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Prévention contre le cancer
Les garçons sont moins vaccinés contre le papillomavirus

En Suisse, la vaccination contre les papillomavirus humains fait partie du plan de base national de vaccination pour les garçons depuis janvier 2024 seulement. Auparavant, elle n’était que «complémentaire».
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En Suisse, entre 2020 et 2022, les deux tiers des adolescentes âgées de 16 ans étaient vaccinées contre les papillomavirus humains (HPV). Pour les garçons du même âge, cette proportion était seulement de 49%, selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Plusieurs conférences qui auront lieu jeudi à Genève questionneront ce biais de genre, dans le cadre du Congrès mondial contre le cancer. À cette occasion, l’ONG britannique Action mondiale pour la santé des hommes appellera officiellement à une accélération de la vaccination contre le HPV d’ici à 2030, y compris pour les garçons. Cette campagne est soutenue par une vingtaine d’organisations.

Les papillomavirus se divisent en deux catégories. Les premiers, les moins risqués, sont responsables de verrues génitales. Les autres sont à l’origine de nombreux cancers dans le monde, y compris les cancers du col de l’utérus, de l’anus, du pénis, du vagin, de la vulve, de la tête et du cou, ainsi que ceux de la gorge et de la langue, notamment. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), «le cancer du col de l’utérus était la quatrième cause de cancer et de décès par cancer chez les femmes en 2022».

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Longtemps, les recommandations officielles se concentraient sur les jeunes filles pour prévenir le cancer du col de l’utérus, y compris en Suisse, rappelle Martine Jacot-Guillarmod, médecin adjointe en gynécologie au Département femme-mère-enfant du CHUV. «La vaccination est aussi recommandée aux garçons depuis 2016, mais comme vaccination complémentaire. Ce n’est que depuis janvier 2024 qu’elle a rejoint les vaccinations de base pour les garçons aussi. Cela devrait permettre d’égaliser les taux.»

La tendance est déjà à la hausse, puisque, selon l’OFSP, le taux de vaccination contre le HPV en Suisse a augmenté de 32 points en trois ans chez les garçons, et de 12 points chez les filles.

Le médecin toulousain Baptiste Beaulieu, star des réseaux sociaux, s’insurgeait cet été de cette politique tardive. «Je ne sais pas si on se rend compte de la dinguerie du truc: jusqu’à tout récemment, on avait les moyens d’éviter que les jeunes filles (et les gays) se contaminent en vaccinant aussi les garçons, mais on préférait vacciner seulement les jeunes filles!»

Un homme sur trois est porteur

Les papillomavirus humains se transmettent lors de rapports sexuels, qu’ils soient génitaux ou oraux. C’est pourquoi ils causent aussi des cancers de la sphère otorhinolaryngologiste (ORL). «La vaccination des garçons sert certes à limiter la contagion auprès des femmes, mais elle est surtout utile pour éviter la maladie, insiste Martine Jacot-Guillarmod. Car ces cancers ORL touchent plus les hommes que les femmes!» En 2013, l’acteur américain Michael Douglas avait popularisé la question en révélant que son cancer de la gorge avait sûrement été causé par sa pratique du cunnilingus.

En septembre 2023, une étude du «Lancet» a montré que, dans le monde, un homme sur trois est porteur d’un papillomavirus. «La prévalence est très importante», ajoute Martine Jacot-Guillarmod. En Suisse, le dépistage du cancer du col de l’utérus est recommandé chez les femmes dès l’âge de 21 ans, avec un frottis. Un tel dépistage n’est pas prévu pour les hommes.

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