Cœur: de la valeur des premiers secours

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Le nombre d’accidents de la route a baissé depuis l’introduction, en 1977, des cours de premiers secours comme préalable au permis de conduire. Fort de ce constat, les offices cantonaux de la circulation veulent l’abrogation de l’obligation de suivre ces cours. Leur vrai motif tient sans doute plus à la simplification bureaucratique que l’abrogation permettrait, tant d’ailleurs pour l’administration publique que pour les Samaritains, régulièrement appelés à fournir des duplicatas d’attestations et tenus de garder des archives sur six ans pour tous leurs élèves.

Mais la question posée par ce souhait abolitionniste porte sur le rôle des premiers secours et leur valeur pour la collectivité. Il est significatif que le Bureau pour la prévention des accidents, le BPA, s’oppose sur ce point aux offices de la circulation. Les premiers secours sauvent des vies, au point que le Valais et le Tessin ont créé un dispositif qui permet au 144 d’appeler des secouristes volontaires lorsqu’un accident, automobile, domestique ou cardiaque, survient à proximité de là où ils se trouvent. Beaucoup d’entreprises l’ont également compris et forment leur personnel aux soins d’urgence.

Dans sa réponse à la motion 2164, en février dernier, le Conseil d’Etat genevois souligne que les chances de survie et d’absence de séquelles des victimes d’accidents cardio-respiratoires sont meilleures si elles sont immédiatement prises en charge par un secouriste. On compte environ 340 arrêts cardiaques par an à Genève, dont 95% ont lieu à domicile ou dans la rue. Les premiers secours reposent largement sur le bénévolat. On devient secouriste par choix, sur son temps libre. Comme pour tout mouvement associatif, la question du recrutement se pose de manière récurrente. Les cours de sauveteur liés au permis de conduire sont une voie d’entrée importante vers un engagement samaritain.

Ces deux raisons plaident pour un enseignement large des premiers secours. Genève délivre 7000 permis de conduire par an, pour un total d’environ 80 000 en Suisse. Les 18-25 ans sont ainsi largement touchés, et la société dans son ensemble en bénéficie. Comment compenser la perte de savoir qu’entraînerait la suppression de l’obligation liée au permis de conduire? A travers une formation plus précoce qui passerait par l’école, par exemple. A Genève aujourd’hui, les élèves de 10e année (14-15 ans) reçoivent une sensibilisation donnée par les maîtres de sport. Dans sa réponse à la motion 2164, le Conseil d’Etat évoque l’intégration des premiers secours dans les plans d’étude scolaires. La limite de cette approche, ce sont les 26 systèmes scolaires différents en Suisse, les agendas scolaires déjà chargés et, pour Genève, les difficultés budgétaires de l’Etat. Au moins la démarche des offices de la circulation a-t-elle le mérite de poser la question des premiers secours dans le monde contemporain. Il y a quarante ans, la Suisse était pionnière en imposant les cours de sauveteur en lien avec le permis de conduire. Le sera-t-elle encore demain?

NB: samedi 7 octobre, de 9 h à 18 h, les Samaritains de Genève seront présents à Balexert dans le cadre du Marathon de la réanimation. (TDG)

Créé: 07.10.2017, 13h43


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