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CoronavirusPhilipp Hildebrand juge l’économie moins touchée qu’en 2008

Philipp Hildebrand, ancien président de la Banque nationale suisse, ne pense pas que la pandémie va modifier le fonctionnement des entreprises.

Philipp Hildebrand est le vice-président du fonds d’investissements américain Blackrock (archives).
Philipp Hildebrand est le vice-président du fonds d’investissements américain Blackrock (archives).
KEYSTONE/THOMAS DELLEY

L’ancien président de la Banque nationale suisse (BNS) Philipp Hildebrand estime que la crise économique liée au nouveau coronavirus sera moins importante que celle de 2008. Il ne pense pas que les entreprises vont changer fondamentalement leur façon de travailler.

«Lors de la crise financière, la perte en activité économique cumulée aux États-Unis sur la décennie suivante a représenté 50% du PIB de 2008 et en Europe 120% du PIB de 2008. Lors de la crise du Covid-19, les dégâts devraient être nettement inférieurs à ceux de la crise financière», analyse Philipp Hildebrand dans un entretien diffusé lundi par «Le Temps».

Pour lui, deux conditions sont nécessaires pour que l’économie reparte. «La première consiste à éviter une deuxième vague de propagation du virus et la deuxième à empêcher que la crise devienne bancaire». Or, grâce aux leçons de la crise financière et aux nouvelles réglementations, «la finance est dans une position bien meilleure aujourd’hui qu’elle ne l’était en 2008», remarque-t-il.

La mondialisation ne disparaîtra pas

L’actuel vice-président du fonds américain BlackRock, premier gestionnaire d’actifs au monde, ne pense pas que la pandémie va modifier le fonctionnement des entreprises. «La mondialisation sera différente, mais elle ne disparaîtra pas».

Selon lui, le système économique va juste déplacer un peu le curseur trop axé sur l’efficacité et la maximisation des profits à court terme. «Le coût d’un système excessivement fixé sur l’efficacité est trop lourd en cas d’accident», commente-t-il.

Reprenant les mots de l’ancien secrétaire au trésor du président américain Bill Clinton, Philipp Hildebrand juge que le système passera du «just in time» (juste à temps, en français) à «just in case» (juste au cas où).

ATS/NXP