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L’amiante plane sur la réfection du Cycle du Foron

Malgré des mesures d’assainissement en 2008, de l’amiante dormant est encore présent. Le chantier sera mené sous haute surveillance.

En 2008, des travaux de dépollution ont été lancés en urgence pour écarter tous risques pour les usagers.
En 2008, des travaux de dépollution ont été lancés en urgence pour écarter tous risques pour les usagers.
PASCAL FRAUTSCHI

Sournois et invisible, il est présent dans plus de 3000 matériaux de construction, selon une estimation de l’Etat. Dans les faux plafonds, les revêtements de sol, les panneaux de tableaux électriques, les luminaires ou encore les joints d’isolation des fenêtres. L’amiante est bien pratique pour ses propriétés ignifuges, isolantes et son bas coût, mais ses fibres, si on les inhale de manière répétée, représentent un danger pour la santé. La majorité des bâtiments construits avant 1991 en comportent.

Et les écoles n’y échappent pas (lire ci-dessous). Parmi eux, le Cycle du Foron. Il est contaminé, mais son amiante, dormant, ne présente pas de danger si on n’y touche pas, selon l’Etat. Sauf que des travaux vont être entrepris pour transformer des salles. Avec le risque de réveiller le polluant. L’Office des bâtiments, qui dépend du Département des finances (DF), vient d’organiser une séance d’information pour rassurer les usagers du Foron.

Confinement des salles

La question de l’amiante s’est invitée au Foron en 2008 déjà, et en urgence: il a fallu lancer une dépollution rapidement pour retirer tous risques pour les usagers. Dans la cible: des faux plafonds et les faïences des lavabos des classes, contaminés au polluant. D’autres éléments en contenaient également mais, après expertise, l’Etat a décidé de ne pas y toucher. «L’amiante qui reste dans certains éléments du bâtiment ne se trouve que dans des matériaux rigides qui ne libèrent pas de fibres dans l’air, rapporte Henri Roth, porte-parole du DF. Par exemple, des résines de sol ou des colles de faïences. Il n’y a en revanche pas de fibres d’amiante dans l’air, des mesures sont régulièrement effectuées. C’est uniquement lors de travaux que des précautions doivent être prises.»

C’est justement le cas aujourd’hui. Des transformations visent à créer des salles d’enseignement supplémentaires, notamment en changeant d’affectation certains locaux. De plus, durant l’été, les résines des sol de plusieurs salles seront assainies, et la sécurité incendie optimisée. Le sol des salles de gym sera désamianté l’été prochain.

Ce chantier va donc s’ouvrir sous haute surveillance. Le porte-parole explique que les travaux se dérouleront en deux temps: d’abord un assainissement préalable, effectué par une entreprise spécialisée. «Pour éviter la dispersion de poussières, les espaces concernés sont placés sous confinement étanche et mis en dépression par rapport aux autres locaux. A la fin de l’assainissement, des mesures sont à nouveau effectuées. Seulement après cette vérification, les travaux pourront démarrer.»

Contrôle de santé demandé

Malgré les garanties, les usagers de l’établissement sont inquiets. Les travaux réveillent leurs vieux démons. «En 2008, l’Etat a décidé de laisser de l’amiante, notamment celui qui était présent dans la colle du lino et des catelles, en disant qu’il était inerte, relève Daniel Borgo, représentant du syndicat des enseignants du Cycle (Famco) pour le Foron. A l’époque, nous avions été testés pour vérifier notre état de santé, et l’association des maîtres avait demandé que ces contrôles soient effectués régulièrement pour le personnel en place depuis plus de dix ans. Cela n’a pas été le cas. Or, on sait que les dégâts causés par l’amiante se révèlent souvent des décennies plus tard…» Alors, aujourd’hui, certains aimeraient que ces tests soient reconduits, pour vérifier leur état de santé et que cet amiante qualifié d’inerte l’est vraiment.

En 2016, l’Etat a mené 150 chantiers d’assainissement sur ses bâtiments, pour 5,7 millions de francs. Il estime que 90% de son parc renferme encore de l’amiante, «ce qui ne signifie pas qu’il y ait danger, précise Henri Roth. L’objectif n’est pas d’éliminer tous les matériaux amiantés, mais de garantir la sécurité durant l’exploitation des bâtiments et les chantiers.»

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Quelque 80 écoles polluées

Tous les bâtiments de l’Etat construit avant 1991 ont fait l’objet d’expertises, sur la base desquelles ont été établis des calendriers d’intervention. Ceux-ci sont notamment basés sur : le taux d’occupation du bâtiment, la catégorie d’occupants (enfants) et le risque d’événements pouvant favoriser la libération de fibres d’amiante dans l’air (chocs, manipulations, etc.). 229 bâtiments sont ainsi répertoriés, dont près de 60 écoles du primaire au secondaire (parmi lesquelles 14 cycles sur les 19 et une dizaine de centres médico-pédagogiques-CMP), auxquels s’ajoutent une vingtaine de bâtiments universitaires (Uni Bastions, ancienne école de médecine) et des hautes écoles.

Le délai d’intervention préconisé pour la majorité des CMP et des cycles est fixé à 2019-2020. L’Etat a-t-il vraiment les moyens de tenir ces délais? Sachant que le désamiantage ne peut se dérouler que pendant les périodes de vacances, à cause des contraintes de bruit et de confinements… «Les délais correspondent aux échéances à long terme fixées lors des diagnostics réalisés entre 2008 et 2010, indique-t-on à la Cellule opérationnelle amiante du Canton. Une nouvelle évaluation des risques des matériaux amiantés sera planifiée. Les matériaux qui pourraient présenter un risque seront assainis dans l’année. Dans le cas contraire, une nouvelle échéance de cinq à dix ans pourra être fixée.» Et le porte-parole du Département des finances, Henri Roth, d’ajouter: «Lorsque des matériaux amiantés ne peuvent pas être retirés sur le court terme, le bâtiment est surveillé et des mesures de l’air sont régulièrement effectuées.»

Plus d’infos sur : www.ge.ch/amiante/situation-amiante

A.T

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