S’adapter aux risques

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La population suisse doit donner son aval pour être mise sur écoute! Voilà comment un opposant à la loi sur le renseignement (LRens) résumait la nouvelle donne soumise au vote, cette semaine, dans nos colonnes. La formule a l’avantage de concerner tout un chacun, mais elle est trompeuse.

Ce que la Confédération propose au peuple est d’autoriser son Service de renseignement (SRC) de passer de l’âge du papier à celui du numérique. Pour l’heure, le SRC peut par exemple écouter une conversation dans la rue, mais est conduit à interrompre son activité dès qu’elle se poursuit dans un appartement, par téléphone, sur Internet ou par le biais des réseaux sociaux. Fini le temps des fiches, jadis sans balises, s’ouvre une nouvelle page, digitale.

Mais il y a un malaise qui doit être pris en considération. Si une grande partie de la minorité politique (gauche et Verts) monte au front, c’est – bizarrement sans qu’elle l’exprime clairement – parce qu’elle craint de fournir un instrument puissant à la majorité pour cerner ses desseins, fussent-ils nobles. Il en va aussi ainsi des journalistes: un risque existe qu’on s’acharne à débusquer indûment des sources pour entraver une information d’intérêt général. A cela, les partisans de la loi avancent le triple contrôle qui sera exercé – judiciaire, politique et indépendant – avant d’actionner la touche espionnage.

La nécessité de s’adapter au temps, aux nouveaux risques, mérite qu’on approuve cette loi. D’autant que tous les innocents sont déjà traqués par Google & Big Brother. Mais on le fera sans enthousiasme. Et, quant à nous, en restant attentifs aux possibles abus. (TDG)

Créé: 16.09.2016, 22h38

Denis Etienne, Rédacteur en chef adjoint

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