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RéfugiésLes passeurs ont un soutien turc, dit Athènes

Le président grec en visite en Allemagne accuse la Turquie de ne pas faire sa part dans la crise migratoire.

Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)
Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)
Marina Militare, Reuters
Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).
Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).
Keystone
Simonetta Sommaruga, présidente de la Confédération, demande que des mesures soient prises pour éviter que des masses de réfugiés périssent en mer. Elle plaide notamment pour que des centres d'accueil de réfugiés doivent être installés en Afrique du Nord. (Lundi 20 avril 2015)
Simonetta Sommaruga, présidente de la Confédération, demande que des mesures soient prises pour éviter que des masses de réfugiés périssent en mer. Elle plaide notamment pour que des centres d'accueil de réfugiés doivent être installés en Afrique du Nord. (Lundi 20 avril 2015)
Keystone
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Le président grec Prokopis Pavlopoulos a accusé lundi les autorités portuaires en Turquie de soutenir les passeurs, ce qu'un haut responsable turc a démenti avec vigueur.

Le chef de l'Etat grec a aussi enjoint Ankara à remplir ses engagements dans la crise migratoire.

«Les autorités portuaires font comme si elles ne voyaient rien», a souligné le chef de l'Etat

au quotidien Süddeutsche Zeitung, à l'occasion de sa première visite en Allemagne. Les passeurs organisant la traversée de migrants vers les îles grecques «seraient aidés» dans certains cas. «Nous avons des preuves. C'est une sorte de commerce des esclaves», a-t-il assuré.

Autorités portuaires

«Je ne parle pas ici des dirigeants turcs», a-t-il toutefois souligné. «Mais nous avons de nos postes avancés sur les îles des preuves que les autorités portuaires travaillent avec des passeurs.»

Un haut responsable turc a catégoriquement démenti les propos du président grec, en assurant qu'Ankara luttait avec détermination contre le trafic d'êtres humains. «Les accusations selon lesquelles les autorités turques ferment les yeux et aident les passeurs sont sans fondement et relèvent de la pure calomnie», a-t-il dit.

Selon ce responsable, les statistiques montrent que la Turquie a empêché le passage de près de 200'000 migrants clandestins et a arrêté plus de 3800 passeurs l'an dernier. «Dans un environnement où la coopération bilatérale en matière de lutte contre l'immigration clandestine s'est tant intensifiée, les propos du président grec sont accueillis avec étonnement», a continué le responsable.

Migrants embarrassants

De telles accusations sont régulièrement portées par les organisations de défense des droits de l'Homme et les ONG qui viennent en aide aux réfugiés sur les îles de la mer Egée, où se concentre l'essentiel des arrivées de migrants en Europe.

Prokopis Pavlopoulos a par ailleurs enjoint lundi la Turquie à s'investir davantage dans cette crise des réfugiés. «Nous allons répondre à la question des réfugiés de manière appropriée, mais la Turquie doit aussi remplir ses engagements», a-t-il plaidé, lors d'une rencontre à Berlin avec son homologue allemand, Joachim Gauck.

«Cela concerne la manière dont les flux de réfugiés arrivent en Europe mais aussi la différenciation entre les migrants économiques illégaux et les réfugiés», a-t-il poursuivi. «Ces migrants économiques illégaux, quand ils arrivent en Grèce parce que les autorités turques n'ont pas fait leur travail, doivent être renvoyés vers la Turquie sur la base des accords en vigueur.»

Relations délicates

Athènes et Ankara entretiennent des relations délicates. Les deux pays croisent le fer depuis des mois dans la crise des réfugiés qui fait quasiment chaque jour des morts par naufrage au large des côtes gréco-turques.

La Grèce accuse notamment la Turquie de ne rien faire pour stopper l'afflux de migrants alors que plus de 2,2 millions de réfugiés, essentiellement syriens, se sont réfugiés chez elle depuis le début de la guerre en Syrie. De son côté, Athènes a été sévèrement tancé par ses partenaires européens pour ses piètres efforts dans cette crise.

Chancelière «courageuse»

Prokopis Pavlopoulos, premier haut dirigeant grec à se rendre à Berlin depuis la conclusion à Bruxelles d'un nouveau plan de secours à la Grèce en juillet, a salué la politique de la main tendue menée par la chancelière Angela Merkel.

Devant Joachim Gauck, il a loué «la politique courageuse» de la dirigeante. L'an dernier, environ 1,1 million de migrants ont rejoint l'Allemagne en quête de paix ou de travail.

«Merkel est une grande responsable politique», a-t-il aussi martelé dans la Süddeutsche Zeitung. «Et l'Histoire le prouvera», selon lui. Des propos qui tranchent avec ceux tenus l'an dernier par les dirigeants grecs, notamment le Premier ministre Alexis Tsipras, qui a livré un bras de fer avec Berlin durant des mois sur l'aide internationale accordée à son pays.

ats

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