s’aventurer dans les méandres de la politique intérieure française».
«Je vois déjà maintenant les commentaires qui sont faits par les uns et par les autres pour décrire Michel Barnier comme un homme de droite pur et dur, c’est une caricature. C’est plutôt un homme du centre-droit, pas un fanatique».
Bien accueilli à Bruxelles où il a passé une grande partie de sa carrière, Michel Barnier «est sans doute parmi les Européens celui qui a le carnet d’adresses le plus complet en Europe», selon M. Juncker.
«Il connaît tous les problèmes, toutes les arcanes, toutes les personnalités, tous les acteurs qui comptent en Europe».Les deux hommes se connaissent bien pour avoir travaillé ensemble de 2015 à 2019.
En 2014, le Français s’était porté candidat pour la présidence de la Commission européenne avant d’être battu par l’ancien Premier ministre luxembourgeois. «Cela n’a aucunement amoindri la qualité de notre amitié», affirme ce dernier.
Quels sont les défauts de ce vieux routier de la politique ? «Est-ce que le fait de vouloir être rassuré sur l’essentiel de ce qu’il fait est un défaut ou une qualité ?», répond Jean-Claude Juncker. Et d’ajouter, en guise de conseil à l’heure où l’ex-commissaire européen s’installe à Matignon: «Mon cher Michel, garde ton calme !»
Macron remercie Attal pour ses huit mois à Matignon
Le président français a rendu hommage à son ancien premier ministre Gabriel Attal sur X. «Avec le Gouvernement, vous avez fait avancer le pays et contribué à son rayonnement dans un moment important», a-t-il notamment écrit dans sa publication.
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Michel Barnier arrive à Matignon pour la passation de pouvoir
Cinq heures après sa nomination, le nouveau premier ministre, issu des Républicains (LR), était à Matignon pour une passation de pouvoirs avec Gabriel Attal, démissionnnaire depuis 51 jours et déjà tout à sa tâche de chef du groupe de députés du parti présidentiel Renaissance.
Michel Barnier a été reçu par le premier ministre démissionnaire Gabriel Attal. Il est arrivé à grandes enjambées, le pas décidé, saluant, la main sur le coeur, les dizaines de personnes réunies dans la cour de Matignon, dont des ministres sortants, Aurore Bergé, Catherine Vautrin, et des conseillers d’Emmanuel Macron.
Ils s’entretiennent désormais quelques minutes en privé pour la passation de pouvoir.
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Le nouveau premier ministre, qui sera soutenu par le camp présidentiel et les LR, mais sans majorité, va devoir tenter de former un gouvernement susceptible de survivre à une censure parlementaire, pour mettre fin à la plus grave crise politique depuis 1958.
Le président «l’a chargé de constituer un gouvernement de rassemblement au service du pays et des Français», a déclaré l’Elysée dans un communiqué. Emmanuel Macron «s’est assuré que le Premier ministre et le gouvernement à venir réuniraient les conditions pour être les plus stables possibles et se donner les chances de rassembler le plus largement», a ajouté la présidence.
En attendant, les ministres démissionnaires vont eux rester en fonctions pour continuer de gérer les affaires courantes le temps des négociations.
Éviter le risque de censure immédiate
Avant d’opter pour Michel Barnier, le chef de l’Etat, qui voulait éviter au maximum le risque de censure immédiate, avait épuisé plusieurs autres cartouches, de Bernard Cazeneuve à gauche à Xavier Bertrand à droite, en passant par le président du Conseil économique, social et environnemental Thierry Beaudet pour la société civile.
Le nouveau premier ministre, qui fut aussi candidat malheureux à la primaire du parti Les Républicains en vue de la présidentielle de 2022, hérite d’une tâche aux allures de mission impossible, tant aucune coalition viable n’a jusqu’ici émergé et tant les différents acteurs sont en embuscade.
Il devrait réunir 235 sièges avec le bloc central (166 sièges), les LR (47) et le groupe Liot (Libertés, indépendants, Outre-mer et territoires, 22), loin de la majorité absolue (289), seul paratonnerre contre la censure. En face, le RN et ses alliés alignent 142 sièges et le Nouveau front populaire (NFP) 193 sièges.
Une tâche aux allures de mission impossible
Le nouveau Premier ministre devra user de toutes ses qualités diplomatiques pour former un gouvernement susceptible d’échapper à la censure parlementaire et mettre fin à la plus grave crise politique de la Ve République.
Une tâche aux allures de mission impossible, tant aucune coalition viable n’a jusqu’ici émergé. L’Assemblée issue des législatives de juillet – convoquées après la dissolution de la chambre basse décidée par le chef de l’Etat, dans le sillage d’une déroute de sa majorité aux élections européennes – est fragmentée en trois blocs: gauche, centre droit et extrême droite.
Sa nomination a suscité des commentaires courroucés à gauche, première force de l’Assemblée, qui réclamait le poste de chef du gouvernement.
Comme ses autres partenaires de l’alliance de gauche Nouveau Front populaire (NFP), le groupe socialiste à l’Assemblée a annoncé qu’il censurerait le gouvernement Barnier, qui «ne dispose ni de la légitimité politique, ni de la légitimité républicaine».
Sorti groggy des législatives
Depuis quelques semaines, le RN, sorti groggy en juillet des législatives dont il se voyait un mois plus tôt le grand vainqueur après son triomphe aux européennes de juin, semble en effet s’être mué en faiseur de rois.
Le barrage républicain aux législatives qui avait consacré l’échec de l’extrême droite, arrivée en 3e position après la gauche et le centre droit, ne semble plus qu’un lointain souvenir.
A la faveur des atermoiements présidentiels pour le poste de chef de gouvernement, – Emmanuel Macron tenant à un Premier ministre qui ne succombe par immédiatement à une motion de censure et qui ne détricote pas non plus ses réformes, notamment celle des retraites, à laquelle la gauche était hostile -, le RN s’est transformé en «arbitre des élégances», selon un pilier de la majorité.
La patronne du RN Marine Le Pen a ainsi torpillé la nomination d’un autre candidat du LR, l’ex-ministre Xavier Bertrand, son adversaire politique historique dans le nord de la France.
Concernant Michel Barnier, qui en 2022 prônait un «moratoire» de 3 à 5 ans sur l’immigration, l’extrême droite a indiqué qu’elle jugerait sur pièces son discours de politique générale, avant de se déterminer sur une éventuelle censure de son gouvernement.
Contre la dépénalisation de l’homosexualité
A gauche, l’opposition de Michel Barnier à la dépénalisation de l’homosexualité en 1981, alors qu’il était jeune député, a suscité un début de polémique jeudi.
«Quel étrange message adressé à un pays qui cherche par tous les moyens les voies de son rassemblement que de désigner quelqu’un qui a voté contre la décriminalisation de l’homosexualité», a lancé notamment Jean-Luc Mélenchon. «Si le RN et le NFP veulent faire tomber le gouvernement, ils sont largement majoritaires», fait valoir le sondeur Frédéric Dabi, de l’institut Ifop.
Les ministres démissionnaires vont pour l’heure rester en fonctions pour continuer de gérer les affaires courantes, le temps de négociations avec les partis que beaucoup prédisent longues et difficiles.
Le temps presse pour former un gouvernement de plein exercice, le budget 2025 devant être déposé au Parlement le 1ᵉʳ octobre au plus tard.
«Une première honteuse sous la Ve République»
«Le gouvernement est désormais dans les mains des groupes parlementaires d’extrême droite, une première honteuse sous la Ve République», a déploré la présidente d’Occitanie Carole Delga.
Comme ses autres partenaires du Nouveau Front populaire (NFP), le groupe socialiste à l’Assemblée a annoncé qu’il censurerait le gouvernement Barnier, qui «ne dispose ni de la légitimité politique, ni de la légitimité républicaine».
Mais des voix discordantes sont déjà apparues du côté des socialistes. Le Premier secrétaire délégué Nicolas Mayer-Rossignol, qui plaidait pour la désignation de l’ex-socialiste Bernard Cazeneuve, a jugé lors d’une visio-conférence que la gauche, et notamment le PS, «ne s’(était) pas comportée de façon responsable» et avait «failli à sa culture de gouvernement», en ne recherchant pas «tous les compromis possibles».
Et Place Publique, le parti de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, qui plaidait pour des négociations entre les groupes parlementaires issus du front républicain pour trouver un Premier ministre, a regretté dans un communiqué que «ni les dirigeants du NFP, ni l’Élysée n’(aient) sérieusement pris ce chemin».
Les syndicats agricoles appellent Barnier à faire de l’agriculture une priorité
L’alliance syndicale majoritaire FNSEA-Jeunes agriculteurs (JA) a appelé jeudi Michel Barnier, à peine nommé Premier ministre, à «placer l’agriculture dans les priorités immédiates de son gouvernement», tandis que la Confédération paysanne a exigé un effort sur le revenu des agriculteurs.
La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et son allié des JA soulignent dans un communiqué commun la nécessité de «lever au plus vite les incertitudes qui pèsent sur l’activité agricole» après une moisson de blé catastrophique et une flambée des épizooties.
Après la crise de cet hiver, où les agriculteurs avaient en partie bloqué le pays, des aides d’urgence ont été débloquées mais les syndicats majoritaires déplorent le coup d’arrêt au vote d’une loi agricole, restée en rade au Sénat après la dissolution.
Face à un «risque immédiat sur les trésoreries» et à l’enjeu du «maintien de l’activité agricole à court terme dans certaines filières», ils appellent Michel Barnier, ancien ministre de l’Agriculture (2007-2009), à «corriger les dérives structurelles qui grèvent le goût d’entreprendre en agriculture».
Pour ce faire, la FNSEA-JA a présenté fin août son propre projet de loi. Ils appellent le Premier ministre «à se saisir au plus vite de leur loi +Entreprendre en agriculture+ notamment pour concrétiser l’ensemble des mesures annoncées par le précédent gouvernement pour répondre à la crise et aboutir sur le projet de loi d’orientation pour le renouvellement en agriculture, qui n’a pas pu aller au bout du processus législatif».
«Homme de dialogue»
«Enfin, il sera nécessaire d’aller plus loin sur des mesures de production, de compétitivité et de simplification absolument indispensables aux agriculteurs, confrontés à un renouvellement des générations inédit», soulignent-ils.
Appelant à la nomination «dans les plus brefs délais d’un ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire de plein exercice», ces syndicats réaffirment la nécessité pour le secteur agroalimentaire de «pouvoir bénéficier de toute urgence d’un accompagnement sérieux, à un moment où de trop nombreux facteurs de risques pèsent sur la pérennité des exploitations et des entreprises».
De son côté, la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole classé à gauche, a demandé à être reçue «en urgence» par le nouveau Premier ministre.
Le syndicat qualifie Michel Barnier, qui fut aussi ministre de l’Environnement (1993-95) et commissaire européen au marché intérieur (2010-2014), d’»homme de dialogue», non sans dénoncer le choix du président Emmanuel Macron comme «un déni démocratique qui va à l’encontre des résultats issus des élections législatives» qui avait mis la gauche en tête.
«La crise agricole est toujours d’actualité. Nous exigeons toujours un revenu pour tous les paysan.nes et une répartition juste des soutiens publics», indique la Confédération, qui milite depuis des années pour une «régulation des marchés et la fin des accords de libre-échange» et plaide pour «rétablir le dialogue pour la préservation et le partage du foncier et de l’eau».
Barnier a «les intérêts de l’Europe et de la France à coeur»
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a félicité jeudi Michel Barnier pour sa nomination comme chef du gouvernement français, estimant que l’ancien négociateur du Brexit avait «les intérêts de l’Europe et de la France à coeur».

«Félicitations à Michel Barnier pour sa nomination au poste de Premier Ministre. Je sais que Michel Barnier a les intérêts de l’Europe et de la France à coeur, comme le démontre sa longue expérience», a-t-elle écrit sur le réseau social X, lui souhaitant «beaucoup de succès dans sa nouvelle mission».
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Michel Barnier, 73 ans, a été le négociateur du Brexit de 2016 à 2020. A Bruxelles, il a travaillé étroitement avec Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne à partir de 2019.
Il a aussi brièvement assumé début 2021 un rôle de conseiller spécial sur le Brexit auprès de la dirigeante allemande, après le divorce avec Londres.
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a exprimé ses «plus chaleureuses félicitations».
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«Dans tous les postes qu’il a occupés, Michel Barnier a fait preuve de leadership, de vision et de méthode. Je suis convaincue qu’il fera le meilleur usage de son expérience et de ses compétences en tant que nouveau Premier ministre français», a-t-elle estimé, dans un message sur X, également rédigé en français.
Le RN a «donné une forme de quitus» à la nomination de Barnier, dénonce François Hollande
Le Rassemblement national (RN) a «donné une forme de quitus» à la nomination de Michel Barnier à Matignon, a dénoncé jeudi le député et ancien président socialiste François Hollande, pour qui le nouveau Premier ministre devra «s’en expliquer» devant l’Assemblée.

«Il y a la quasi certitude» que, si M. Barnier a pu être désigné par le président Macron, «c’est parce que le RN, précisément l’extrême droite, a donné une forme de quitus», a analysé M. Hollande, qui s’exprimait devant des journalistes à la foire de Châlons-en-Champagne. «Je crois qu’il aura devant l’Assemblée à s’en expliquer», a-t-il ajouté.
L’ancien chef de l’Etat a dit voir dans cette situation un «paradoxe» car «le front républicain a eu lieu pour écarter l’extrême droite, et là c’est l’extrême droite qui donne, d’une certaine façon, à M. Macron la possibilité de nommer un Premier ministre de son choix».
Michel Barnier, qui «appartient à un groupe», LR, «très minoritaire à l’Assemblée», va «poursuivre» la politique de M. Macron, alors que «les Françaises et les Français attendent le changement», a encore regretté M. Hollande.
«Il y a eu de la part du président une volonté d’aller le plus à droite possible», alors que «d’autres choix pouvaient être imaginés après le constat que le Nouveau front populaire ne pouvait pas être majoritaire», a-t-il estimé.
Selon l’ancien chef de l’Etat, le socialiste Bernard Cazeneuve, longtemps pressenti pour revenir à Matignon, «aurait pu, plus facilement que M. Barnier» être accepté par l’Assemblée «sans avoir besoin de je ne sais quel quitus du RN». Mais «ce n’est pas le choix qui a été fait», a-t-il déploré.
Macron ne respecte pas la «souveraineté populaire» et le «choix issu des urnes»
La chef de file des députés LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a assuré qu’Emmanuel Macron vivait «comme un autocrate» et refusait «de respecter la souveraineté populaire et le choix issu des urnes». Une position suivie par l’Insoumis David Guiraud, qui a dénoncé un «piétinement de la souveraineté» et une «trahison du macronisme». «Ce déni de démocratie est insupportable», a ajouté Manuel Bompard.
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Michel Barnier a «tous les atouts pour réussir»
Le dirigeant des Républicains Laurent Wauquiez a félicité jeudi Michel Barnier, issu du même parti, pour sa nomination à Matignon, assurant qu’il avait «tous les atouts pour réussir dans cette difficile mission qui lui est confiée».
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«C’est un homme d’une grande qualité», a affirmé M. Wauquiez sur X, sans préciser si sa formation, qui compte 47 députés à l’Assemblée, restait sur sa position de ne pas entrer au gouvernement.
«Le président a envoyé valsé le Front républicain»
Emmanuel Macron a fait son choix après 60 jours d’attente, et une succession de noms évoqués, après avoir refusé de désigner Lucie Castets, la candidate du Nouveau Front populaire, l’alliance de gauche arrivée en tête, mais sans majorité absolue, aux élections législatives.
«Le président a envoyé valser le Front républicain, il n’a fait que faire les yeux doux à l’extrême droite, il a été chercher toujours plus à droite sur l’arc politique», a aussi déploré dans une vidéo sur X la secrétaire nationale des Ecologistes Marine Tondelier, «extrêmement inquiète de ce qui vient de se passer».
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Le chef des communistes Fabien Roussel a pour sa part décrié dans un communiqué «le choix de la droite pour poursuivre la politique du président» et son objectif «clair»: «la construction d’une coalition avec les députés de son camp qui a été battu et la complicité du Rassemblement national pour appuyer la politique menée».
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«C’est la certitude que rien ne changera», note aussi le député ex-insoumis François Ruffin sur X, en demandant : «Michel Barnier va-t-il revenir sur la retraite à 64 ans ? Rétablir l’ISF ? Non, bien sûr que non : Macron l’a choisi à ces conditions. Donc nous le censurerons».
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Pour la députée écologiste Sandrine Rousseau, Emmanuel Macron est «en passe de transformer la démocratie en une vaste pièce de guignol. Cela aura un coût, et sans doute, élevé».
En nommant Michel Barnier, «le président refuse de respecter la souveraineté populaire et le choix issu des urnes, a jugé la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot, dénonçant un «coup de force inacceptable dans une démocratie»
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