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Procès Eternit
Peine aggravée à 18 ans pour Stephan Schmidheiny

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Les risques pour la santé sont aujourd'hui clairement identifiés. L'utilisation de l'amiante est maintenant interdite  dans de nombreux pays, dans toute l'Union européenne (UE) et la Suisse (depuis 1990). Sur la photo: les fibres d'amiante.
Stephan Schmidheiny à nouveau condamné par un tribunal de Turin à quatre de prison pour la mort de deux ouvriers d'une entreprise à Gênes. (23 mai 2019)
La justice italienne a décidé vendredi d'ouvrir un nouveau procès contre Stephan Schmidheiny (ici en 1996), soupçonné d'homicide volontaire en relation avec la maladie de l'amiante. (Vendredi 25 janvier 2018)
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L'industriel Stephan Schmidheiny a été condamné lundi en appel à une peine durcie à 18 ans de prison (contre 16 en première instance) pour avoir provoqué la mort de près de 3000 personnes, ouvriers ou riverains d'usines d'Eternit Italie utilisant la fibre d'amiante.

Stephan Schmidheiny, ex-propriétaire de Eternit Suisse, avait déjà été condamné en première instance en février 2012 à 16 ans de réclusion en tant qu'ancien actionnaire important d'Eternit Italie de 1976 à 1986, en même temps que le baron belge Louis de Cartier de Marchienne. La Cour d'appel de Turin a également décidé d'abandonner les poursuites contre ce dernier, décédé le 21 mai.

Dans le cadre de ce premier procès pénal au monde sur les dégâts causés par l'amiante, M. Schmidheiny, ex-propriétaire d'Eternit Suisse, avait été condamné en première instance en février 2012 à 16 ans de réclusion en tant qu'ancien actionnaire important d'Eternit Italie de 1976 à 1986, en même temps que le baron belge Louis de Cartier de Marchienne, ancien actionnaire et administrateur d'Eternit Italie au début des années 1970.

Les magistrats de la Cour d'appel ont jugé M. Schmidheiny, responsable de «catastrophe sanitaire et environnementale permanente» et infraction aux règles de la sécurité au travail dans les usines de produits à base d'amiante-ciment (tubes, plaques, etc). L'industriel suisse, jugé par contumace, a été considéré comme responsable de ces délits aussi bien pour les établissements d'Eternit à Casale Monferrato qu'à ceux de Bagnoli (près de Naples) et Rubiera, près de Reggio Emilia.

63 millions de dédommagements

Le président de séance a ensuite énuméré la liste des dédommagements reconnus aux nombreuses parties civiles dont 30,9 millions d'euros (38, 5 millions de francs) pour la ville de Casale Monferrato, qui compte le plus grand nombre de victimes et où Eternit avait sa plus grande usine en Italie. La région Piémont s'est vu octroyer pour sa part 20 millions d'euros de dédommagements (25 millions de francs environ).

Pendant le procès, les avocats de l'industriel suisse et du baron belge avaient argué que les deux hommes n'avaient pas de responsabilité directe dans la gestion d'Eternit Italie qui avait fait faillite en 1986, six ans avant l'interdiction de l'amiante dans la péninsule.Mais pour le procureur Guariniello qui avait enquêté cinq ans avant d'arriver au procès de Turin, leur condamnation en première instance avait donné «à tous en Italie et dans le monde entier, le droit de rêver que la justice peut et doit être faite».

ats