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Vote électroniqueL'e-voting jugé pas encore assez sûr

La possibilité de voter avec son smartphone ou un PC est largement saluée par les partis qui appellent à des essais supplémentaires pour davantage de sécurité.

Le vote électronique correspond à un besoin des Suisses.
Le vote électronique correspond à un besoin des Suisses.
archive/photo d'illustration, Keystone

La majorité des partis et des organisations estiment que le vote électronique n'offre pas encore assez de sécurité.

Après quelque 300 essais en 15 ans, le Conseil fédéral veut introduire le vote électronique comme troisième moyen pour les citoyens de s'exprimer lors d'un scrutin, à côté de l'urne et du vote par correspondance. La loi sur les droits politiques doit être adaptée en conséquence.

Le projet rencontre beaucoup de compréhension, d'après les réponses à la consultation qui s'est terminée mardi. Notamment parce que le vote électronique correspond à un besoin pour les Suisses de l'étranger ou parce qu'il permet aux personnes avec un handicap de pouvoir exprimer leurs voix plus facilement. Cependant, même ceux qui sont fondamentalement favorables au e-voting se montrent pour l'heure sceptiques.

Sécurité d'abord

Ainsi, malgré leur ouverture à la voie numérique, le PS, le PLR, le PDC, les Verts, les Vert'libéraux et le PBD accordent la priorité à la sécurité. Or une des solutions actuellement à disposition n'offre pas toutes les garanties dans ce domaine, relève notamment le PLR en référence au projet de La Poste qui a subi des tests d'intrusion publique via 3000 hackers en février et mars dernier, révélant des failles critiques.

Il est donc trop tôt pour instituer l'e-voting, affirment le PLR et le PBD, favorables à la poursuite des tests. Le PDC appelle à la prudence, en regard notamment de son initiative sur la pénalisation du mariage récemment annulée, qui avait été rejetée avec un écart infime. La sécurité doit être d'autant plus élevée que le résultat est serré.

Pas plus de participation

Sur la même longueur d'onde, le PS souligne que le projet doit encore être amélioré. En particulier s'agissant de la sécurité des données, du rôle de l'Etat, du sérieux et de la traçabilité du résultat du vote. A noter qu'une initiative populaire lancée en mars exige un moratoire sur l'introduction du vote électronique.

C'est l'UDC qui se montre la plus réfractaire à l'e-voting: un système qui est cher, pas sûr et qui met en danger la démocratie parce qu'il offre aux criminels de nouvelles possibilités de manipulation, écrit le parti dans sa réponse, exigeant d'interrompre purement et simplement le projet. PVL et PS rejoignent en outre l'UDC pour prétendre que le vote électronique n'augmentera pas la participation aux scrutins.

Des voix favorables

Autre son de cloche du côté des Suisses de l'étranger qui étaient, selon leur organisation, 172'100 inscrits en mars 2018 sur les registres électoraux. Faisant référence à la loi de 2015, ils rappellent qu'ils ne doivent pas être discriminés lors de votations ou d'élections.

Selon eux, c'est dans le cadre des procédures d'autorisation prévues qu'il s'agit de tenir compte de la revendication selon laquelle la sécurité prime sur la vitesse. Autre partie à soutenir le projet du Conseil fédéral, La Poste, même si son système d'e-voting ne sera pas disponible lors des votations du 19 mai, après les failles critiques récemment rendues publiques.

Les cantons aussi se rangent derrière le projet fédéral. La Conférence des gouvernements cantonaux parle d'un besoin de la population et mentionne les hautes exigences de sécurité requises pour l'e-voting.

Les cantons saluent en particulier le fait qu'ils peuvent décider eux-mêmes si et quand ils veulent mettre à disposition l'urne électronique. Et la conférence de rappeler que dix d'entre eux l'appliquent déjà.

ats

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