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Proche-OrientWashington ne considère plus les colonies illégales

L'administration Trump a décidé lundi de reconnaître les colonies israéliennes en Cisjordanie conformes au droit international, contrairement à l'ONU.

Tsahal a annoncé mercredi avoir mené des raids sur le Hamas en réponse à deux tirs de roquettes de Gaza. (27 novembre 2019)
Tsahal a annoncé mercredi avoir mené des raids sur le Hamas en réponse à deux tirs de roquettes de Gaza. (27 novembre 2019)
AFP
Au centre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a été mis en examen pour «corruption». (Jeudi 21 novembre 2019)
Au centre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a été mis en examen pour «corruption». (Jeudi 21 novembre 2019)
Keystone
La Ligue arabe s'est réunie au Caire. Des appels à faire de même avec la Palestine et Jérusalem-Est ainsi que des sanctions contre Washington ont été lancés. (Samedi 9 décembre 2017)
La Ligue arabe s'est réunie au Caire. Des appels à faire de même avec la Palestine et Jérusalem-Est ainsi que des sanctions contre Washington ont été lancés. (Samedi 9 décembre 2017)
AFP
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L'administration de Donald Trump a donné lundi un nouveau coup de canif au consensus international sur le conflit israélo-palestinien, en annonçant que les États-Unis ne considéraient plus comme illégales les colonies de l'Etat hébreu en Cisjordanie occupée.

Après la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d'Israël et celle de la souveraineté de l'Etat hébreu sur le Golan syrien, il s'agit d'une nouvelle décision spectaculaire en rupture avec la tradition diplomatique américaine, aussitôt saluée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et dénoncée par l'Autorité palestinienne.

«Après avoir examiné soigneusement tous les arguments de ce débat juridique», l'administration Trump conclut que «l'établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n'est pas en soi contraire au droit international», a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo devant la presse.

Il a tenu à présenter cette annonce comme un retour à l'interprétation du président Ronald Reagan au début des années 1980, se démarquant surtout de la précédente administration démocrate de Barack Obama qui avait vivement condamné la colonisation.

Pas un feu vert à la colonisation

Mais la politique américaine s'appuyait en fait jusqu'ici, au moins théoriquement, sur un avis juridique du département d'État remontant à 1978, selon lequel «l'établissement de colonies de population dans ces territoires» n'était «pas conforme au droit international».

Ces colonies installées sur les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967 sont en effet jugées illégales par l'ONU, et une grande partie de la communauté internationale voit en elles un obstacle majeur à la paix. Mike Pompeo a donc décidé que cet avis de 1978 était caduc.

En 1897, le journaliste et écrivain Theodor Herzl réunit à Bâle le premier congrès sioniste qui aspire à créer, pour le peuple juif, un foyer en Palestine garanti par le droit public. Du côté arabe, après des protestations de notables de Jérusalem, les premières organisations politiques sont créées en 1911 à Haïfa et à Jaffa pour lutter contre le sionisme.
En 1897, le journaliste et écrivain Theodor Herzl réunit à Bâle le premier congrès sioniste qui aspire à créer, pour le peuple juif, un foyer en Palestine garanti par le droit public. Du côté arabe, après des protestations de notables de Jérusalem, les premières organisations politiques sont créées en 1911 à Haïfa et à Jaffa pour lutter contre le sionisme.
Keystone
Il y a 100 ans, la déclaration Balfour a ouvert la voie à la création de l'Etat d'Israël.Le 2 novembre 1917, ce texte signé par le chef de la diplomatie britannique Arthur Balfour affirme que «le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif».
Il y a 100 ans, la déclaration Balfour a ouvert la voie à la création de l'Etat d'Israël.Le 2 novembre 1917, ce texte signé par le chef de la diplomatie britannique Arthur Balfour affirme que «le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif».
AFP
Pour le président palestinien  Mahmoud Abbas, la décision de Donald Trump «ne change rien à la réalité de Jérusalem... ville palestinienne arabe chrétienne et musulmane».  (Mercredi 6 décembre 2017)
Pour le président palestinien Mahmoud Abbas, la décision de Donald Trump «ne change rien à la réalité de Jérusalem... ville palestinienne arabe chrétienne et musulmane». (Mercredi 6 décembre 2017)
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«La vérité, c'est qu'il n'y aura jamais de solution judiciaire au conflit, et que les débats sur qui a raison et qui a tort au regard du droit international n'apporteront pas la paix», a-t-il estimé, assurant qu'il ne s'agissait ni d'une ingérence dans la politique israélienne, ni d'un feu vert généralisé à la colonisation.

Nouveau coup de pouce à Netanyahu

Il a également fait valoir que cette décision ne préjugeait pas du «statut final» de la Cisjordanie, dont le sort dépendra de futures négociations entre Israéliens et Palestiniens, rendues très hypothétiques par un processus de paix au point mort. L'administration Trump tarde d'ailleurs à dévoiler son propre plan de paix, rejeté par avance par les Palestiniens.

Mais la décision américaine pourrait être interprétée comme un nouveau coup de pouce à Benjamin Netanyahu, qui a proposé d'annexer une partie des colonies de Cisjordanie occupée, au moment où les partis israéliens mènent de difficiles tractations pour former un gouvernement.

Pour le chef du gouvernement sortant, l'interprétation de son plus proche allié «est le reflet d'une vérité historique: que les juifs ne sont pas des colonisateurs étrangers en Judée-Samarie», selon le nom biblique utilisé en Israël pour désigner la Cisjordanie occupée.

Washington n'est «pas qualifié ou autorisé à annuler des dispositions de droit international et n'a pas le droit de légaliser des colonies israéliennes», a au contraire protesté le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina.

L'UE et la Suisse se démarquent

L'Union européenne s'est aussi rapidement démarquée, en rappelant sa position «claire» et «inchangée»: «toute activité de colonisation est illégale au regard du droit international et compromet la viabilité de la solution à deux États et les perspectives d'une paix durable».

En Suisse, le Département fédéral des affaires étrangère (DFAE) a rappelé sa position à l'égard des colonies israéliennes de peuplement: elles sont illégales au regard du droit international, en particulier de la quatrième Convention de Genève. Elles constituent également un obstacle majeur à la paix et à la mise en œuvre d'une solution à deux Etats.

Berne appelle régulièrement les autorités israéliennes à cesser toute activité de colonisation, conformément à leurs obligations en tant que puissance occupante, souligne encore le DFAE.

La Suisse s'engage en outre en faveur d'une solution négociée à deux Etats sur la base des frontières de 1967. Cette solution est la seule à même de mener à une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, poursuit le DFAE.

Marques de soutien à l'État hébreu

Le gouvernement républicain au pouvoir depuis 2017 aux États-Unis, qui a multiplié les marques de soutien à l'État hébreu, s'était déjà montré beaucoup plus souple sur cette question ultrasensible.

L'ambassadeur des États-Unis à Jérusalem David Friedman est allé jusqu'à estimer qu'Israël avait «le droit» d'annexer «une partie» de la Cisjordanie occupée. Et Mike Pompeo avait refusé en avril de dire si Washington s'opposerait à une éventuelle annexion des colonies de Cisjordanie par l'État hébreu.

Parallèlement, Washington a cessé toute aide aux Palestiniens, avec lesquels la rupture est consommée depuis l'annonce tonitruante concernant Jérusalem. L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas ne considère plus les États-Unis comme un médiateur possible, ni même un simple interlocuteur, et a mis fin à tous ses contacts avec les Américains.

ats

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