Federer retrouve Raonic: électricité dans l’air et odeur de revanche à Wimbledon

TennisDouze mois après être tombé sous les coups du Canadien, le «Maître» peut laver l’affront tout à l’heure. Quel choc!

Douze mois après avoir déboulonné Roger Federer à Wimbledon, le Canadien Milos Raonic, 26 ans, rêve plus que jamais d’un titre du Grand Chelem. Et le chemin passe par un nouveau choc avec le Bâlois.

Douze mois après avoir déboulonné Roger Federer à Wimbledon, le Canadien Milos Raonic, 26 ans, rêve plus que jamais d’un titre du Grand Chelem. Et le chemin passe par un nouveau choc avec le Bâlois. Image: Keystone

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Roger Federer étalé de tout son long au cœur du Centre Court, le nez plongé dans le gazon et le genou meurtri. Avec, dressé quelques mètres devant lui, de l’autre côté du filet, Milos Raonic qui le toise, sourire en coin; l’image est restée gravée dans les mémoires et dans l’histoire. C’était il y a un an. Le géant canadien avait alors pris un malin plaisir à déboulonner l’icône en demi-finale de Wimbledon. Le tapis vert en avait été tout retourné. Et voilà que, ce mercredi, les deux hommes se retrouvent un tour plus tôt qu’en 2016 certes, mais dans une affiche sur laquelle plane la même odeur de soufre. Il y a de la revanche dans l’air. De l’électricité, aussi. «Qui sait ce qui aurait pu se passer si je l’avais battu voici douze mois?» (se) demandait le Bâlois lundi soir.

Malgré les regrets de l’époque, nul besoin de vouloir reprendre le scénario à zéro. Le septuple lauréat en a un autre à écrire avec la ferme intention d’assommer cette fois-ci le «Bigfoot» de Vancouver. «Je suis dans une meilleure forme qu’il y a un an, fait-il remarquer. Je n’ai pas à devoir composer avec des soucis physiques. Je peux me concentrer pleinement sur moi, sur mon tennis. Milos est le genre de joueur contre lequel ce n’est pas drôle de jouer, mais je sens que cette partie sera intéressante.»

«Il va gagner le tournoi!»

Pas besoin de vous faire un dessin: Federer a les crocs et son appétit ne fait qu’augmenter au fil des tours, qu’il a jusqu’ici passés sans encombre. Son jeu se met gentiment mais très sûrement en place. «Roger a été d’une extrême solidité dans ce tournoi, analyse Wayne Ferreira, No 6 ATP dans les années 90, croisé dans les allées londoniennes. Il ne cesse de monter en puissance. La performance qu’il a livrée en huitième de finale contre Grigor Dimitrov a été d’une justesse absolue. A mes yeux, il se rapproche du niveau qu’il avait à l’Open d’Australie.»

Comparaison n’est pas raison, mais à en croire l’ancien joueur sud-africain, «RF» ne désertera pas Church Road à l’issue de son bras de fer avec le bombardier d’outre-Atlantique. «Si Federer sert aussi bien que depuis le début de la quinzaine et qu’il parvient à serrer le jeu sur les engagements adverses, il passera forcément l’épaule à un moment ou à un autre. Pour être franc, je pense même qu’il gagnera ce tournoi.»

Voilà qui a le mérite d’être clair! L’ennui, c’est que John McEnroe dit pareil de… Raonic, son ancien protégé. «Ça peut clairement être l’année de Milos, suggère «Big Mac». On sait qu’il a les armes pour briller sur gazon, mais il a désormais l’expérience de sa finale de la saison passée. Pour moi, il est plus dangereux qu’en 2016.» Le Canadien confirme que son tennis est plus solide que lorsqu’il avait poussé Federer à mordre le gazon. «Oui, je suis un joueur plus complet avec des coups qui se sont encore améliorés, mais il me manque le rythme et la constance du dernier Wimbledon.»

Parce que ses ischio-jambiers l’ont beaucoup enquiquiné au printemps, l’actuel No 7 ATP se dit encore «en dedans». Il n’en est d’ailleurs plus à tirer des plans sur la comète. «Je prends dorénavant les choses les unes après les autres, jure-t-il. Pour avoir beaucoup appris de ce que j’ai traversé ces derniers mois avec ces pépins qui ont freiné ma progression, je ne veux plus me projeter. Puis-je gagner le tournoi? Franchement, ce n’est pas à moi de le dire. J’essaie juste de contrôler ce que je peux, soit ma préparation, mon approche des matches et les choses qui sortent de ma raquette…»

Le plan de Roger dévoilé

Et ce qu’il dégaine de sa Wilson, c’est avant tout un service de plomb mais, contrairement aux idées reçues, le jeu de Raonic ne se cantonne pas à une lourde mise en jeu. Son coup droit peut faire des dégâts et ses progrès à la volée sont considérables. «C’est un joueur qu’il ne faut surtout pas laisser entrer dans le terrain, car il est difficile à bouger et peut vous mettre loin de la balle en trois coups de raquette, soutient Gilles Simon. Il ne faut pas laisser à Milos le soin de dicter son schéma.»

Avec l’expérience de ses 35 ans et de ses 18 couronnes du Grand Chelem, Roger Federer sait ce qu’il lui reste à faire. «Mettre de l’intensité, être performant au service, éviter les mauvais choix et me montrer très agressif en retour», détaille-t-il, affamé.

Pas de doute: le «Maître» ne verrait pas d’un mauvais œil de pouvoir faire découvrir au Canadien le goût du gazon du Centre Court…


Muller: après l’exploit…

Gilles Muller (34 ans) est donc comme le bon vin. Plus il avance en âge, plus il se bonifie. Ce n’est de fait pas un hasard, encore moins un coup de bol, si le Luxembourgeois a cueilli Rafael Nadal comme un fruit mûr, lundi. Plus que jamais, sa patte gauche fait mal et sa confiance est au top. Inspiré et offensif, le vainqueur de l’US Open junior en 2001 pratique le meilleur tennis de sa carrière, sans toutefois qu’il n’en soit surpris.

«Ces dernières saisons, plusieurs ennuis physiques m’avaient empêché de m’exprimer pleinement», rappelle-t-il. Et cela a été à la fois sa chance et son malheur. «Puisque je ne pouvais plus toucher la raquette en raison de mes problèmes au coude, je me suis mis à bosser comme un dingue physiquement», précise-t-il. Sa «caisse» athlétique s’en est évidemment trouvée améliorée et, une fois sa blessure derrière lui, Muller est revenu dans la peau d’un joueur plus complet et plus sûr de lui. «J’ai une énorme confiance en moi depuis mon retour, en 2014. C’est la clé de ma réussite.»

Une réussite qui pourrait lui ouvrir d’autres portes qu’un «simple» quart de Wimbledon. A condition de piéger un Marin Cilic qui se profile comme le vrai favori du haut du tableau. «Mais je ne veux pas trop penser à ce match avant de le jouer, glisse «Gilou». J’ai récemment perdu contre lui au Queen’s mais ce fut serré (ndlr: 3-6, 7-5, 4-6). Nous sommes tous deux en forme. On verra…»

Une chose est sûre: à la cool, Gilles Muller se fera sûrement des… sushis – son rituel de Wimbledon – pour préparer ce rendez-vous. Avec l’obsession de le gagner. Car quand on est comme le bon vin, on aspire forcément à transformer un tournoi en grande cuvée. A.CE.

Créé: 11.07.2017, 21h54

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