Davantage de moyens pour les enfants réfugiés

SuisseLe Syndicat suisse des services publics (ssp) exige davantage d'argent pour entretenir et former les jeunes réfugiés.

Image: ARCHIVES - PHOTO D'ILLUSTRATION/Keystone

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Plus de 2700 mineurs non accompagnés ont déposé l'an dernier une demande d'asile en Suisse. A eux s'ajoutent les enfants réfugiés qui ont fait le voyage avec leurs parents. Certains d'entre eux fréquentent les cours de Franziska Bischofberger, enseignante à Zurich. Ce n'est pas tant la matière à enseigner qui lui pèse ainsi qu'à ses élèves, mais plutôt les conditions de logement de ces jeunes âgés de 12 à 17 ans.

Beaucoup vivent à quatre dans une pièce, dans des containers ou dans des cabanes en bois aggloméré, installées dans la halle d'exposition 9 de la Foire de Zurich, à Oerlikon. Les parois sont minces, les nuits sont parfois bruyantes et les visites de police fréquentes. Seul endroit de retrait: son propre lit.

«Ce que d'autres expériment dans les camps de ski, ces écoliers le vivent chaque jour», a raconté Franziska Bischofberger jeudi lors d'une conférence de presse du ssp à Berne. Ces jeunes n'arrivent à faire ni leurs devoirs, ni dormir dans le calme. D'où une fatigue constante et des cours non préparés.

Ovomaltine dans l'urgence

S'y ajoute la faim. Car ces adolescents sont en partie en charge de leurs repas. Ils reçoivent un montant fixe par jour, ce qui dépasse bon nombre d'entre eux. Certains viennent à l'école sans petit déjeûner et sans collation. «Pour les cas urgents, j'ai une boîte d'Ovomaltine en classe», ajoute l'enseignante. Les repas ne sont certes pas de son ressort, mais les élèves n'arrivent sinon tout simplement pas à se concentrer.

Certains jeunes de la classe de Franziska Bischofberger sont attribués au canton de Zurich, d'autres à la ville. Ce qui a des conséquences sur leur encadrement: alors que certains peuvent manger à midi et se rendre à l'école en tram, les autres sont responsables de leur repas et font les trajets à trottinette.

Ces inégalités sont difficilement explicables aux jeunes, poursuit l'enseignante. Les discussions exigent souvent plus d'énergie que les cours eux-mêmes.

Ces cours représentent toutefois également un défi, la composition des classes étant très hétérogène: certains élèves n'ont jamais fréquenté l'école auparavant, d'autres sont bien formés et peuvent envisager un degré supérieur ou un apprentissage.

Grandes différences entre cantons

Sur la base de ce type de témoignage, le ssp demande d'urgence davantage de moyens pour les enfants réfugiés. Le syndicat voit un besoin d'agir aussi bien à l'école que dans l'encadrement des jeunes pendant leur temps libre. Il existe actuellement de grandes différences entre les cantons, a souligné la présidente du ssp Katharina Prelicz-Huber.

Le syndicat demande davantage de moyens pour des cours de langue, l'aide aux devoirs, un repas chaud par jour, un hébergement approprié et non avec des adultes ainsi que l'accès aux soins médicaux, à des activités sportives et de loisir et un encadrement 24 heures sur 24.

Pour Katharina Prelicz-Huber, il est «catastrophique» que des jeunes de 17 ans soient exclus de cours de langue ou d'intégration: «Ces jeunes doivent au besoin être scolarisés au moins deux ans, même s'ils ont dépassé l'âge de l'école obligatoire, afin de pouvoir suivre une formation».

Le projet de pré-apprentissage de la Confédération est certes louable, mais il ne doit pas démarrer dans deux ans seulement et offrir bien plus que les 1000 places prévues. Les réfugiés mineurs non accompagnés doivent faire face à de grandes difficultés s'ils ne sont plus soumis à l'école obligatoire, a souligné la conseillère nationale Cesla Amarelle (PS/VD). Il leur est quasiment impossible de trouver un apprentissage lorsqu'ils possèdent un permis N (en attente d'une décision). «Au risque de créer une génération sacrifiée à terme, la palette de formation doit absolument être renforcée et harmonisée», estime la Vaudoise. (ats/nxp)

Créé: 26.05.2016, 15h49

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