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Les squatteurs avaient «des Porsche et des propriétés au bord du lac»

Douze ans après l'évacuation du squat genevois Rhino, le procès opposant les ex-propriétaires et des anciens occupants se poursuit.

Le 23 juillet 2007, le mythique squat Rhino perdait sa corne après une évacuation musclée ordonnée par le procureur général de l'époque, Daniel Zappelli.
Le 23 juillet 2007, le mythique squat Rhino perdait sa corne après une évacuation musclée ordonnée par le procureur général de l'époque, Daniel Zappelli.
Olivier Vogelsang

Impossible de ne pas se souvenir de l'évacuation du squat vraisemblablement le plus célèbre de la République: le Rhino. En plein mois de juillet 2007, des dizaines de véhicules et fourgons des forces de l'ordre, en file indienne, avaient quitté l'Hôtel de police (presque en toute discrétion) en direction du boulevard des Philosophes. L'expulsion des occupants de l'immeuble – non sans heurts – avait été ordonnée par le procureur général de l'époque, Daniel Zappelli, incarnation du mal aux yeux des squatteurs. En fin d'après-midi, l'emblématique corne rouge du squat avait été décrochée.

Que reste-t-il aujourd'hui de cette période? Eh bien une procédure devant le Tribunal civil et des millions de francs réclamés aux anciens occupants. Pour être plus précis: les anciens propriétaires défendus par Me Malek Adjadj réclament 14 millions de francs pour occupation illicite et dommage à la propriété. Avec les intérêts, cette somme grimpe même à 42 millions de francs.

Des squatteurs qualifiés de «privilégiés»

Ce lundi après-midi, relate «Le Courrier», l'un des anciens propriétaires de l'immeuble, Michael Schröder, était entendu par la justice. En 1998, il avait acquis les trois immeubles occupés par Rhino, pour environ 3 millions de francs. Cité par le quotidien, l'intéressé ne tarit pas d'éloges envers ceux qui ont occupé ses biens. Ce ne sont pas des «démocrates», ils sont «très bien organisés», «privilégiés », certains d'entre eux avaient même «des Porsche et des propriétés au bord du lac». Et ajoute: «Ils exploitaient deux commerces (ndlr: le Bistr’ok et la Cave 12) mais ne payaient pas de loyers et étaient subventionnés à hauteur de 40 000 francs par an.»

Combien a-t-il revendu ses biens ultérieurement? s'interroge la journaliste du «Courrier». «Il ne s’en souvient pas. Selon le registre foncier, le bien a été vendu pour 21 millions de francs», avance le quotidien. Michael Schröder parle d'une «mauvaise affaire», en regard des «agressions» qu'il estime avoir subies. «Ce fut un cauchemar.»

Du côté des anciens occupants du squat, ils sont quatre sur une centaine à avoir été convoqués par la justice. «On a pris les leaders, ceux dont on était sûr qu’ils étaient coupables jusqu’au bout des doigts», argumente Malek Adjadj. Ces derniers réfutent avoir été priés de quitter les lieux. Ancien porte-parole de l'association Rhino, Maurice Pier dit ne s'être entretenu qu'«une seule fois» avec Michael Schröder, où la question d'une vente ou d'une location de la moitié des immeubles avait été soulevée. «J’ai également le souvenir qu'il avait proposé aux habitants d’être relogés dans les immeubles après leur rénovation. Mais, à ma connaissance, aucun ancien habitant n’a été relogé.»

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