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CurlingPeter de Cruz: «Nous devons faire abstraction des enjeux»

En grand danger d’élimination aux Mondiaux de Calgary, le CC Genève n’a plus le droit à l’erreur s’il entend se mêler à la lutte pour les médailles et qualifier la Suisse pour les prochains Jeux olympiques.

Peter de Cruz et le CC Genève n’ont plus le droit à l’erreur à Calgary.
Peter de Cruz et le CC Genève n’ont plus le droit à l’erreur à Calgary.
Keystone

La Suisse n’y arrive plus aux Mondiaux de Calgary. Au lendemain d’une double défaite concédée contre la Norvège (10-5) et l’Écosse (7-4), le skip Peter de Cruz et ses petits camarades du CC Genève ont courbé l’échine devant le Danemark (9-8). Alors que tout semblait bien emmanché puisqu’ils menaient 7-4 à l’attaque de l’antépénultième end, les Helvètes ont finalement connu les affres de la défaite pour la cinquième fois de la compétition.

À trois rencontres du terme du «round robin», Peter de Cruz et les siens n’ont plus aucun droit à l’erreur. S’ils entendent atteindre le premier objectif qu’ils s’étaient fixé, ils devront impérativement l’emporter face aux Pays-Bas, à la Corée du Sud et à la Chine. Trois formations qui affichent un bilan de deux succès contre huit défaites et qui ferment la marche au classement.

De très bons à très mauvais

Partis outre-Atlantique avec de grandes ambitions, les Genevois ont tempéré leurs ardeurs. «Désormais, notre principal objectif consiste à entrer dans le top-6 pour nous qualifier pour les play-off, confiait Peter de Cruz quelques heures avant d’affronter le Danemark. Mais surtout pour offrir une place à la Suisse aux Jeux olympiques de Pékin (2022). C’est le strict minimum.» Il est pour l’heure inutile de penser à une place de finaliste qui offrirait ce sésame au CC Genève. «Il faut laisser cela de côté pour l’instant. C’est bien trop lointain pour y penser», confirmait le skip.

Focus donc sur l’objectif top-6. Un but évidemment réaliste pour un homme qui compte déjà trois médailles de bronze mondiales à son palmarès. Mais pour y parvenir, Peter De Cruz & Cie devront retrouver leur curling. «Nous avons livré de bons, voire de très bons matches. Mais nous avons également été mauvais, voire très mauvais. C’est un mélange de tout», reprenait le médaillé de bronze des Jeux de PyeongChang.

Une histoire de centimètres

Le bon, pour commencer. Avec une victoire sur le double tenant du titre suédois d’entrée de jeu, Peter de Cruz et les siens avaient lancé leurs Mondiaux de manière parfaite. Trois autres succès sont venus composter un départ idéal. «Nous nous sommes peut-être un peu emballés. Mais sans pour autant tomber dans un excès d’euphorie», tempérait Peter de Cruz. «Il n’y a jamais eu autant d’équipes aux Mondiaux (ndlr: 14). À ce moment-là, nous étions conscients de n’être qu’au tiers du «round robin» et au quart de la compétition. Nous savions que la semaine serait longue.»

C’est là que le moins bon arrive. Depuis, les Suisses n’ont remporté qu’un seul de leurs six derniers matches. «Nous étions meilleurs que les Italiens, mais nous avons joué de malchance car Benoît (ndlr: Schwarz, le No 4) a connu un problème avec sa pierre à un moment décisif. Contre la Norvège, nous nous sommes tiré une balle dans le pied. Mais un ou deux de nos revers auraient pu se transformer en victoire», relevait Peter de Cruz. «Chacun de nous a connu un raté à un moment important. Il nous a toujours manqué un petit quelque chose, quelques centimètres, dans les instants clés, pour pouvoir jouer la pierre parfaite.»

Désormais dos au mur, le Genevois sait ce qu’il doit faire pour inverser la tendance. «Il est évident qu’il va falloir commencer à jouer notre meilleur curling. Nous devons oublier nos mésaventures et nous appuyer sur nos certitudes. Tout n’est pas à jeter. Certains de nos adversaires ont disputé d’excellents matches face à nous. À nous de faire pareil. Nous restons sereins car nous savons que nous sommes capables de beaucoup mieux.»

Peter de Cruz possède une recette pour éviter une cruelle désillusion: «Le plaisir constitue la base du jeu. Nous devons nous amuser et faire abstraction des enjeux, des attentes qui reposent sur nos épaules. En étant plus relax, nous produirons du meilleur curling. Si nous y parvenons, les résultats suivront.»

Les Genevois n’ont désormais plus le choix.