Mondiaux de cyclismeLa Suisse perd son titre sans vraiment combattre
L’équipe de Suisse, avec Noemi Rüegg, Jasmin Liechti, Elise Chabbey, Fabian Weiss, Johan Jacobs et Stefan Bissegger, a perdu son titre mondial du relais mixte aux Mondiaux de Zurich. Cette sélection rajeunie a fini 8e à 2’52’’ de l’Australie.

Double-tenant du titre, Swiss Cycling a fait le choix de la jeunesse, pour sa compétition à domicile. Les décideurs du cyclisme helvétique ont décidé de mettre tous leurs œufs dans le panier de la course en ligne de dimanche, où Stefan Küng et Mauro Schmid feront partie des outsiders. Ils ont ainsi été retirés de la sélection la semaine dernière et remplacés par des seconds couteaux. Le forfait sur maladie de Marlen Reusser avait aussi limité les ambitions, forcément.
Au final, le sextet à la croix blanche s'est bien battu chez les hommes, avec ses armes. Johan Jacobs a toutefois explosé dès la première bosse, les Helvètes ont passé le relais avec plus d'une minute et demie de retard et ils n'ont rien pu faire contre les quelques équipes qui avaient joué le jeu à fond. Les Suissesses ont ensuite fait leur part de travail au maximum de leurs capacités, mais loin des cadors.
Au moins, le suspense a été total pour cette épreuve qui n'était courue à Zurich que pour la cinquième fois de l'histoire. Il n'y avait, en effet, que six secondes entre les trois futurs médaillés au dernier temps intermédiaire. Au final, l’Australie de Ruby Roseman-Gannon, Brodie Chapman, Grace Brown, Jay Vine, Michael Matthews et Ben O’Connor l’a emporté avec 85 centièmes d’avance sur la surprenante Allemagne et 8 secondes 25 sur les Italiens.
Des sélections un peu folkloriques
Cette édition 2024 du relais par équipes n'a pas fait grand-chose pour plaider la cause de cette jeune discipline. Déjà, lors des Européens, seules six formations avaient pris le départ de ce format largement contesté. Cette fois, entre sélections un peu folkloriques – ça fait plaisir à voir, c'est inclusif, mais ça n'aide pas à la crédibilité de la compétition – et stars laissées au repos – pas de Chloé Dygert, de Stefan Küng, de Tadej Pogacar, de Mathieu van der Poel (pas de Slovénie, de Belgique, ni de Pays-Bas tout court, d'ailleurs) ou de Remco Evenepoel), il y aurait sans doute eu mieux comme publicité.
Les filles de l'équipe d'Algérie n'étaient, par exemple, pas prêtes et ont pris le départ environ cinq minutes après que leurs compatriotes masculins ont franchi la ligne. Les anciens, fans de Pedro Delgado, ont sans doute apprécié l'hommage. Les organisateurs ont tout simplement fait partir à la place l'équipe des hommes du Centre mondial du cyclisme, on ne sait pas trop pourquoi. Gênant, comme l’écart final pour les Algériens sur l’Australie: plus d’une demi-heure.
Et puis il y avait «nos» Afghanes, les sœurs Fariba et Yulduz Hashimi, passées par le Nord-Vaudois après leur évacuation juste avant le retour des Talibans au pouvoir. Elles ont certes trouvé une compatriote pour intégrer le trio de leur pays, mais cette dernière n'avait absolument pas le niveau. Alors les frangines l’ont laissée en rade dès les premiers mètres celle qui n'avait qu'un vélo de route standard, terminant à 16 minutes et 26 secondes.
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