Un médecin-journaliste qui garde la foi

Rencontre avec Bertrand Kiefer Bertrand Kiefer s'apprête à lancer Planète Santé live, le premier salon romand tous publics dédié à la santé.

 La fièvre populaire guette! Le Dr Kiefer s’adonne aux derniers préparatifs de Planète Santé live au Swisstech Convention Center de l’EPFL. CELLA FLORIAN

La fièvre populaire guette! Le Dr Kiefer s’adonne aux derniers préparatifs de Planète Santé live au Swisstech Convention Center de l’EPFL. CELLA FLORIAN

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Il fait un brin premier de classe. Et son sérieux l’a sans aucun doute aidé à se constituer un beau CV professionnel. Celui-ci va encore s’étoffer, puisque Bertrand Kiefer s’apprête à lancer Planète Santé live, le premier salon romand tous publics dédié à la santé. Ce nouveau challenge, le Dr Kiefer se prépare à le relever en équipe, dès jeudi à Lausanne, en partenariat avec plus de 50 institutions actives dans le domaine sanitaire. «L’objectif est d’offrir aux visiteurs une manifestation interactive où chaque patient potentiel pourra dialoguer autour de tout ce qui concerne sa santé, explique l’organisateur. Un salon orienté sur les rencontres plutôt que sur les informations médicales recueillies aujourd’hui massivement sur Internet.»

Tous les stands proposeront ainsi une animation. Le public pourra visiter trois organes géants: un colon, un sein et un poumon. «Des expériences sont prévues avec un robot chirurgical da Vinci et les adolescents auront la possibilité de se faire photographier l’iris (ndlr: la partie colorée de l’œil) et d’envoyer le cliché à leurs amis par l’intermédiaire de Facebook», ajoute Bertrand Kiefer. Les HUG et l’Université de Genève se serviront, pour leur part, d’un mannequin très sophistiqué pour apprendre à faire des gestes médicaux; le CHUV montrera, de son côté, le trajet d’une goutte de sang par le biais d’une scénographie.

Avec encore plus de 100 conférences et 24 activités pour les enfants, le menu s’annonce gargantuesque. Trop? «Il n’y en a jamais trop! Il en faut pour tous les goûts», réagit l’entrepreneur.

«L’humour est très important»

Plus que le stress à la veille de l’inauguration de ce grand événement, c’est surtout le côté provocateur qui interpelle chez Bertrand Kiefer. «Pour moi, l’humour est très important. C’est une manière de montrer que ce que la plupart des gens prennent au sérieux n’a pas d’importance. Et que ce qui a de l’importance, on ne le prend pas au sérieux, estime ce scientifique de 59 ans. L’humour permet de se moquer de cette façon de prendre au sérieux les futilités.»

Temps d’arrêt. «Ça fait un peu curé ce que je vous dis, non?» renchérit aussitôt le patron de la Revue médicale suisse , qui a remplacé l’hebdomadaire Médecine et Hygiène, né il y a vingt et un ans. Mais cela permet avant tout «de justifier tous les gags stupides que je n’arrête pas de faire».

Et voilà que notre interlocuteur remet son «habit sérieux» pour défendre des valeurs éthiques: «Notre médecine doit garder un sens et sa pratique une humanité. On vit dans un monde où on cache la souffrance et la mort. On n’a plus de discours sur la maladie, la déchéance, constate-t-il.  Aujourd’hui, on occulte la finitude en s’appuyant sur les progrès triomphants de la médecine de pointe. Or on finit tous par mourir et la médecine, c’est aussi accompagner ceux qui s’en vont.» Un discours guère surprenant de la part de ce personnage atypique.

Après avoir suivi les cours de médecine à l’Université de Genève puis effectué de la recherche, Bertrand Kiefer a été ordonné prêtre: «J’avais besoin d’aller au bout de Dieu, de ma foi. Alors je suis parti étudier la théologie à Fribourg, au séminaire, puis à Rome, pendant quatre ans. Une expérience forte!»

Or, après dix ans d’Eglise, assoiffé de nouvelles expériences, Bertrand Kiefer bifurque vers le journalisme… en tâtant de l’écriture au défunt Journal de Genève, au début des années 90. Toujours aussi curieux, il reste motivé comme au premier jour: «Comment pourrait-il en être autrement? J’adore la médecine et le journalisme. J’ai la chance de faire un métier critique qui réunit ces deux passions.»

Enthousiaste, il travaille beaucoup: «Je ne prends qu’un jour de congé par semaine. J’en profite pour faire du vélo.» Car outre la Revue médicale suisse, qui informe chaque semaine les professionnels des soins, et son activité au sein de la Commission nationale d’éthique pour la médecine humaine, Bertrand Kiefer codirige avec Michael Balavoine le magazine Planète Santé, conçu en 2010 pour le grand public. Deux ans plus tard, le duo-choc initiait le site romand planetesante.ch: «Notre grande ambition!»

Sur les traces de Nicolas Bouvier

Vaste programme. Pour se ressourcer, Bertrand Kiefer privilégie les rencontres avec ses proches et notamment avec son épouse, Isabelle, «quand nos plannings respectifs nous le permettent». Difficile de savoir si c’est de l’humour…

Une chose est sûre, aussi surmené soit-il, le couple apprécie les voyages«à la Nicolas Bouvier». Commentaire de notre star du jour: «C’est un grand pour moi. J’essaie de m’inspirer de sa façon à la fois poétique, empathique et noble de rencontrer l’autre. Un très beau défi.» (TDG)

Créé: 11.11.2014, 18h51

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.