Des pannes d’ascenseurs sèment la zizanie au Seujet

Ras-le-bolL’immeuble héberge une crèche au 13e étage et des personnes à mobilité réduite. Les usagers n’en peuvent plus.

Vincent Milliard, vice-président du comité de la crèche du Seujet devant l'ascenseur en panne.

Vincent Milliard, vice-président du comité de la crèche du Seujet devant l'ascenseur en panne. Image: Laurent Guiraud

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Jusqu’à trente minutes d’attente et des files de personnes agacées qui s’allongent dans les couloirs. À certaines heures de la journée, prendre l’ascenseur au numéro 34 du quai du Seujet vire au cauchemar. Sur les trois appareils que compte l’allée, un est hors service depuis plusieurs semaines et les deux autres tombent à tour de rôle en panne. En mai, les usagers ont envoyé un courrier muni de 161 signatures à la Ville de Genève, propriétaire de l’immeuble, pour dénoncer la situation et demander des mesures. Rien n’a changé depuis. Interpellé sur le sujet, Rémy Pagani, magistrat chargé des travaux, assure que les pièces ont été commandées.

Si les ascenseurs peuvent paraître superflus dans certains bâtiments, ce n’est pas le cas dans cette allée du Seujet. Avec une crèche installée au 13e étage de l’immeuble, une école spécialisée au 3e et de nombreux habitants à mobilité réduite, les trois appareils sont fortement sollicités. Autant dire que les dysfonctionnements subis depuis plusieurs mois apportent leur lot de tensions entre les usagers. «J’ai été plusieurs fois houspillée parce que j’avais une poussette et que je prenais toute la place», confie Cristina Figueroa, habitante et membre du comité de la crèche. Guislaine Lejeune-Buchschacher, infirmière dans l’immeuble, confirme: «C’est une horreur, nous attendons vraiment longtemps! Des patients mettent beaucoup de temps à venir me voir et une dame n’a pas pu se faire livrer son nouveau lit. Cela devient infernal!» Les problèmes ne datent pas d’hier. «À ma connaissance, cela fait au moins cinq ans qu’il y a régulièrement des pannes», note Vincent Milliard, vice-président du comité de la crèche. En août dernier, la responsable de la crèche du Seujet, Marcelline Galland Theler, envoyait déjà un mail à ce sujet à la Ville évoquant «des plaintes quotidiennes de parents».

«C’est devenu une psychose»

Les choses se sont encore gâtées cet hiver. Le grand ascenseur, le plus utilisé, a commencé à «décrocher» régulièrement. «Lorsque nous appuyions sur le 13, il faisait un soubresaut et nous emmenait au deuxième sous-sol», se souviennent Cristina Figueroa et Vincent Milliard. Au cours des douze derniers mois, la responsable de la crèche a régulièrement alerté les autorités. Des groupes d’enfants se sont retrouvés plusieurs fois coincés dans l’ascenseur entre deux étages, parfois jusqu’à dix minutes. «Certains ont alors commencé à faire des cauchemars et à ne plus vouloir monter dedans, c’est devenu une psychose», relate Marcelline Galland Theler. Le grand ascenseur a finalement été fermé en mai.

Quant aux deux autres, leur petite taille ne permet d’accueillir qu’une seule personne en fauteuil, une poussette ou un chariot de repas pour la crèche. L’attente du monte-charge le lundi matin peut ainsi facilement virer à la foire d’empoigne. «Tout le monde est énervé», observe Cristina Figueroa. «Et comme nous attendons longtemps, lorsque les ascenseurs sont là, nous dépassons leur capacité maximale de charge, ce qui contribue certainement à les faire dysfonctionner», note Guislaine Lejeune-Buchschacher.

Réparation en août

Comment expliquer que la situation dégénère à ce point dans un immeuble de la Ville? «Nous n’avons pas le droit de toucher aux infrastructures telles que les ascenseurs, la chaufferie ou les façades», précise Valentina Wenger, porte-parole du Département des finances et du logement, qui chapeaute la Gérance immobilière municipale. Elle renvoie donc la balle au Département des constructions et des travaux.

Directeur du patrimoine bâti de la Ville, Philippe Meylan assure que tout a été réalisé dans les temps: «Lorsque nous recevons une plainte, nous alertons systématiquement Otis (nldr: le fabricant d’ascenseurs). Les gens ne se rendent pas toujours compte de tout ce que nous faisons.» Comment expliquer alors que les problèmes perdurent? «Nous n’avons appris que récemment que le bloc frein ne pouvait plus être réparé, répond Philippe Meylan. Nous avons commandé la pièce mais comme elle est faite sur mesure, cela prend un certain temps. Elle sera livrée début août et l’ascenseur réparé dans les jours qui suivent.» Le département aurait-il dû mieux communiquer pour rassurer les usagers? «Pour bien communiquer, il faut dire des choses concrètes et nous n’avions pas forcément les éléments pour le faire. Cela étant, nous communiquerons mieux lors des opérations à venir.» Philippe Meylan annonce d’ores et déjà qu’un appel d’offres a été lancé pour changer les trois ascenseurs de l’allée.

Créé: 10.07.2019, 18h30

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