Vers un abattage total des bouquetins du massif du Bargy

Aux portes du Grand Genève46% des animaux seraient atteints de brucellose. Une maladie qui mettrait en péril la production du reblochon.

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Le préfet de la Haute-Savoie va saisir le Conseil national de protection de la nature (CNPN) d'une demande d'abattage total des 300 bouquetins du massif du Bargy, atteints de brucellose, a-t-on appris mardi auprès de la préfecture. Cet abattage, destiné à empêcher une contamination des cheptels, sera suivi d'une réintroduction de bouquetins sains après une période de vide sanitaire, selon la même source.

Si le CNPN émettait un avis défavorable à cette demande, "je prendrais mes reponsabilités de préfet", a déclaré Georges-François Leclerc mardi dans un entretien au Dauphiné Libéré. "Il est clair que je peux passer outre cet avis. Ce sera une façon de concrétiser ce que m'a demandé la ministre (de l'Ecologie, Ségolène Royal, ndlr) lorsqu'elle a évoqué la nécessité d'assainir le massif du Bargy", a ajouté le préfet. En visite en Haute-Savoie début septembre, Ségolène Royal avait dit vouloir "protéger la qualité des productions du terroir". "Donc il faut assainir le massif et nous prendrons les mesures qui s'imposent", avait-elle ajouté, selon des propos rapportés par la presse.

Le préfet a indiqué qu'il n'y aurait pas d'abattage des bouquetins dans les prochains jours. Environ 46% des bouquetins du Bargy sont atteints de brucellose, selon des chiffres fournis par la préfecture. "En 2013, la prévalence de la maladie chez les bouquetins de moins de cinq ans était de 15%, alors qu'en 2014, 50% des bouquetins de cette classe d'âge sont atteints", précise-t-elle.

Opposées à l'abattage de cette espèce protégée, les associations de défense de l'environnement ont réclamé une évaluation de la gestion de cette maladie, "gestion qui tendrait à aggraver la situation plutôt que d'en limiter la portée", selon un communiqué.

Depuis octobre 2013, plus de 300 bouquetins ont déjà été abattus dans le Bargy sans permettre l'éradication de la brucellose. "Il n'existe aucun exemple d'éradication d'une épidémie dans la faune sauvage (épizootie) par tentative d'abattage total", souligne la FRAPNA dans un communiqué.

"Plus la pression de chasse augmentera, plus des animaux sains ou infectés circuleront entre les massifs, de jour ou de nuit. Ce n'est pas la bonne solution", ajoute l'association, en plaidant pour le recours à un vaccin et la préservation des bouquetins sains.

La Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) des Savoie a pour sa part salué la "position courageuse et de bon sens" du préfet. Son président Bernard Mogenet a souligné que la maladie faisait courir un "risque très lourd sur l'économie de nos alpages".

En avril 2012, le syndicat interprofessionnel du reblochon (SIR) avait procédé au rappel de fromages vendus à travers la France, en raison de la présence de la bactérie Brucella dans un élevage bovin de Haute-Savoie. Le cheptel infecté avait été abattu et deux autres placés en soixantaine.

"Les bouquetins sont des animaux magnifiques. Mais est-ce raisonnable de laisser des animaux malades et qui souffrent dans la montagne?", s'est interrogé M. Mogenet. Transmissible à l'homme par l'ingestion de lait cru ou au contact d'animaux malades, la brucellose en phase aiguë se manifeste par des symptômes tels que fièvre isolée ou syndrome pseudo-grippal associant fièvre, douleurs articulaires et musculaires, mal de tête, fatigue.

On dénombre 2000 bouquetins en Haute-Savoie, dont 300 à 350 dans le Bargy, selon la préfecture. (AFP/TDG)

Créé: 30.09.2014, 14h18

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