Passer au contenu principal

Encre bleueNon merci, c’est compris?

Eric Roset / Archives

Pauvre Poste suisse, et pauvres de nous… On la savait mal en point, mais tout de même. La voir ainsi racoler la clientèle est un spectacle désolant.

J’ai reçu l’autre jour une lettre du géant jaune, qui m’a fait voir rouge vif. Que dit cette missive officielle? Elle me fait remarquer en gros que ce n’est pas très malin d’avoir sur la boîte aux lettres une étiquette affichant «Non merci, pas de publicité».

Parce qu’avec cette volonté clairement exprimée, La Poste ne peut pas remplir sa nouvelle mission. Celle de nous faire «profiter dès aujourd’hui d’échantillons gratuits fort attrayants». Ah, la belle affaire!

Cette étiquette nous prive de la possibilité de tester un échantillon comestible qui sera livré à tous les autres ménages en mars, un autre en avril et un dernier en mai. Or, nous prédit ce courrier, ce serait pour nous «une expérience agréable». Ah, croquer une gaufrette chocolatée…

Mais il est encore temps de changer d’avis, voyez-vous. Car La Poste, prévoyante, glisse dans son envoi un jeu d’autocollants à poser sur les vieilles étiquettes refusant la pub. Désormais, place aux slogans «Publicité OK», «I love publicité» (avec le cœur de rigueur) ou, pire, «Nourrissez-moi avec de la publicité».

Là, on atteint des sommets!

Parce que si des citoyens ne désirent pas recevoir des kilos de papiers inutiles qui passent droit à la poubelle, ce n’est pas pour retourner leur veste à la première occasion, juste pour avoir trois bricoles à l’œil.

Car avec ces susucres viendront bien sûr d’autres envois publicitaires. Qui, eux, ne comporteront plus d’échantillon comestible. Et là, bonjour l’indigestion!

Alors il serait bon que La Poste comprenne que lorsque les clients disent «Non merci», c’est non merci.

30 commentaires
    Hari__Seldon

    Ah, ça y est, j'ai reçu le courrier. Je vais le renvoyer à l'expéditeur avec la mention "publicité non sollicitée" sur l'enveloppe.