Passer au contenu principal

Contre les islamistes en France«Nos imams doivent déconstruire l’argumentaire des terroristes»

Cinq ans après les attentats de 2015, Chems-Eddine Hafiz, le recteur de la Mosquée de Paris, s’engage contre les islamistes avec un courage et une clarté sans précédents.

Chems-Eddine Hafiz, le nouveau recteur de la Grande Mosquée de Paris depuis le début de l’année.
Chems-Eddine Hafiz, le nouveau recteur de la Grande Mosquée de Paris depuis le début de l’année.
Cyril Zannettacci/Agence VU

Aviez-vous prévu quelque chose pour marquer le 13 novembre?

Je suis allé me recueillir sur place, au Bataclan, avec un certain nombre d’imams et de présidents d’associations. Depuis le 11 septembre 2001 on tue au nom de l’islam, alors il faut que les religieux musulmans non seulement dénoncent mais s’élèvent contre ces actes, non seulement les condamnent mais qu’ils les combattent. C’est ça le but.

«Moi-même j’ai évolué. Pendant un certain temps, nous n’arrivions pas à admettre que de tels crimes soient commis au nom de notre religion.»

Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris

Pensez-vous que la mobilisation musulmane a changé depuis 2015?

Il y a une prise de conscience. Moi-même j’ai évolué. Pendant un certain temps, nous n’arrivions pas à admettre que de tels crimes soient commis au nom de notre religion. C’était quelque chose de très dur pour nous que notre croyance profonde soit mêlée à des actes aussi horribles. Ça a été un travail sur nous-mêmes. Certains restent dans la position de dire que ça n’a rien à voir avec l’islam, que ce ne sont que des actes criminels. Moi-même en 2012, lorsque Mohamed Merah a commis l’innommable, j’étais de ceux-là, je disais: ce n’est pas un musulman, juste un criminel. Mais aujourd’hui, nous sommes nombreux à considérer qu’il faut regarder les choses en face: il y a effectivement chez les terroristes un travail sur le plan religieux et un endoctrinement. Nous devons déconstruire leur argumentaire. Seuls des imams peuvent le faire, mais il faut absolument qu’ils montent au créneau.

Les articles ABO sont réservés aux abonnés.