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Covid et fermeture des sallesMusique: survivre en attendant le public

Les organisateurs de concerts sont soit des privés, soit des associations. Mais aujourd’hui, le devenir des uns comme des autres dépend des aides étatiques. Le point à Genève avec l’AMR, l’Orchestre de chambre de Genève, Caecilia et Prestige Artists.

L’AMR Jazz Festival en mars 2014 avec le Myra Melford’s Snowy Egret sur la scène du Sud des Alpes.
L’AMR Jazz Festival en mars 2014 avec le Myra Melford’s Snowy Egret sur la scène du Sud des Alpes.
TDG

Zéro public. Zéro salaire. L’équation fait craindre le pire aux promoteurs privés. Tandis que les structures subventionnées s’en tirent plutôt bien. Cette situation ambivalente prévaut dans le milieu des organisateurs de concerts. Privés ou subventionnés, les besoins ne sont pas les mêmes. Ainsi, à Genève, des quatre entités que nous avons pris pour exemples.

Association active dans le jazz, l’AMR fonctionne grâce à une convention passée avec la Ville: 1,18 million de francs annuels pour 1, 8 millions de budget pour les concerts et les cours. «C’est parce que nous sommes subventionnés que nous tenons le cap», souligne François Tschoumy, administrateur. De mars à juin, cependant, l’AMR a touché le chômage partiel pour les enseignants, les caissiers, les barmans et les sonorisateurs. Tous métiers à nouveau à l’arrêt cet automne. Et l’AMR de faire une fois de plus appel au chômage. L’annulation des concerts? «Les entrées annuelles contribuent à 100’000 francs de notre budget. Mais en l’absence de concert, nous n’avons pas de charge à payer, telles que les nuits d’hôtel.»

Pas de concerts, pas de sous

Autre cas de figure, l’Orchestre de chambre de Genève: de ses 3,6 millions de francs de budget, 40% proviennent des subventions municipales, 30% du mécénat. Ainsi que 30% de la billetterie et de ventes de prestations – pour des concours, des festivals ou l’accompagnement de chorales – précisément la part qui manque en raison du Covid. «Nous avons fait une demande pour indemnisation des pertes financières, laquelle reste subsidiaire au chômage partiel, précise Frédéric Steinbrüchel, secrétaire général. Nous avons obtenu le chômage, mais nous attendons toujours les indemnisations…»

«Si je devais vivre uniquement de cette activité, ce serait intenable.»

Élisabeth Christeler, directrice de Prestige Artists

Demander à un privé, qui ne touche aucune subvention, comment il s’en sort, et la réponse sera tout autre. Ainsi de l’agence classique Caecilia. Pedro Kranz, codirecteur: «Tous les concerts de mars à septembre ont été annulés, donc aucune entrée d’argent n’a été perçue durant cette période.» Les aides demandées? En attente. «On risque de manquer de liquidités.» Pedro Kranz se réjouit d’avoir vendu quelque 700 abonnements. À condition d’assurer un minimum de concerts en 2021. Sinon, il faudra rembourser.

Voyons enfin comment s’en tire Prestige Artists. Pas de mécénat ici, tout tient à la billetterie. Or, la saison 2020-2021 des Jazz Classics a été annulée. Reste à Élisabeth Christeler, seule employée à bord, la possibilité d’organiser des concerts à la carte. «Une nouvelle saison n’est pas envisageable», déclare la directrice, qui devrait toucher des aides via son collaborateur zurichois Allblues. «Si je devais vivre uniquement de cette activité, ce serait intenable.»