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Montreux Jazz FestivalL’affiche de Rylsee met déjà l’ambiance

Rylsee: «J’adore travailler le noir et blanc, c’est une prise de décision constante, c’est du direct de l’idée à la main.»
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Malicieux malgré lui… Rylsee n’a pas facilité la vie à ceux qui vont se frotter au puzzle de 1000 pièces décliné à partir de son affiche pour le Montreux Jazz Festival 2024. Limite désarçonné par la remarque, l’artiste genevois pouffe et enchaîne sur une confidence. «Vous voulez un secret? Je crois n’avoir jamais fait de puzzle de ma vie. À part avec ma fille, mais il avait 24 pièces, ça ne compte pas vraiment.»

Dans son atelier berlinois – il y a posé ses valises en 2012 – le trentenaire avait songé à nombre de déclinaisons marketing de son affiche. Mais l’artiste n’avait effectivement pas songé à rendre la vie dure aux céphaloclastophiles avec la densité d’infos qu’il glisse à chaque millimètre carré de papier. C’est son art, la traduction d’un esprit fusant dans tous les sens, sa manière d’aimer le monde.

Rylsee: «Jeune, j’ai passé beaucoup de temps dans les festivals avec mon père. Il a notamment travaillé comme directeur technique au Montreux Jazz. J’adorais aller en backstage. J’aime observer, voir les gens, c’est ce qui m’inspire.»

Véritable jus de vie, son style fusionne l’attrait de l’anecdotique façon Mordillo, la circulation des idées à la manière de «Cherchez Charlie» et un héritage de l’infinie élasticité des silhouettes de Keith Haring. Dans l’univers visuel de Rylsee, les humanoïdes partagent un air de famille avec l’homme bulle d’une pub de lessive et les contours du style bubble sur les murs des villes dans les années 70. «Il y a clairement des réminiscences de mes années de graffiti», admet le Genevois, qui a fait ses classes artistiques dans la rue, en plus d’un CFC en conception graphique.

De la rue au luxe

Le street artist s’active désormais de l’autre côté du mur, il s’affiche en galerie, au Montreux Jazz et collabore avec des grandes marques, dont Caran d’Ache, Moleskine, Nike, Converse, Opinel. Le virage n’est pas de nature à l’émouvoir, derrière son blase devenu son nom d’artiste, Cyril Vouilloz ne se considère pas plus établi. Ou moins rebelle.

«Ce sont juste des chapitres différents de ma vie. Si je ne me vois plus arpenter les voies ferrées dans le froid à 3 heures du matin avec les risques inhérents, je suis ravi d’avoir vécu ces moments. D’ailleurs, c’est assez cocasse de penser que ma maîtrise de la rapidité, des proportions, de la lisibilité qui vient de me servir dans la création d’une fresque dans la nouvelle manufacture de Rolex vient de pratiques illégales. Je sais que certains avec lesquels j’ai fait du graffiti n’approuveraient pas, mais je suis ravi de démontrer que c’est un art au même titre que d’autres. Et qui sait aussi s’en différencier.»

Rylsee: «Il y a plusieurs niveaux de lecture qu’on regarde l’affiche de loin ou de tout près.»

Rylsee s’appuie sur ces frictions. Il y noue ses jeux sur les lettres, les mots, les petits riens et autres bonheurs du quotidien. Avec un humour aussi direct que sincère. Et son affiche ne fait pas exception à la règle, qui y repérera le bar «encore un dernier, dernier verre» appréciera la drôlerie de certains détails. Un indice: cherchez pas loin de la scène principale, pas loin non plus du soutien-gorge en phase d’atterrissage devant le leader du groupe en concert.

Une cité éphémère

Des drôles de choses, il s’en passe entre les créatures qui affluent par centaines – on les comptera une nuit d’insomnie – et les amoureux seuls au monde sur un toit. Alors que d’autres se sont fondus dans la foule des mélomanes. On croise encore des siestards, des VIP pas si coincés, des flâneurs, des baigneurs. Quelques fêtards fort fatigués et une belle cohorte d’épicuriens.

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«Une fois l’architecture posée, j’ai imaginé toutes les scènes susceptibles de se produire dans un festival.» Le sourire est dans la voix, Rylsee n’est peut-être pas malicieux… malgré lui! «Un festival, pendant deux semaines, c’est une cité éphémère qui vibre. On y vit des moments intenses, des rencontres musicales, de nouvelles amours et à la fin, tout disparaît. Il ne reste plus que les souvenirs.»

Et, bien sûr, l’affiche. Ce repère visuel qui cale une édition ou une autre dans l’histoire du Montreux Jazz. On a aimé, un peu moins ou alors on se souvient… Tinguely, Keith Haring, Max Bill, Bowie, JR. «Grave! Je suis fier. Artiste, on doute toujours beaucoup. Mais être dans cette liste veut dire qu’on a vu que ce que je crée a une valeur qui peut être partagée.»

Bibliothèque Lake House, av. Claude Nobs 2, sa 13 juillet (18 h-19 h 30), «Drawing in music» avec Rylsee, un atelier Caran d’Ache.