«Le Cartel veut un système salarial transparent pour l’Etat»

Fonction publiqueQue faire avec le projet de réévaluation des salaires à l’État? La réponse de la faîtière syndicale des fonctionnaires.

Françoise Weber, secrétaire syndicale au SIT et représentante du Cartel.

Françoise Weber, secrétaire syndicale au SIT et représentante du Cartel. Image: MAGALI GIRARDIN

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Mercredi, le Conseil d’État a annoncé qu’il repoussait la présentation de son projet de modification des salaires des fonctionnaires qu’il avait fixée le 13 novembre. «Nous pouvons nous permettre de prendre encore trois ou quatre mois sachant que ce projet a un lourd historique derrière lui», expliquait la ministre des Finances Nathalie Fontanet. Et maintenant, que faire? La parole à Françoise Weber, secrétaire syndicale au SIT (Syndicat interprofessionnel des travailleuses et travailleurs) et membre du bureau du Cartel.

Le Conseil d’État poursuit ses travaux sur Score. Qu’en attendez-vous?

Le Cartel travaille depuis plus d’un an au sein d’un groupe réactivé avec l’Office du personnel de l’État pour discuter/comprendre la nouvelle méthode d’évaluation des salaires, discuter de la courbe d’évolution et mettre en place les éléments correctifs. Dans ce cadre, nous avons formulé de nombreuses demandes d’éléments chiffrés et formulé des amendements aux avants projets de loi et à son règlement qui nous ont été présentés. Nous espérons encore pouvoir négocier de sérieuses améliorations. Sur le fond, le Cartel a toujours douté de ce projet. Il s’agit d’un système opaque, copié du privé qui privilégie largement le management. Nous attendons d’un système d’évaluation qu’il soit transparent, équitable et reproductible. Nous allons démarrer maintenant une phase de négociation certainement importante. Le Conseil d’État fait du chantage avec Score notamment en bloquant toute augmentation de salaire catégorielle depuis près de 10 ans.

Par rapport à la situation actuelle, quelles professions seraient avantagées ou perdantes ?

Pas de surprises. Les professions avantagées sont principalement celles des top managers (les compétences de conduite d’équipe notamment sont fortement valorisées), les professions du social et de la santé aussi. Mais il faut fortement nuancer les gains: les salaires du nouveau système intègrent toutes les primes, déjà versées, qui sont nombreuses dans le secteur hospitalier notamment. Il intègre aussi une partie importante des indemnités dont celles pour les horaires «hors horaires administratifs». De plus, les gains seront étalés sur 6 ans progressivement. Les fonctions perdantes sont très souvent les fonctions administratives, les informaticiens, et aussi les moins bien valorisées actuellement, comme les nettoyeurs. Les lingères pourrait y perdre encore. Près de 2000 personnes verront leurs salaires bloqués durant toute leur carrière, plus de 36% durant plusieurs années, pour autant que le système d’annuité progresse. En outre, certains risquent de perdre du salaire plus tardivement.

Le plan financier quadriennal du gouvernement prévoit de faire sauter deux annuités durant les quatre prochaines années. Compatible avec Score?

C’est bien un des aspects du problème! Avec 37% de personnel bloqué, on parle de près de 18 000 personnes qui n’évolueront qu’au moment de progressions d’annuités, ces blocages sont inacceptables. Nous constatons aussi que la grille salariale qui sera proposée est basée sur 24 annuités, davantage qu’actuellement. Bref, on doit s’attendre à ce que bien plus de personnes prévues attendent de nombreuses années pour que leur salaire progresse. L’indexation salariale étant elle aussi bloquée depuis 2010 et pour encore quatre ans, les salaires à l’État ne sont décidément pas très attractifs.

Les réévaluations de fonction sont bloquées depuis des années. Ne serait-ce pas le moment d’aller de l’avant avec cette réforme?

On assiste pour partie à un chantage. Je préciserais que toutes les réévaluations de fonction (qui évoluent de par les exigences de qualification et des responsabilités accrues) sont bloquées depuis 10 ans. L’employeur empêche un droit. Actuellement, les systèmes de primes et d’indemnités corrigent un peu un système assez obsolète sur plusieurs points. On peut certainement encore vivre avec quelque temps. Le système actuel, même sil a des défauts à l’avantage d’être transparent. C’est important.

Le passage au nouveau système devrait coûter plusieurs dizaines de millions. Cette somme, n’est-elle pas un gage de bonne foi de la part du Conseil d’État?

Ces coûts sont un cumul estimé après plusieurs années de fonctionnement du système. Avec les blocages d’annuités, le Conseil d’État fait des économies d’échelles. Ces économies doivent relativiser les coûts annoncés. Avec son intention de réduire des indemnités, le Conseil d’État fera d’autres économies encore. De toute manière, nous verrons comment le personnel concerné réagira dans les assemblées.

Créé: 09.11.2019, 09h28

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