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Le pari de tisser des liens entre aînés et étudiants

Des logements pour des retraités et des étudiants, un centre médical, une crèche, un restaurant… le nouveau complexe de l’Adret se dessine.

De g. à dr.: Régis Larue, Maria Bernasconi et Claude Dupanloup, trois acteurs clés du projet, ainsi que le conseiller d’État Mauro Poggia et le maire de Lancy, Damien Bonfanti.
De g. à dr.: Régis Larue, Maria Bernasconi et Claude Dupanloup, trois acteurs clés du projet, ainsi que le conseiller d’État Mauro Poggia et le maire de Lancy, Damien Bonfanti.
FRANK MENTHA

Misant sur le rassemblement d’aînés, de personnes polyhandicapées, de bambins en crèche et d’étudiants, le centre intergénérationnel Le Nouveau Prieuré avait été taxé de révolutionnaire.

Dix-huit mois après son inauguration sur le plateau de la Gradelle, ce pari prend un nouveau virage. Place à présent au complexe innovant de l’Adret, qui, «contrairement au Nouveau Prieuré, est conçu sur une seule entité réunissant toutes les générations», explique Claude Dupanloup, membre du comité de la Fondation communale pour le logement de personnes âgées (FCLPA), moteur de ce projet. Un projet propice à faire tomber toutes les barrières, selon lui.

D'ici à 2020

Estimée à 51 millions de francs, prix du terrain compris, la nouvelle structure doit émerger, d’ici à 2020, à l’entrée du futur quartier du Pont-Rouge, à Lancy, et de ses 1800 habitants attendus: un ensemble locatif de 150 logements, articulé autour de deux bâtiments de 5 et 7 étages, ouvert aux personnes en âge AVS et aux étudiants. «Nous voulons bâtir un lieu de vie harmonieux tourné vers l’extérieur pour combattre l’isolement», ambitionne Maria Bernasconi, présidente de la FCLPA. Recette de l’ancienne conseillère nationale socialiste: le développement d’activités et d’échanges entre générations. La présence d’une crèche, d’un restaurant, d’un salon lavoir et de locaux d’animations socioculturelles illustre parfaitement la dynamique d’ouverture souhaitée.

«Une journée historique»

«En consacrant un certain temps à leurs voisins âgés, les jeunes obtiennent un appartement à prix réduit», ajoute la présidente de la FCLPA. «Une société solidaire et conviviale exige d’autres manières de cohabiter, est d’avis Régis Larue, secrétaire de cette même fondation. Ces solutions dites intermédiaires sont aussi bien moins coûteuses pour la société.»

Vendredi, c’était l’heure de la pose de la première pierre. Réunis sur la terrasse du Centre de formation Pont-Rouge de la Fédération romande des métiers du bâtiment, les nombreux invités n’ont pas manqué de louer l’exemplarité de cette structure, proche des transports publics. Parmi eux, face aux grues du chantier de l’Adret, le conseiller d’État Mauro Poggia a même parlé «de journée historique dans le paysage social genevois car nous célébrons notre entrée dans la société de longue vie». Un slogan repris du titre d’un petit ouvrage, présenté vendredi également, qui accompagne le lancement du projet de l’Adret. Ses deux auteurs, Claude Dupanloup et Jean-Pierre Fragnière, qui en connaissent un rayon en matière de social, défendent un concept d’habitat évolutif. «On peut y entrer avec toute sa tête et toute sa mobilité, et pouvoir y rester jusqu’à sa fin de vie», résument-ils. Un aménagement flexible permet de faire face à l’évolution de sa santé: le mobilier de la cuisine et de la salle de bains peut, par exemple, facilement être adapté. Un groupe médical et un cabinet de physiothérapie figurent aussi dans le projet. «Il n’y a pas d’autonomie sans solidarité. De telles maisons de générations commencent à se construire partout en Suisse», se réjouit Jean-Pierre Fragnière, qui considère cette société de longue vie comme un cadeau.

Dérives institutionnelles

«C’est exactement le type de structure que l’on doit multiplier à l’avenir, considère Anne-Laure Repond, secrétaire générale de la Fédération genevoise des établissements médico-sociaux. Des structures légères qui permettent d’accompagner souplement l’avancée en âge de chacun d’entre nous.» Directeur des EMS de Lancy, Laurent Beausoleil est directement concerné par le concept de l’Adret: il enverra en effet ses équipes pour assurer les soins à domicile en cas de besoin. Avec une certitude: «Au nom d’une prise en charge efficace, nous dérivons parfois dans une institutionnalisation excessive des personnes et nous les isolons dans un environnement stigmatisant.» Associé à TRIBU Architecture SA, Alvaro Varela abonde: «Tout notre projet vise à favoriser la rencontre en prônant la sécurité et l’ouverture aux autres.»

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