Le préservatif, de la peur au plaisir

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En Suisse, la lutte contre le VIH est sur la bonne voie. Entre 2013 et 2018, l’incidence de la maladie a reculé de 30% pour passer à 425 nouveaux diagnostics déclarés l’an dernier à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Outre les trithérapies, on doit ce niveau exceptionnellement bas à la prévention, aux campagnes de dépistage, aux traitements précoces et à la prophylaxie préexposition. Au niveau international, on s’est fixé pour objectif qu’à l’horizon 2030 le VIH/sida ne soit plus une menace de santé publique. Ce qui nécessite de gros efforts, également en Suisse, notamment pour sensibiliser des groupes comme les jeunes homosexuels ou certaines communautés étrangères. Cela exige aussi d’appliquer les règles du safer sex, qui permettent au passage de réduire la transmission d’autres infections sexuellement transmissibles.


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Comment convaincre? Lorsqu’elle a débuté, l’épidémie de VIH/sida faisait très peur. C’était l’époque avant les trithérapies, celle de la bande dessinée «Jo», des films «Philadelphia» et «Les nuits fauves»… Ces temps sont dépassés, et c’est une formidable victoire!

Le préservatif, lui, reste d’actualité. Et c’est encore et toujours un défi, comme le montre une enquête présentée par l’OFSP. On y découvre que huit sondés sur dix trouvent les rapports sexuels avec un condom plus sûrs. Mais six sur dix jugent que ce mode de contraception les rend moins intenses.

«La prévention doit se réinventer pour que le préservatif devienne un réflexe fun lors de rapports occasionnels»

Tout l’enjeu est là: avec sa nouvelle campagne, la Confédération vise juste. La prévention doit se réinventer pour que le préservatif devienne un réflexe fun lors de rapports occasionnels. Les différences de sensations sont davantage d’ordre psychologique que physiologique. Pour les dépasser, il faudrait parvenir à intégrer le condom dans le déroulé du rapport comme un jeu plutôt que de le réduire au rang d’intrus, certes utile mais encombrant. Et rappeler que le fait d’être davantage en sécurité peut être un plaisir en soi.

Créé: 04.11.2019, 21h11

Caroline Zuercher, rubrique Suisse

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