Trois ans fermes pour le Marseillais qui voulait faire chanter Audemars Piguet

JusticeLe tribunal d’Yverdon condamne un Français qui s’apprêtait à monnayer la restitution de montres volées au musée. Sa complice genevoise s’en tire avec 90 jours amende avec sursis.

Le Tribunal correctionnel a sévèrement condamnée un receleur marseillais et plus légèrement sa complice qui a joué un rôle mineur.

Le Tribunal correctionnel a sévèrement condamnée un receleur marseillais et plus légèrement sa complice qui a joué un rôle mineur.

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Il pensait retourner libre à Marseille avec en poche ses 10 000 euros de caution versés pour sa libération provisoire en 2011. Il a écopé jeudi de trois ans de prison ferme. L’argent de sa caution servira à payer une partie de frais de justice.

Sata, de son surnom, a perdu le coup de poker joué en venant en Suisse se présenter devant le Tribunal correctionnel d’Yverdon. De fait, le vent a méchamment tourné lundi en fin de journée, quand la cour a ordonné son arrestation immédiate afin d’éviter qu’il ne file dans son pays pour échapper à la sanction qui allait être prononcée.

Comme l’avait requis le procureur Christian Buffat, Sata a été reconnu coupable de recel et de tentative d’extorsion pour avoir voulu monnayer la restitution d’une douzaine de montres de valeur inestimable acquises auprès des cambrioleurs du musée Audemars Piguet (Vallée de Joux) en 2010. Sa complice genevoise s’en tire avec 90 jours amende avec sursis.

La cour a balayé toutes les dénégations de ce quadragénaire qui évoluait dans le milieu des stars du foot, notamment dans sa ville natale, au club de l’Olympique de Marseille. L’homme faisait en effet partie de l’escouade de valets gagnant leur vie en se mettant à disposition des footballeurs professionnels. Et parmi les articles qui leur a proposé se sont trouvées notamment des montres provenant du casse au musée du Brassus.

«On ne voit pas les raisons qui auraient pu pousser Cissé à mentir»

Longuement interrogé lundi, Sata avait affirmé qu’il n’avait ni vu, ni touché aucune des montres en questions. Or des témoignages disent le contraire. Notamment celui au procès de la star du foot Djibril Cissé, ancien de l’OM et autres grands clubs, actuellement attaquant dans le club du Nord vaudois, a été déterminant. Aimable et décontracté, il a notamment raconté comment en 2011 Sata est venu lui proposer d’acheter l’une des montres volées, le prototype «Royal Oak T3» que l’acteur Schwarzenegger portait dans le film Terminator 3. Cissé lui avait répondu que ce n’était pas son truc. L’accusé a soutenu que cela ne s’est pas passé. «On ne voit pas les raisons qui auraient pu pousser Cissé à mentir», souligne la cour.

Les contradictions de Sata lors son procès mais aussi ses antécédents ont pesé leur poids. Son casier judiciaire suisse était certes vierge, mais celui en France comportait cinq condamnations, dont trois pour recel notamment entre 2005 et 2010.

Pour autant, l’affaire du cambriolage n’est pas résolue. Deux inconnus avaient pénétré dans le musée au moyen d’une échelle. En moins de cinq minutes, ils avaient fait main basse sur cinquante-neuf pièces pour une valeur d’assurance proche d’un million, dont quarante-sept n’ont pas été récupérées. (TDG)

Créé: 09.11.2017, 18h23

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