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«Ce Nobel de la Paix, c'est une joie immense»

Expert de l'ICAN et chercheur du GRIP à Genève, Jean-Marie Collin a participé aux négociations du traité d'interdiction des armes nucléaires signé cet été à l'ONU par 122 pays.

Beatrice Fihn, Directrice de International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN) célèbre avec son époux Will Fihm Ramsay (à droite) et Daniel Hogsta, coordinateur de l'ICAN, le prix Nobel de la Paix reçu ce vendredi.
Beatrice Fihn, Directrice de International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN) célèbre avec son époux Will Fihm Ramsay (à droite) et Daniel Hogsta, coordinateur de l'ICAN, le prix Nobel de la Paix reçu ce vendredi.
Reuters

«C'est une joie immense, indescriptible». Jean-Marie Colin, expert de l'ICAN (Campagne internationale pour l'interdiction des armes nucléaires) dont le siège est à Genève, a participé aux négociations qui ont abouti à la signature du traité d'interdiction des armes nucléaires, le 7 juillet dernier, par 122 pays. La Suisse n'a pas encore signé le texte. C'est ce traité et cette ONG qui ont été primés par le comité norvégien du Nobel de la Paix.

«C'est génial. cela va mettre en lumière ce traité décrié par les puissances nucléaires», s'exclame Jean-Marie Colin. Ils nous disaient que cela ne servirait à rien, que c'était symbolique. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, a même commenté ce vote au siège de l'ONU à New York, puis dans un communiqué, en qualifiant les signataires d'Etats irresponsables.» «Les irresponsables ne sont pas de notre côté», ajoute Jean-Marie Collin qui est aussi chercheur associé au Groupe de Recherche et d'Information sur la Paix et la sécurité à Genève.

«Cela montre comment les puissances nucléaires que sont les Etats-Unis, la Russie, l'Inde, le Pakistan, la France, etc jusqu'à la Corée du Nord, traitent par le mépris les pays qui ont renoncé à l'arme atomique ou qui n'en veulent pas. Ceux-là ont compris quel danger cela représente pour l'humanité et les risques que cela fait courir à la terre pour une simple erreur ou par accident», poursuit-il.

Pour lui, ce prix Nobel va mettre en lumière ce traité d'interdiction qui va ainsi prendre de la force. «Cela permettra d'aller plus loin, d'ouvrir un dialogue avec des pays qui n'ont pas encore signé ou qui bénéficient d'un parapluie nucléaire», poursuit le chercheur. En tant qu'expert de l'ICAN, il a travaillé aux deux sessions des Nations unies qui ont débouché sur une signature historique. Il explique que la démarche se voulait globale, intégrant des aspects comme la prise en compte des droits des victimes des essais nucléaires et aussi le droit à réparation pour l'environnement. «Les Etats qui ont signé avaient tous la volonté d'avancer. Aucun n'a cédé à d'éventuelles pressions pour ralentir le processus ou le faire capoter. C'est du bien être de l'humanité et de la sécurité internationale qu'il s'agit.»

Cette prestigieuse distinction devrait aussi apporter plus de moyens à cette coalition d’ONG qui fonctionne en grande partie avec des bénévoles. «Cela va aussi renforcer notre base militante», se réjouit Jean-Marie Collin, «car c’est une reconnaissance du travail effectué par des milliers de gens dans le monde». Surpris par ce prix? «On l’espérait un peu depuis 36 heures. On avait eu quelques bribes d’information. Mais on y croit que lorsque c’est fait, quand on pleure et qu’on crie parce que l’on a le prix, que l'annonce du Nobel de la Paix est faite par le comité.»

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