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«Les Suisses sont complices sans le savoir des guerres»

Youniss Moussa, le secrétaire romand du Groupe suisse sans armée, explique le lancement d'une initiative fédérale contre le financement indirect du matériel de guerre.

Youniss Moussa, le secrétaire romand du Groupe suisse sans armée, a lancé ce mardi à Berne l'initiative fédérale «contre le commerce de guerre».
Youniss Moussa, le secrétaire romand du Groupe suisse sans armée, a lancé ce mardi à Berne l'initiative fédérale «contre le commerce de guerre».
Arthur Grosjean

Le Groupe suisse sans armée (GSsA) repart au combat. Avec plusieurs organisations et partis comme le PS et les Verts, il a lancé ce mardi matin à Berne une nouvelle initiative fédérale. Elle demande l'interdiction du financement des producteurs de matériel de guerre. Interview du secrétaire romand du GSsA, Youniss Moussa.

– Quelle est l'urgence de lancer cette initiative?

– L'urgence, c'est que les Suisses ne savent pas que leur argent est investi dans des guerres dans le monde. Nous voulons faire en sorte que la Banque nationale suisse et les caisses de pension ne puissent plus financer le commerce de guerre. En 2016, la première a investi pour 800 millions de dollars dans la production d'armes nucléaires. Quant aux caisses de pensions, elle le font à hauteur de 4 à 12 milliards. Nous voulons interdire ce financement. Moins il y a d'armes dans les conflits et moins il y a de morts et de populations obligées de fuir leur pays.

– Vous dites que la Suisse est complice des guerres et de l'exode des populations. Vous ne poussez pas le bouchon un peu loin?

– Non. Le financement de l'armement est clairement ce qui permet l'exportation du matériel de guerre. On retrouve des armes suisses dans divers conflits. On a retrouvé des grenades suisses dans les mains de l'Etat islamique, des tanks qu'on a vendu à des dictatures dans les mains d'Al-Qaïda au Maghreb islamique. Nous avons un impact dans ces guerres.

– Imaginons que votre initiative passe. Les conflits sur la planète vont-ils vraiment diminuer? L'initiative n'aura que peu d'effets.

– Nous voulons positionner la Suisse comme pays exemplaire, comme un pays au service de la paix. Aujourd'hui on contrôle des élections à travers le monde, on développe des programmes humanitaires, on accueille de nombreuses réunions internationales pour apaiser les conflits. On ne peut pas tenir un double discours, c'est à dire accueillir des pays pour discuter de paix à Genève ou Montreux et, en même temps, vendre des armes aux deux parties en conflit. Malheureusement aujourd'hui, c'est le profit qui commande.

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