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Lettre du jourPistes cyclables à risques

Genève, quai du Mont-Blanc où un aménagement cyclable a été réalisé.
Genève, quai du Mont-Blanc où un aménagement cyclable a été réalisé.
Laurent Guiraud/ TDG

Cointrin, 14 juin

Inconditionnel du vélo depuis quarante ans, je fuis comme la peste les axes principaux du réseau routier genevois. Toutes les études médicales sur les bienfaits de la pratique du vélo en ville recommandent de s’éloigner des grands axes. De plus, les aménagements cyclables sont incapables d’assurer la sécurité des cyclistes. Ces longues bandes rectilignes «protègent» les cyclistes là où il n’y a aucun danger. Au moindre carrefour, elles disparaissent. Pratiquement tous les accidents mortels impliquant des cyclistes à Genève ont eu lieu sur des axes équipés de pistes ou bandes cyclables.


Ces faits sont sans appel. La politique qui consiste à canaliser les cyclistes sur les axes les plus pollués et les plus dangereux est totalement irresponsable. C’est comme si on proposait à un skieur débutant de descendre une piste noire en lui disant qu’elle est bleue.


Pour chaque itinéraire pollué et dangereux mis en place, on peut sans problème trouver une alternative bien plus adaptée aux besoins des cyclistes, respectant leur santé et assurant leur sécurité. Prenons l’exemple de la rue de la Croix-Rouge. Quel cycliste va passer par là alors que juste à côté il peut traverser les Bastions dans un magnifique cadre et en toute sécurité?


Comme le disait l’abbé Pierre, le contraire de la misère, ce n’est pas la richesse, c’est le partage. L’espace à Genève, ville la plus dense de Suisse, est rare et doit être partagé, pas attribué au gré des opportunités à une minorité qui crie plus fort que les autres.