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NatationNils Liess nage «avec l’épée de Damoclès»

Le nageur genevois ne sait jamais du jour au lendemain si les piscines seront ouvertes ou fermées. En attendant, il se trouvait ce week-end à Sion où il a raflé trois titres de champion de Suisse.

Nils Liess a profité des championnats de Suisse à Sion pour remporter trois titres: bon pour le moral.
Nils Liess a profité des championnats de Suisse à Sion pour remporter trois titres: bon pour le moral.
KEYSTONE

C’est dans l’espoir de plonger l’an prochain dans les anneaux olympiques que Nils Liess nage actuellement après la moindre compétition. Le Genevois de 24 ans, qui n’était, en février, qu’à cinq centièmes de son ticket pour les JO de Tokyo, doit se remettre en quête d’un gros chrono. Avec ce virus qui tourne autour de la planète depuis le mois de mars, le nageur de Plan-les-Ouates avait besoin de se jeter à l’eau ce week-end à Sion où se déroulaient les championnats suisses en petit bassin. L’occasion pour lui de rafler trois nouveaux titres en nage libre: celui du 100 mètres (48’’15), du 200 (1’ 4537) et du 400 (3’ 4377).

«Des temps corrects pour un retour en compétition», s’est réjouit le champion de Genève-Natation, aussi comblé que son coéquipier de club Roman Mityukov, qui lui est rentré aux Vernets avec quatre médailles d’or conquises sur le dos, lors du 50 m (24’’56), 100 m (52’’85) et 200 m (1’ 5506) ainsi que sur le 100 m 4 nages (54’’47).

‹‹Il y a tellement peu d’épreuves depuis le Covid qu’on ne peut pas trop faire la fine bouche››

Nils Liess, Genève-Natation

Alors que de nombreux membres de l’équipe de Suisse, à l’image de Jérémy Desplanches, ont déclaré forfaits pour ces joutes nationales, Nils Liess n’a pas hésité à se mouiller. «Il y a tellement peu d’épreuves depuis le Covid qu’on ne peut pas trop faire la fine bouche, estime le grand blond. Mais il est vrai qu’avant de m’inscrire, j’étais indécis à cause des mesures sanitaires. Alors qu’à Genève on limite les rassemblements de plus de cinq personnes, c’était étonnant qu’on puisse se retrouver à plus de 300. Il y avait de quoi se poser des questions, mais je dois reconnaître que c’était bien organisé.»

Nils Liess a plongé en direction de Tokyo.
Nils Liess a plongé en direction de Tokyo.
KEYSTONE

S’il nage désormais dans un club de Stockholm, la pandémie l’a renvoyé au pays il y a huit mois pour vivre durant le confinement avec ses proches et sa copine. «Si en Suède tout n’est pas fermé, je ne me voyais pas rester là-bas seul durant deux mois. Après le report des Jeux de Tokyo, on a donc décidé avec mon coach suédois que je pouvais rentrer tout en collaborant à distance avec lui ainsi que mes deux entraîneurs aux Vernets pour poursuivre ma planification.»

S’il s’était rapproché tout proche de Tokyo en février, à cinq centièmes des minima exigés par la fédération, il sait, Nils, qu’il est capable de répéter cette belle performance pour se qualifier individuellement dans les disciplines de crawl. «Je me sentais prêt et je pouvais voir venir avant que ce Corona en décide autrement. Avec le temps que j’avais réalisé, j’aurais probablement été choisi pour le relais.»

‹‹À moi d’aller plus vite pour mériter une sélection››

Nils Liess, Genève-Natation

Il lui reste désormais quelques mois pour atteindre son objectif. «À moi d’aller plus vite pour mériter une sélection» sourit ce compétiteur bien décidé à être du voyage pour le Japon en juillet 2021. Pour autant, évidemment, que le virus ne décide pas encore une fois de jouer les trouble-fêtes.

S’il est prêt à tout pour progresser, qu’il est bien entouré et tente de rester optimiste sur ces prochaines semaines, Nils Liess est conscient qu’il n’est pas à l’abri d’une décision des autorités de sa ville à Genève. «On ne sait jamais, du jour au lendemain, s’ils vont ou pas fermer les piscines ou si on va pouvoir continuer à nager, soupire ce sportif d’élite qui ne sait toujours pas sur quel pied danser. On a un peu l’épée de Damoclès sur la tête mais notre club fait le nécessaire pour qu’on puisse s’entraîner.»

Alors qu’en Suisse alémanique, des réunions de plus de 300 personnes sont autorisées, que les restaurants sont ouverts, Nils Liess se demande parfois s’il vit «dans le même pays». Cette nation qu’il va représenter dans trois semaines aux Pays-Bas à l’occasion d’un meeting qui réunira dans un grand bassin quatre autres pays formés de dix nageurs chacun. «Ce sera une belle opportunité de voir où on en est avant de repartir au travail en février.»

Pour autant évidemment que cette petite bête arrête de manger les grosses, qu’elle lui permette de plonger dans ces anneaux olympiques qui le font tant rêver