«J'ai besoin d'être au fond du trou pour remonter»

Mort de JohnnyGrand fumeur, le chanteur confessait avoir consommé de l'opium et du hachisch et pris de la cocaïne.

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Malgré une image assagie depuis son mariage avec Laeticia, le chanteur français Johnny Hallyday a longtemps flirté avec la drogue et l'alcool, une «destroyance» que lui et ses proches évoquaient régulièrement.

Johnny Hallyday, décédé dans la nuit de mardi à mercredi, «a besoin de ces descentes aux enfers. Ce n'est pas évident pour moi, quand on a des enfants (...). De le voir se détruire, c'est douloureux», confiait ainsi Laeticia.

Cocaïne

Dans une interview choc publiée dans le Monde en 1998, Johnny Hallyday parlait ouvertement de ce qu'il appelait sa «vie de destroyance».

Grand fumeur, il confessait avoir consommé de l'opium et du hachisch et pris de la cocaïne. «J'en ai pris longtemps en tombant de mon lit le matin. Maintenant, c'est fini. J'en prends pour travailler, pour relancer la machine, pour tenir le coup», disait-il, confiant avoir dû prendre «beaucoup de cocaïne» pour accoucher des paroles de «La musique que j'aime».

«Il faut que j'aille mal pour savoir que je pourrais aller bien. J'ai besoin d'être au fond du trou pour remonter. Je sens le danger», expliquait-il.

Johnny Hallyday était depuis toujours taraudé par la peur de la mort, de la maladie et, surtout, de la solitude.

Enfance difficile

Phénomène médiatique depuis l'âge de 17 ans, après une enfance difficile, il confiait souvent être pris d'angoisse quand il se retrouvait seul dans sa chambre d'hôtel après ses concerts. Insomniaque, il a longtemps entraîné ses amis dans d'interminables et alcoolisées virées nocturnes.

Ces dernières années, il assurait avoir assaini son mode de vie, mais passait encore de longues nuits à regarder des classiques américains dans les salles de projection installées dans ses villas de Marne-la-Coquette, près de Paris, Saint-Barthélémy, dans les Antilles françaises, ou Los Angeles.

Cette «vie de destroyance» l'a souvent conduit au bord du gouffre. En 1966, en pleine dépression nerveuse, il a tenté de se suicider. Un an plus tard, il était victime d'une accident de voiture dans le sud de la France -- premier d'une longue liste --, alors qu'il roulait à 200 kilomètres/ heure. Et en 1985, il s'écroulait sur scène, terrassé par une syncope.

«Dépression terrible»

Après avoir frôlé la mort en 2009 en raison de complications consécutives à une opération du dos, Johnny avait avoué avoir traversé une phase de «dépression terrible», de «violentes angoisses qu'(il) n'arrivait à évacuer que par une hyper-agressivité».

Contre toute attente, le rockeur avait réussi à surmonter ses ennuis de santé et à reprendre ses tournées marathon. «La première fois que je suis mort, je n'ai pas aimé ça, alors je suis revenu», confiait-il en 2013. (afp/nxp)

Créé: 06.12.2017, 12h36

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