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Nouveau romanMichel Bussi est de retour en Normandie

L’auteur normand Michel Bussi publie ce jeudi 11 janvier son dix-neuvième roman, «Mon cœur a déménagé», dont l’action se déroule à Rouen.
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Dieppe dans «Un avion sans elle», Le Havre dans «Maman a tort», les plages du débarquement dans «Gravé dans le sable», les falaises d’Yport dans «N’oublier jamais» ou l’île – fictionnelle – de Mornesey dans «Sang famille». Sa Normandie, Michel Bussi en a déjà fait la toile de fond de nombre de ses romans.

Après s’être téléporté en 2097 dans «Nouvelle Babel» (2022) et avoir voyagé dans les Ardennes avec «Trois vies par semaine» (2023), l’écrivain né à Louviers, au sud de Rouen, fait son retour sur ses terres ce jeudi avec «Mon cœur a déménagé». Un dix-neuvième ouvrage qui, s’il ne révolutionne pas la machine Bussi, reste d’une efficacité redoutable.

L’ancien expert en géographie électorale et recompositions territoriales y fait de la capitale normande son terrain de jeu d’illusion. Jusqu’au twist final. Un art de l’omission et des angles morts dans lequel l’écrivain, régulièrement placé parmi les auteurs les plus vendus de France (lire l’encadré), reste bien maître.

Roman de vengeance

Nous sommes au printemps 1983. Du haut de ses 7 ans, Ophélie, ou Folette comme on la surnomme, assiste à une énième dispute entre sa mère et son père alcoolique et violent. Ce sera la dernière. Convaincue que son géniteur est à l’origine de la chute qui a causé le décès de sa maman, elle en veut aussi au travailleur social qui, à ses yeux, n’a pas su la protéger et est depuis devenu l’un des personnages les plus en vue de la région. Dès lors, elle n’aura de cesse de vouloir prouver sa culpabilité. Sa vengeance s’étalera sur une quinzaine d’années, des chambres d’un foyer pour ados aux amphithéâtres de l’université de la ville en passant par les bancs d’un collège catholique.

Le roman dresse ainsi le portrait d’une héroïne au cœur noirci par la haine. Si l’obsession du personnage peut parfois agacer, l’auteur a l’intelligence de faire preuve de transparence quant au caractère destructeur de cette quête, notamment grâce au regard que portent sur elle Nina, son amie d’enfance, et Béné, son éducatrice – le roman est d’ailleurs dédié à ces professionnelles et professionnels. Leur empathie pour Folette devient alors la nôtre.

Fibre humaniste

Figures féminines fortes donc, mais aussi recherche des origines (du père spécialement) et références musicales – le titre renvoie aux paroles de «Si maman, si», tube de France Gall signé Michel Berger –, Michel Bussi reprend les ingrédients qui lui sont chers. Et servent une intrigue qui donne à sentir sa fibre humaniste, à la manière de ce qu’il avait accompli dans «On la trouvait plutôt jolie» (2018), roman qui contait le parcours migratoire d’une femme, mère de trois enfants, à l’ère de la mondialisation.

On l’a dit, Michel Bussi aime placer ses récits dans des endroits très précis. L’ancien géographe exploite ici ses connaissances de la ville aux cent clochers – il a participé à la rédaction de l’ouvrage «Rouen, la métropole oubliée?». Et donne à sentir son pouls, les fractures sociales qui la zèbrent et les réponses, souvent imparfaites, des collectivités et des individus face aux inégalités. Des pentes du cossu quartier de Mont Fortin aux quais de Seine où se déroule l’Armada, un rassemblement de grands voiliers dont l’auteur fut le parrain l’an dernier.

«Mon cœur a déménagé», Michel Bussi, Éd. Presses de la Cité, 392 p.

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