Ge/Servette réalise un premier week-end à moitié plein

Hockey sur glaceLa défaite contre Bienne ne ternit pas trop le bilan du premier week-end de championnat. Les Aigles sont d’attaque.

Malgré la défaite, le public a apprécié l’état d’esprit des Aigles et le jeu proposé pendant les trente premières minutes.

Malgré la défaite, le public a apprécié l’état d’esprit des Aigles et le jeu proposé pendant les trente premières minutes. Image: ERIC LAFARGUE

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Aux quatre coins du pays, on juge très sévèrement Ge/Servette. Dans les pronostics d’avant-saison, les spécialistes placent l’escouade de Pat Emond sous la barre. Il faut bien admettre que la période de présaison n’avait pas vraiment été rassurante. C’est donc avec une certaine impatience que les supporters grenat attendaient ce premier week-end de championnat. Pour prendre une première mesure du potentiel réel de cette équipe, sachant que les vérités de septembre sont rarement celles de la fin de l’hiver.

Le résultat, au-delà des résultats bruts, est plutôt encourageant. On peut même affirmer que Ge/Servette a réussi un premier week-end à moitié plein. «À Langnau, on est venu fort et on a tenu tout le match, analyse Pat Emond. Contre Bienne, on est bien sorti également avant de connaître un relâchement coupable lors du deuxième tiers. Ça nous a fait mal et on a fini par le payer sur la fin. C’est bien sûr très dommage d’avoir laissé filer des points. Mais ce que je veux surtout retenir, c’est que malgré la défaite, on a été en position de gagner ce match. Et ça, pour un entraîneur, c’est essentiel.»

Rien ne sera simple

Pendant une bonne trentaine de minutes, le très (trop) maigre public des Vernets a eu droit à un échantillon de ce que veulent proposer les Aigles cette saison. Un jeu moderne, direct, avec un soin particulier apporté aux sorties de zone. Un projet de jeu ambitieux qui fait souffler un vent de fraîcheur dans une patinoire qui sort d’une quinzaine d’années teintées de «McSorlisme».

Un projet qui permet à une belle brochette de jeunes talents de saisir le puck au bond et de jouer sans complexe. «Il y a de la frustration ce soir, c’est certain, témoigne Floran Douay qui a été mis sous enquête dimanche pour une charge à la tête de Mike Künzle. Mais on va aussi retenir que, sur ce week-end, on a démontré à tout le monde qu’on ne doit craindre personne. On ne devra juste plus répéter notre prestation du deuxième tiers. Si on joue sur un patin parce qu’on imagine que ça va être facile, on va très vite comprendre que ce ne sera justement pas le cas.»

Il est déjà évident que la saison des Aigles sera faite de hauts et de bas. Qu’il y aura des débats dans les débits de boissons. On remettra en cause le coach. Le gardien. Les jeunes. La fondation, trop pingre pour donner des contrats de trois ans à des danseuses. Le président du club, Laurent Strawson, trop bavard lorsqu’on lui tend un micro. Le concierge des Vernets. Il y aura bien quelques hurluberlus – ils sont tout de même de moins en moins nombreux – pour réclamer le retour de Chris McSorley sur le banc.

Alignement de planètes

Il faut espérer que ces turbulences seront appréhendées avec suffisamment de clairvoyance. Tant par le public que par les dirigeants. En deux matches, Pat Emond a démontré qu’il était capable d’imposer sa patte en composant des lignes très équilibrées au gré des aléas (suspension de Rod, blessure de Richard). «Notre objectif est de nous donner les moyens de gagner chaque match, dit le nouveau coach des Aigles… C’est ce que nous avons réussi sur ce premier week-end et c’est donc plutôt satisfaisant.»

Le coach sait très bien qu’il faut que les planètes s’alignent pour que son Ge/Servette ait du succès. Il a besoin d’un gardien dominant. Robert Mayer est reparti sur les mêmes bases que durant les play-off. Il a besoin d’étrangers décisifs. Henrik Tömmernes, Eric Fehr, Daniel Winnik et Tommy Wingels ont été impliqués à tour de rôle sur tous les buts grenat. Il doit aussi pouvoir compter sur l’émergence de certains joueurs suisses. À commencer par Guillaume Maillard, qui doit absolument régler la mire, et par Noah Rod, qui doit régler sa fougue.

Une recette assez simple pour remplir complètement son verre et trinquer à la santé de ses détracteurs.


Le Letton Smirnovs donne le ton

«S’il n’avait pas été considéré comme étranger jusque-là, il aurait déjà quelques matches de ligue nationale dans les jambes depuis un bout de temps!» Pat Emond apprécie le début de saison de Deniss Smirnovs. Le jeune homme a fait des débuts tonitruants dans l’élite. En deux matches, son sens de la passe et du but a fait sensation, tant à l’Ilfis de Langnau qu’aux Vernets. Quand le Letton donne le ton, c’est tout le public qui s’enflamme, comme lorsqu’il délivre une merveille de passe à Tommy Wingels. Lorsque Smirnovs faisait les beaux jours des juniors de Ge/Servette, son coach était un certain Pat Emond. Ensemble, ils ont soulevé deux coupes de champion. Le coach ne tarit pas d’éloges sur son protégé, qui a enfin reçu sa licence suisse de jeu. Après cinq ans chez les juniors, où il a tranquillement mûri au sein de l’académie de Ge/Servette, loin des radars de la NHL, il était temps. «Je ne suis pas surpris par ce que réalise Deniss, car c’est un joueur intelligent. Il fera rarement un mauvais choix qui le placerait dans une situation dangereuse. Il est actuellement dans une bonne dynamique pour le bien de toute l’équipe. Je n’ai donc pas peur de lui donner de grosses responsabilités.» G.SZ

Créé: 15.09.2019, 18h30

Ge/Servette - Bienne 2-4 (2-1 0-0 0-3)

Les Vernets, 5331 spectateurs.

Arbitres: MM. Stricker, Tscherrig; Kovacs et Wolf.

Buts: 9e Wingels (Smirnovs, Tömmernes/5 c 4) 1-0. 12e Rathgeb (Pouliot, Tschantré/5 c 4) 1-1. 19e Fehr (Wingels, Tömmernes/5 c 4) 2-1. 48e Rajala (Schneider, Pouliot) 2-2. 49e Cunti (Ulmer Künzle) 2-3. 60e Rajala (Tschantré/5c6, but vide).

Ge/Servette: Mayer; Jacquemet, Tömmernes; Karrer, Maurer; Völlmin, Mercier; Le Coultre; Wingels, Smirnovs, Winnik; Wick, Fehr, Maillard; Douay, Kast, Bozon; Fritsche, Berthon, Miranda; Simek. Entraîneur: Emond.

Bienne: Paupe; Moser, Kreis; Rathgeb, Forster; Salmela, Sataric; Fey; Tschantré, Pouliot, Rajala; Schneider, Cunti, Künzle; Ulmer, Neuenschwander, Lüthi; Karaffa, Tanner, Wuest. Entraîneur: Törmänen.

Notes: Ge/Servette sans Antonietti ni Richard (blessés), Rod (suspendu), Guebey, Charlin, A. Riat ni Smons (prêté à Sierre). Bienne sans D. Riat (camp de Washington), Kohler, Fuchs, Gustafsson, Hügli ni Brunner (blessés).

Pénalités: 3 x 2’ contre Ge/Servette; 6 x 2’ contre Bienne.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Jocelyne Haller refuse son élection
Plus...