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Yvan Bourgnon a bravé les mers du globe à l’ancienne

Le documentaire «En équilibre sur l’océan» raconte sa folle aventure à bord d’un catamaran de sport.

Le marin franco-suisse a réalisé son tour du monde avec un petit bateau sans cabine et sans GPS, 55 000 kilomètres en 220 jours.
Le marin franco-suisse a réalisé son tour du monde avec un petit bateau sans cabine et sans GPS, 55 000 kilomètres en 220 jours.
VERTIGES PROD

«Si, un jour, j’arrivais à faire un tour du monde sans aide extérieure, sans électronique et sans GPS, ça serait juste l’aboutissement du marin que je suis.» Yvan Bourgnon l’a rêvé, et l’a concrétisé. Le 5 octobre 2013, le navigateur franco-suisse est parti pour son aventure inédite à bord d’un catamaran de sport sans cabine, mesurant 6,30 m de long et 4 m de large. En 220 jours, il a traversé 17 mers, 3 océans et parcouru 55 000 kilomètres. Avec, comme unique compagne, une caméra qui a recueilli jour et nuit ses états d’âme et ses coups de gueule, filmant la vie à bord de sa «Louloute» comme il appelle affectueusement son bateau. Ce sont ces images que le réalisateur Sébastien Devrient a réunies dans le documentaire En équilibre sur l’océan, à découvrir dès mardi à Vevey, avant une tournée romande de projection en présence d’Yvan Bourgnon.

Le skipper de 45 ans, vainqueur de plusieurs régates, dont la Transat Jacques Vabre, a voulu réaliser ce pari fou uniquement avec un catamaran de sport: «C’est la passion de toute une vie, explique-t-il. Dès l’âge de 13 ans, j’ai travaillé afin de pouvoir m’en offrir un.» Il a dû rivaliser d’ingéniosité et montrer une bonne dose d’intuition pour construire celui avec lequel il allait traverser les mers du globe. «On est toujours en équilibre et ce genre d’embarcation chavire facilement. Il a fallu apprendre à naviguer avec l’écoute à la main en permanence afin de réagir au quart de seconde.» Autre défi qu’il s’est imposé: tracer sa route à l’ancienne, avec pour seuls outils un sextant, des cartes papier et une calculatrice. Ce type de navigation astronomique lui a valu quelques approximations, «notamment quand le ciel était couvert pendant quatre jours en Australie», et aussi de belles frayeurs lorsqu’il s’est aperçu que la Barrière de corail n’était qu’à 200 mètres du bateau. «Cette expérience m’a surtout permis de développer tous mes sens, en particulier l’ouïe. Chaque bruit, un claquement de voile par exemple, avait une signification. En mer Rouge, j’arrivais même à entendre le bruit d’un cargo avant que je ne l’aperçoive. On découvre ainsi les capacités extraordinaires de la nature humaine, qu’on exploite d’ordinaire si peu.»

«Mon rituel était de me changer entièrement deux fois par jour. En portant uniquement des combinaisons étanches, je transpirais trop»

La vie à bord et à l’air libre est très contraignante, même pour un navigateur endurci: soleil, pluie et sel malmènent particulièrement sa peau, lui qui doit affronter de grands écarts de température. «Mon rituel était de me changer entièrement deux fois par jour. En portant uniquement des combinaisons étanches, je transpirais trop. Mes mains étaient particulièrement abîmées. Il m’a fallu presque quinze jours pour cicatriser.» Il profite des escales pour se soigner et réparer le bateau entre les traversées, qui durent d’une semaine à 25 jours. Sur les plus longues distances, il comble le manque de nourriture en pêchant.

Les accidents, parfois graves, et les imprévus qui ponctuent sa folle aventure lui ont valu quelques colères mais jamais l’envie d’abandonner. Il se blesse à un bras et au dos et chavire deux fois. «J’ai failli y passer. Heureusement j’étais toujours attaché par un harnais.» Au large de la Somalie, il évite de justesse les pirates. «A la tombée de la nuit, j’ai vu un bateau qui arrivait sur moi. L’équipage était armé jusqu’aux dents. Je me suis allongé afin qu’on ne me voie pas. Mon cœur battait à 100 à l’heure. Ma voile claquait au vent. J’étais totalement impuissant. Ils ont braqué des projecteurs puis sont partis. Ils ont dû croire que le bateau était abandonné.» Son moral d’acier et le soutien de ses deux enfants, âgés de 15 et 17 ans à l’époque, n’auraient pas été suffisants sans la notion de plaisir. «Et je dois dire que j’ai eu des navigations incroyables entre les Galápagos et les Marquises.»

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