GC sacrifie Yakin, qui devait symboliser son renouveau

FootballDésormais en mauvaise posture, le club zurichois paie au prix fort la lutte de pouvoir qui, en coulisses, n’en finit pas.

Murat Yakin aime le pouvoir. Avec Grasshopper, il est peut-être allé un peu trop loin.

Murat Yakin aime le pouvoir. Avec Grasshopper, il est peut-être allé un peu trop loin. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Alors que le titre paraît promis aux Young Boys, la situation est loin de se décanter dans la seconde moitié du classement de Super League, où pas moins de cinq équipes sont désormais concernées par la lutte contre la relégation: Sion (28 points), Lugano (31), Lausanne (31), Thoune (31), ainsi qu’une sorte d’invité surprise qui a pour nom Grasshopper (32). Mardi, le club zurichois a pris une décision forte en se séparant de Murat Yakin, un entraîneur qui devait pourtant symboliser le renouveau des Sauterelles.

En fait, la séparation d’avec Yakin ne traduit pas simplement la crainte – fondée – d’une dégringolade sportive. Elle dit aussi l’instabilité chronique qui caractérise la direction du club depuis plus de dix ans. Laquelle ferait presque oublier que Grasshopper n’est pas le premier venu, mais bel et bien l’un des clubs les plus glorieux dans l’histoire du football de ce pays, avec pas moins de 27 titres (le dernier en 2003), assortis de 19 victoires en finale de la Coupe de Suisse. GC fut aussi synonyme de première participation suisse à une phase de poule de la Ligue des champions. C’était en 1995, avec Christian Gross comme coach.

Depuis qu’il a quitté le Hardturm (2007), Grasshopper semble vivre en permanence un douloureux exil. Mais plus encore que l’hypothétique construction d’un nouveau stade, ce sont bel et bien les querelles de pouvoir qui ont miné son redéploiement sur la scène nationale. Président depuis 2014, Stephan Anliker n’en finit pas de mesurer la complexité de la situation. Malgré les mesures prises l’automne dernier pour réunir un actionnariat jusque-là divisé en trois parts principales de 30% pour Heinz Spross, Peter Stüber et Anliker, l’architecte bernois n’a pas pu effacer une lutte de pouvoir qui fait des ravages.

D’un côté, on trouve en effet Spross, soutien financier de longue date de GC, Stüber, ainsi que Roland Klein, nommé vice-président mais récemment suspendu de ses fonctions par Anliker. Et dans le même camp, mais dans l’ombre, l’increvable Erich Vogel (79 ans), dont Murat Yakin est le protégé. De l’autre côté, le clan Anliker, avec le CEO Manuel Huber et le directeur sportif Mathias Walther. Difficile, dans ces conditions, de redonner au club un peu de son lustre d’antan. D’autant plus qu’un déficit structurel important (8 millions sur un budget de 20 en 2017) vient plomber les finances.

Fin août 2017, intronisant Murat Yakin, Stephan Anliker pensait avoir trouvé l’homme qui pourrait faire l’unanimité et forcer la nouvelle destinée sportive des Sauterelles. Solide jusqu’à la pause d’hiver, Grasshopper a pourtant implosé dès janvier, ne prenant que 8 points en 9 matches depuis la reprise. En cause, d’une part les choix du nouvel entraîneur, qui a décidé de faire le ménage dans l’équipe, d’autre part son attitude vis-à-vis de certains joueurs, qui s’est très vite retournée contre lui.

Les mots de Vilotic

Lika, Taipi, Kapic, Rhyner ou encore Kodro, aucun de ces éléments n’a justifié sur la pelouse le forcing de Murat Yakin. Écartés, l’Islandais Sigurjonsson (parti à Saint-Gall) et le Serbe Vilotic (renvoyé avec l’équipe M21 jusqu’au terme de la saison) ne se sont pas gênés pour faire connaître leur rancœur. «Si tu ne respectes pas les joueurs, ils ne te respecteront pas non plus», a écrit l’ancien capitaine à l’adresse de son coach. Murat Yakin est sans doute un bon entraîneur. Comme le prouvent ses passages à Thoune, à Bâle (avec lequel il fut deux fois champion) ou encore à Schaffhouse. Mais là, il est peut-être allé trop loin dans l’exercice du pouvoir. Et aujourd’hui, Grasshopper est redevenu vulnérable. (nxp)

Créé: 10.04.2018, 19h28

Un jeune Espagnol pour sauver Lugano

Un petit vent de panique souffle sur la Super League. Jamais la lutte pour éviter la 10e place, synonyme de relégation, n’a concerné autant d’équipes. Et ainsi mis à l’épreuve les nerfs des dirigeants. Cinq clubs ont changé d’entraîneur en cours de route: Sion bien sûr (Gabri pour Tramezzani, puis Jacobacci pour Gabri), Zurich (Magnin pour Forte), Lucerne (Seoane pour Babbel), et puis, ces dernières heures, GC (le directeur sportif Mathias Walther assurera l’intérim) et Lugano.

L’équipe tessinoise a un étrange parcours en 2018, avec trois victoires consécutives, suivies de… six défaites à la suite. Dimanche soir, Pierluigi Tami avait laissé entendre qu’il n’irait pas au bout de son contrat. Quelques heures plus tard, le président Angelo Renzetti tranchait. Il est vrai que la relation entre les deux hommes était plus que difficile depuis plusieurs mois déjà.

En confiant à Guillermo Abascal la mission de sauver l’équipe, Lugano prend sans doute un risque. À 28 ans seulement, l’Espagnol vient lui-même de se faire virer de Chiasso voilà une semaine. Arrivé en Suisse en provenance du FC Séville, il ne s’était jusque-là occupé que de formation. Dès samedi, un certain Lugano - Thoune donnera une tendance intéressante pour la suite.

Ce contexte de fragilité généralisée représente sans doute une chance pour le LS. Mais il ne le dispensera pas de faire encore pas mal de points pour assurer son maintien.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.