À Davos, quatre épouses genevoises se mobilisent

World Economic ForumÉpouses de leaders à Davos, elles sont décidées à changer l’image des femmes au WEF et dans le monde. D’une façon originale.

De gauche à droite: Marina de Planta, Seema Redha Janahi, Stéphanie Rada Zocco et Cynthia Odier

De gauche à droite: Marina de Planta, Seema Redha Janahi, Stéphanie Rada Zocco et Cynthia Odier Image: Pierre Ruetschi

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Elles sont quatre à avoir lancé le mouvement à Davos. Toutes résidentes genevoises. Des «femmes de» comme elles sont parfois appelées avec un rien de condescendance. Ce mercredi midi, elles avaient rendez-vous à l’Hotel Europa sur le Boulevard de la Promenade de Davos pour leur traditionnel lunch du WEF. Stéphanie Rada Zocco, Radha Janahi Seema, Marina de Planta et Cynthia Odier le concèdent volontiers: elles sont privilégiées, même si elles sont fatiguées du label de «femmes de». Pas d’acrimonie donc mais le constat simple que les femmes ne constituent que 20% des délégués participants au Forum mondial. Quant aux épouses, elles sont confinées à de lointains seconds rôles. Alors elles ont décidé de saisir l’opportunité de leur statut spécial pour défendre les valeurs propres aux femmes. Et Davos constitue une excellente plateforme pour cela.

Voilà huit ans, Stéphanie a lancé le premier lunch des femmes dans la station grisonne. Il était ouvert à toutes. Aujourd’hui, elles ont des vues qui dépassent de très loin ce déjeuner qui chaque année révèle les parcours passionnants de ces dames de Davos. «Nos compétences sont sous-utilisées et pas vraiment reconnues», affirment-elles en chœur. Alors, elles lancent aujourd’hui ce qu’elles appellent le Défi de Sophie, tiré d’un projet artistique de Flux Laboratory à Carouge. Les compétences des femmes sont différentes de celles des leaders mâles. «Définissons-les, échangeons avec des femmes de toutes origines et diffusons-les.» Telle est l’ambition de cette toute jeune association du Défi de Sophie. «Nous voulons lors d’une prochaine édition du WEF avoir notre place dans la grande salle de conférence du WEF, sur le podium. Pourquoi pas?», lance sourire en coin Stéphanie Rada Zoccho, Americano-italienne de Genève. En ces temps disruptifs et de changements sociétaux majeurs, l’audacieux quarteron estime qu’il est temps de «changer l’image de la femme qui a prévalu au XXe siècle».

Le message sera diffusé grâce à des billets de banque très particuliers. Ils ont été émis à raison de 50 exemplaires par la Banque Nationale suisse, puis perforés d’innombrables trous par cette même BNS. Les femmes de Davos mettront ces billets en circulation pour transmettre leurs valeurs et recueillir celles des femmes d’ailleurs. L’idée de cette curieuse coupure imprimée par la BNS a germé dans la tête de Cynthia Odier: «J’ai entrepris cette démarche parce que j’étais indignée lorsque la BNS a retiré en 2016 le seul billet de banque suisse sur lequel figurait une femme: Sophie Taeuber, une peintre suisse participant au mouvement dadaïste.» Coïncidence, L’artiste est née en 1889 à Davos. Les liens, bien que ténus, entre les dames de Davos, les valeurs propres aux femmes (symboliquement perdues avec le retrait de la coupure de 50 francs) et le WEF, étaient noués. Marina de Planta reconnaît la complexité du message et de la démarche. Pour mieux revenir à l’essentiel: partager nos valeurs et reconnaître l’apport de femmes aux parcours souvent extraordinaires mais méconnus.

Le mouvement ainsi lancé se veut optimiste et constructif. Pas de frustration face à un probable machisme davosien. Il faut simplement saisir la chance qui nous est offerte à Davos, explique Marina de Planta. C'est ce qu'a fait la fondatrice de Flux Laboratory en créant son propre billet de banque avec l’aide improbable de la BNS. Cynthia Odier ne cache pas que sans ses relations dans le milieu bancaire, l’expérience artistique n’aurait pas abouti.

Créé: 25.01.2018, 08h53

Un WEF très macho, mais qui se soigne

Le WEF 2018 a mis la valorisation des femmes à son agenda et consacre plusieurs séminaires quotidiens à la question de l’inégalité entre sexes. Est-ce une feuille de vigne pour un Davos dominé par les mâles? Seuls 21% des délégués au WEF sont féminins. Un rapport qui illustre bien la difficile ascension des femmes dans l’économie globale. Selon une étude du WEF, il faudra 217 ans à ce rythme pour que les femmes soient les égales des hommes en affaires et direction. Toutefois, le mouvement pourrait sensiblement s’accélérer avec les mesures de plus en plus déterminées par quelques entreprises modèles.

Une petite note encourageante et très pragmatique est donnée par les organisateurs d'un petit-déjeuner consacré à cette thématique: il y a quatre ans, les hommes participant à ce séminaire ne représentaient que 10%. Aujourd’hui, ils sont 40%. L’égalité des sexes au sommet ferait donc son chemin sur les hauteurs de Davos. À vérifier, l’an prochain.

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