«Les Pays-Bas ont un rôle constructif à jouer»

Genève internationaleSon pays préside l’Europe jusqu’en juin. Roderick van Schreven en profite pour renforcer l’ancrage local des Pays-Bas.

Roderick van Schreven: «Mon environnement francophone a façonné mon côté cartésien», constate le représentant des Pays-Bas auprès de l’ONU.

Roderick van Schreven: «Mon environnement francophone a façonné mon côté cartésien», constate le représentant des Pays-Bas auprès de l’ONU.

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Il est néerlandais mais c’est un Genevois de cœur. Roderick van Schreven, 61 ans, a passé sa licence d’économie politique à l’Université de Genève et a travaillé cinq ans dans le secteur privé chez Exa Nautica aux Eaux-Vives puis chez Lacoste au milieu des années 80. Ce passionné de voile s’est également illustré dans plusieurs courses avant de participer à la création du Centre d’entraînement à la régate (CER) de Genève. Sa première vie genevoise s’achève en 1986 lorsque s’offre l’opportunité de rejoindre le service diplomatique néerlandais. Une proposition qui ne se refuse pas. Sa nouvelle carrière l’emmène à Caracas, Damas, Bruxelles et La Haye. En 2011, on lui propose de venir à Genève comme chef de mission auprès de l’ONU et de ses agences. L’un des postes les plus prestigieux avec New York. «Je suis un diplomate un peu atypique», reconnaît Roderick van Schreven.

Double culture

Depuis ses bureaux, situé à quelques mètres du Palais des Nations, avenue Giuseppe-Motta, l’homme règne sur une équipe de diplomates et de techniciens. Sa mission: porter la voix des Pays-Bas mais aussi, depuis le début de l’année, celle de l’Europe. Son pays en assure la présidence tournante jusqu’en juin. Une tâche que Roderick van Schreven compte mener avec d’autant plus de zèle qu’il est convaincu de disposer à Genève d’une tribune unique au monde. Son curriculum vitae hors norme et sa personnalité lui facilitent la tâche. Le diplomate avoue tirer profit de sa double culture pour passer les obstacles ou faire passer des messages. «Mon environnement francophone a façonné mon côté cartésien. Celui qui me pousse à raisonner et argumenter. L’univers des affaires, anglophone, m’a rendu plus exigeant sur les aspects coûts-rentabilité dans chacune des actions que je mène», explique-t-il.

Ces dernières années, l’image des Pays-Bas s’est un peu brouillée avec la montée en puissance de forces populistes en rupture avec l’esprit de tolérance qu’on leur connaissait. Mais les choses changent. Aujourd’hui, le royaume s’emploie à redonner des signes d’ouverture. Roderick van Schreven en est convaincu, son pays a un rôle constructif à jouer sur la scène internationale. Les circonstances servent ce dessein. Depuis le 1er janvier, son pays porte les couleurs de l’Europe. A Genève, cela va se traduire par un certain nombre d’initiatives et d’événements (voir l’encadré).

S’ils ne sont pas directement engagés dans les discussions sur la Syrie, les Pays-Bas s’emploient à porter la parole des oubliés et notamment celles des femmes. A Genève, la mission a soutenu l’action d’un groupe de Syriennes qui ont témoigné de leur quotidien au Liban et en Syrie en marge des négociations officielles. En poste à Damas au milieu des années 2000, Roderick van Schreven suit de près le dossier Syrien. Il a demandé à pouvoir s’entretenir avec l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura. Avec le groupe des Pays amis des femmes et de la paix, il joue à la marge. Un travail de fourmis, à l’ombre des grandes discussions, mais qui contribue à graisser les rouages de la diplomatie.

Travailler avec Genève

Négociateur aguerri, le représentant néerlandais ne se tient jamais très loin des dossiers importants. Il y a quelques mois on lui a confié la présidence du groupe de travail chargé d’étudier le dossier d’entrée de l’Afghanistan à l’OMC. Un dossier très politique qui l’a conduit à se rendre à Kaboul en novembre dernier.

Ambassadeur des Pays-Bas, Roderick van Schreven pourrait tout aussi bien endosser le costume d’ambassadeur de la Genève internationale. Loin de jouer des rivalités entre Genève et les autres villes européennes, le diplomate est persuadé que toutes capitales qui hébergent des entités onusiennes ou internationales en Europe ont intérêt à jouer la synergie avec Genève. «La Haye et Paris ne sont pas en concurrence avec Genève. Nous devons travailler ensemble car la vraie compétition se trouve hors d’Europe», explique-t-il.

Conférences

28 janvier 18h30, Peter Bakke, post COP21, Maison de la Paix, 25 février 18h30, Sigrid Kaag, sécurité au Moyen-orient, Palais des Nations. 31 mars 18h30, Daan Roosegaarde, art, technologie, et innovation, Alhambra, Rue de la Rôtisserie.

(TDG)

Créé: 24.01.2016, 17h42

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