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Nouveau single
Sur un air de valse, The Cure revient enfin

Robert Smith, 65 ans et toujours pas capable d’étaler correctement son rouge à lèvres.
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Seize ans d’attente pour une nouvelle chanson, plus 3 minutes et 21 secondes pour entendre à nouveau la voix de Robert Smith. À midi heure anglaise, ce jeudi 26 septembre, The Cure a mis fin à un désert discographique rarement connu de la part d’un groupe resté en pleine activité. «Alone» et ses presque 7 minutes de valse lente et désespérée, dont une moitié en ouverture instrumentale, annonce un album pour le 1er novembre.

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La chanson est connue des fans: The Cure l’a jouée d’abondance durant sa dernière tournée en date, elle en ouvrait même les feux à l’Arena de Genève en novembre 2022, lors du dernier passage en Suisse du groupe anglais, formé en 1978 mais qui n’a jamais rangé ses guitares, pas plus que Robert Smith, 65 ans, son rouge à lèvres. «Alone» faisait partie des quelques compositions présentées live mais dont plus grand monde ne se hasardait à pronostiquer la version studio, «le nouvel album de Cure» étant devenu un marronnier promis chaque année par Smith lui-même – en 2012 au Paléo, il nous l’annonçait pour l’année suivante…

Finalement, «Songs of a Lost World» donnera bien une suite à «4:13 Dream». Et semble bien parti pour sonner plus «Cure» que jamais, si l’on en croit la solennité hypnotique de son premier single, message plutôt très désespéré jeté par Smith dans une bouteille à la mer et valsant sans but sur des vagues noires et grises – mais personne n’attend de The Cure une reprise de Francky Vincent... Peu d’effets ici, une batterie à l’os, des gémissements de synthés accompagnant une basse en roulis. La structure, homogène et répétitive, hors du schéma «couplet refrain», retrouve celle que The Cure a souvent utilisée dans sa période «Disintegration».

epa11022361 Musician Robert Smith of the British band 'The Cure' performs in concert at Movistar Arena in Bogota, Colombia, 10 December 2023.  EPA/MAURICIO DUENAS CASTANEDA

Impossible en effet, à l’écoute d’«Alone», de ne pas penser à «Plainsong», son tempo cérémonial, sa longue intro instrumentale et ses paroles de fin du monde. «This is the end of every song that we sing», promet ici le chanteur, dont l’univers fut si fertile et singulier qu’il lutte depuis trente ans (l’album «Wish», ultime grand disque de The Cure) entre la tentation de se réinventer – souvent en vain et en mal – et l’espoir de puiser l’inspiration auprès de ses classiques, au risque d’en produire des avatars affadis.

«Alone» choisit la seconde option mais se sauve par un supplément d’âme indescriptible, comme une rengaine ancienne qui attire imperceptiblement dans ses rets. À nu, le morceau berce une errance entre pierre et eau, une rêverie crépusculaire entêtante et belle par sa simplicité. Tombé de la lune dans ses habits trop larges et ses tifs en bataille, le dernier des fétiches pop continue de nous donner envie de la fixer avec lui.