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Crise migratoire«La Suisse ne respecte pas les droits de l'enfant»

Les organisations ont pointé les renvois de mineurs non accompagnés vers l'Italie.

Les gardes-frontière placés à la limite sud sont critiqués par les ONG.
Les gardes-frontière placés à la limite sud sont critiqués par les ONG.
Archives, Keystone

Des organisations non gouvernementales italienne et tessinoise ainsi qu'Amnesty International s'inquiètent du sort des mineurs non accompagnés à la frontière sud de la Suisse. Un grand nombre d'entre eux sont renvoyés en Italie.

«La Suisse ne respecte pas les droits des enfants et des jeunes à la frontière», a déclaré Denise Graf, spécialiste de l'asile à la Section suisse d'Amnesty International, mercredi devant les médias à Chiasso (TI).

Ces mineurs non accompagnés cherchaient, selon leurs dires, à entrer dans le pays pour des motifs de protection et pour rejoindre des membres de leur famille en Suisse ou dans d'autres Etats européens, selon Amnesty. En les renvoyant vers la Péninsule, les autorités helvétiques contreviennent à la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, a assuré l'ONG.

Amnesty demande que les personnes qui souhaitent déposer une demande d'asile à la frontière suisse soient orientées vers le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) pour une procédure préliminaire. Et ce même si la demande d'asile n'est déposée qu'à la deuxième ou troisième tentative d'entrée dans le pays.

Idem pour toutes les personnes sans document d'identité: elles devraient au moins avoir accès à une procédure préliminaire auprès du SEM suivie d'une décision formelle. L'organisation va contacter le Conseil fédéral à ce propos, a affirmé à l'ats Denise Graf.

Barrière linguistique

Une délégation d'Amnesty International s'est rendue à la mi-août dans la localité frontalière italienne, Côme. Elle y a interrogé une trentaine de jeunes réfugiés dans les campements près de la gare. L'ONG dit avoir consulté plusieurs dossiers de réfugiés refoulés. Elle s'est aussi entretenue avec des organisations d'entraide, des bénévoles et des représentants des autorités.

De sérieux problèmes de compréhension ont été constatés à la suite de ces entretiens: la plupart des migrants ne parlent ni anglais, ni une langue nationale. Il s'agit d'un aspect important, notamment lors du contact avec les gardes-frontières.

Selon Mme Graf, le taux de renvois vers l'Italie a brusquement grimpé ces derniers temps. Alors qu'entre décembre et juin, il atteignait 10%, le tableau a bien changé depuis début juillet: 63% des personnes interpellées à la frontière sud du pays ont été renvoyées vers la Péninsule.

Confrontés à des abus

De son côté, le corps des gardes-frontière a souligné mardi lors d'une conférence de presse que toutes les personnes arrêtées à la frontière, particulièrement les mineurs non accompagnés, sont traitées conformément à l'accord international et dans le respect des droits humains.

Le commandant des gardes-frontière Mauro Antonini a aussi fait remarquer que ses collaborateurs étaient régulièrement confrontés à des abus. «Certaines personnes ne demandent l'asile en Suisse qu'après leur troisième entrée sur le territoire», a-t-il expliqué. Dans certains cas, les candidats à l'asile déclinent une fausse identité et se désistent de la procédure au dernier moment.

ats

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