Une application suisse où les CV sont sécurisés et contrôlés

Recrutement professionnelImpresso Labs, une start-up de l’EPFL, utilisera la technologie de la blockchain pour mettre en lien entreprises et candidats.

L’application Impresso vérifiera les données telles que CV ou diplômes enregistrées sur votre profil. Celles-ci resteront votre propriété, un point d’importance capitale pour le CEO Benjamin Beh.

L’application Impresso vérifiera les données telles que CV ou diplômes enregistrées sur votre profil. Celles-ci resteront votre propriété, un point d’importance capitale pour le CEO Benjamin Beh. Image: GETTY IMAGES

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Le marché du recrutement est en pleine mutation. L’arrivée d’Internet oblige les acteurs traditionnels tels que les agences de placement ou les cabinets de chasseurs de têtes à se redéfinir, sous peine d’être dépassés par les offres de candidatures véhiculées par LinkedIn ou, plus récemment, Facebook, qui grignotent des parts de marché. Ces intermédiaires traditionnels ont un coût, et les entreprises ont resserré leurs budgets, tout en développant des interfaces sur leurs propres sites où les candidats peuvent déjà postuler aux offres d’emploi. En parallèle, elles recourent de plus en plus aux plateformes précitées.

Mais voici que les LinkedIn et consorts commencent elles aussi à être remises en question par ders modèles plus performants, et surtout plus fiables. selon une étude menée par la spécialiste en stratégie de carrière J.T. O’Donnell, CEO du site Work it Daily, 85% des données présentes sur les profils LinkedIn seraient fausses…

«Il n’y a pas de vérification sérieuse sur ces réseaux, car ce qui leur importe n’est pas tant la véracité des profils que leur nombre, explique Benjamin Beh, fondateur et CEO de Impresso Labs. Plus ils en ont, et plus ils peuvent monnayer vos données». Avec une petite équipe basée sur l’Innovation Park de l’EPFL, il s’apprête à lancer l’application Impresso, un mélange, selon sa propre boutade, «de LinkedIn et de Tinder». «Du «dating» professionnel en quelque sorte, destiné aux chercheurs d’emploi, recruteurs, entreprises, travailleurs, ou tout simplement pour le networking», précise la chargée de communication Carole Markwalder.

SMART CV

On est au carrefour du site de rencontre, du réseautage et de la plateforme de recrutement. Sauf que dans le cas présent, les données fournies par l’utilisateur seront instantanément vérifiées et validées par la blockchain. Ce que la start-up a baptisé SMART CV, soit un curriculum sécurisé, monétisé, automatique, réactif et de confiance (trust en anglais). Dès que vous téléchargez votre profil, votre CV, vos certificats, vos diplômes, etc., ceux-ci sont très vite acceptés ou refusés. La ligne erronée n’apparaîtra pas sur votre profil, à moins que vous ne la corrigiez. Les données resteront propriétés de leur utilisateur et non de l’application.

Transactions en tokens

À noter que le processus de vérification et de validation fonctionnera dans les deux sens. «Vous pourrez à tout moment vous fier aux renseignements mis sur le site par une entreprise», souligne Benjamin Beh. Que votre niveau d’anglais ne soit pas vraiment celui que vous avez prétendu être, ou que le tournus d’employés ne soit pas de 10 ans, comme l’affirmait l’entreprise, mais de 10 mois, et automatiquement l’information est interdite de publication.

Quel modèle d’affaires pour Impresso, dès lors qu’ils ne monétisent pas directement les données des utilisateurs et des compagnies? «Chaque fois qu’une entreprise consultera un profil elle paiera quelque chose, en tokens», explique Benjamin Beh.

Toutes les transactions se passeront en tokens, ou jetons, ces actifs numériques acquis, en l’occurrence, via la plateforme de monnaie virtuelle «ethereum». Le 22 novembre, Impresso Labs lancera une ICO (Initial Coin Offering), soit une émission de 100 millions de tokens, qui permettront aux détenteurs soit de recevoir une partie des bénéfices générés par l’entreprise (comme un actionnaire), soit d’utiliser ses services. Objectif: lever l’équivalent de 55 millions de francs afin de se déployer à l’international. On n’en est pas encore là.

Une levée de fonds plus traditionnelle est en cours, une «angel investment opportunity», afin de lever en cash les 300 000 francs nécessaires à la préparation de l’ICO et à l’implémentation finale de la blockchain en appui de l’application. Celle-ci court jusqu’à fin janvier 2019. «Elle garantit un retour de 50% à partir d’une mise de 1 dollar, 100% d’intérêts dès 11 000 dollars, et 200% à partir de 51 000 dollars», souligne Carole Markwalder.

D’abord les PME

Impresso se développera par cercles concentriques: «D’abord les PME de la région, puis, nous pourrons cibler des villes, comme Colmar par exemple, puis enfin une extension à plus grande échelle, en visant les plus grandes entreprises», prévoit Benjamin Beh.

Créé: 03.09.2018, 18h41

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