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Entretenir son jardinComment arroser efficacement tout en économisant l’eau?

Selon Michel Cretin, responsable production au Garden Schilliger à Gland, il faut veiller à bien choisir la pomme de l'arrosoir, avec des trous de même dimension, pomme qu’il faut placer vers le haut, pour avoir un jeu plus large et ample, permettant de diffuser l’eau sur une plus grande surface et de limiter l’effet de battance du sol.
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Les pluies diluviennes de ces derniers jours ne doivent pas nous faire oublier que les étés chauds et secs ont tendance à se répéter. Les autorités communales imposent de plus en plus souvent des restrictions d’eau et incitent les habitants à économiser cette précieuse ressource. Quand on a un jardin, un potager, des plantes dans des bacs ou en pot, la question de l’arrosage peut alors devenir un casse-tête. Comment faire juste pour ne pas gaspiller l’or bleu?

Sensible à cette problématique qui a été particulièrement impactante ces deux derniers étés, l’association Au potager de Prangins a choisi le début de l’automne pour organiser un atelier piloté par trois experts: Reynald Pasche, agriculteur et président du Syndicat d’arrosage de Nyon et environs (SANE), Raphaël Charles, agronome, directeur de l'Institut de recherche de l’agriculture biologique FiBL en Suisse romande, et Michel Cretin, responsable production au Garden Center Schilliger à Gland. Tous ont un même mot d’ordre: il faut arroser moins!

L'association Au Potager de Prangins a organisé un atelier sur la question de l'utilisation judicieuse de l'eau dans son jardin.

«On a tendance à gaver les plantes en eau sans trop réfléchir», constate Michel Cretin. En fait, explique-t-il, l’arrosage, c'est tout un art, qui demande des connaissances de la structure du sol et des besoins de chaque plante. Il s’agit également d’utiliser de bons outils, et de prendre le temps de faire ses expériences. Les conseils et astuces de ces experts en quatre points.

«L'eau pompée au lac, avant d’être traitée, est livrée au Syndicat d’arrosage de Nyon et environs (SANE)», explique son président, l'agriculteur Reynald Pasche.

L'eau

Pourquoi des restrictions d’eau alors que le lac Léman représente un réservoir qui semble inépuisable? Parce que le pompage de l’eau, son acheminement et son traitement exigent de lourdes et coûteuses infrastructures, qui, en outre, utilisent de l’énergie qu’il s’agit aussi d’économiser. Et pourquoi les restrictions d’arrosage sont-elles plus strictes pour les résidents que pour les communes et les agriculteurs? Parce que l’eau qui sort du robinet des privés a été traitée pour être potable alors que l’eau utilisée uniquement pour l’arrosage, non traitée, est fournie par un autre réseau. «Pour la région de Nyon, l’eau pompée dans le lac à Promenthoux, au large de Prangins, est acheminée à la station de filtration de l’Asse, au nord de Nyon. En chemin, l’eau brute, avant d’être traitée, est livrée au Syndicat d’arrosage de Nyon et environs (SANE), explique son président Reynald Pasche. Le SANE gère un réseau de conduites de 80 kilomètres permettant à quelque 80 agriculteurs d’arroser 2000 hectares. Cette même eau est utilisée au Potager de Prangins.»

Il faut apprendre à connaître la structure du sol pour gérer l’apport des plantes en eau.

Le sol

«Chaque sol a une capacité différente à retenir ou à laisser passer l’eau. Cela dépend de sa structure, explique Raphaël Charles. Il faut donc apprendre à la connaître pour gérer l’apport des plantes en eau. Si c’est un sol non cultivé, épais, sans porosité ou tassé, l’eau restera en surface. À l’inverse, un sol léger, granuleux, dépourvu de matière organique, ne retient pas l’eau. Un bon sol est spongieux, riche en humus. Il faut savoir qu’un tel sol aura fait sa réserve d’eau durant l’hiver. Une réserve qu’on peut évaluer à 150 litres par m2 sur 40 centimètres d’épaisseur. Sachant qu’en moyenne les plantes vont pomper 3 à 4 litres d’eau par jour, il n’y a aucune raison d’arroser trop et trop tôt dans la saison.»

«Chaque sol a une capacité différente à retenir ou à laisser passer l’eau».

Raphaël Charles, agronome

Raphaël Charles précise qu’il faut du temps pour obtenir une bonne terre, en la cultivant, en la nourrissant de matière organique et en la laissant vivre. Pour vérifier si le sol a besoin d’eau, il ne faut pas se limiter à observer la surface du sol, mais aller gratter un peu plus en profondeur. Si la surface a séché, qu’elle est devenue dure, il est recommandé de la biner, c'est-à-dire de la remuer au moyen d’une binette ou d’une grelinette. «Un binage vaut deux arrosages», dit l’adage.

L'arrosage

Connaître la structure de son sol, c’est bien, mais c’est insuffisant. Il s’agit aussi de connaître les besoins de chaque plante pour les satisfaire. Michel Cretin conseille d’observer attentivement les relations entre les plantes, le sol et l’eau. Par exemple, une plante qui fane en pleine chaleur n’est pas forcément une plante qui manque d’eau, mais probablement une plante qui lutte normalement contre la déshydratation en réduisant sa transpiration.

À partir de là, il s’agit de mettre la bonne quantité d’eau au bon moment. On fera évidemment en fonction de la météo, jamais en détrempant le sol mais avec modération. «Plutôt le matin, estime Michel Cretin, car le soir, on remédie à un déficit au moment où le sol est encore chaud, donc l’eau s’évapore sur la plante et on va favoriser le développement de maladies, comme le mildiou. Mieux vaut se lever le matin pour arroser sur un sol frais.»

«Mieux vaut se lever le matin pour arroser sur un sol frais.»

Michel Cretin, responsable production au Garden Center Schilliger à Gland

Le système d’arrosage est aussi important. Dans un grand potager, il est recommandé d’installer le goutte-à-goutte, si possible automatique, piloté par un ordinateur, qui permet d’amener l’eau dans un réseau de tuyaux percés pendant un temps donné. Dans des bacs ou de grands pots, on peut utiliser la technique ancestrale des ollas, ces pots de terre permettant de diffuser doucement l’eau par capillarité.

Et si l’on utilise un arrosoir classique, il faut veiller à bien choisir la pomme, avec des trous de même dimension, pomme qu’il faut placer vers le haut, pour avoir un jeu plus large et ample, permettant de diffuser l’eau sur une plus grande surface et de limiter l’effet de battance du sol.

En protégeant le sol des rayons du soleil, le paillage limite le phénomène d’évaporation et d’assèchement de la terre, donc permet d'espacer les arrosages.

Le paillage

Le paillage est constitué de matière organique, de paille, de copeaux de bois, de tontes d’herbe, de feuilles mortes… En protégeant le sol des rayons du soleil, cette couche limite le phénomène d’évaporation et d’assèchement de la terre, donc permet d'espacer les arrosages. En plus, il nourrit la terre et empêche la pousse de «mauvaises herbes» autour de vos plantes.