«Nous voulons mobiliser les sociétés civiles pour un engagement non-violent»

PacifismeRajagopal, altermondialiste indien, veut organiser une marche mondiale des sans voix de New Delhi à Genève.

Rajagopal s’est distingué en organisant des marches massives de paysans indiens privés de terre.

Rajagopal s’est distingué en organisant des marches massives de paysans indiens privés de terre. Image: DR

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Traverser 8000 km en un an depuis New Delhi, en Inde, mobiliser un million de marcheurs dans le monde entier et en faire converger des milliers vers Genève en octobre 2020, c’est le défi fou que s’est lancé Rajagopal. Ce militant indien altermondialiste, disciple de Gandhi, s’est distingué en organisant des marches massives de paysans indiens privés de terre. Une mobilisation qui a contraint son gouvernement à adopter des réformes agraires et des distributions de terre. Fondateur et président d’Ekta Parishad (Forum de l’unité), le mouvement qui fédère ces actions non violentes, Rajagopal veut désormais fédérer les sans-voix du monde entier. Il est à Genève pour présenter son événement «Jai Jagat 2020» (La victoire du monde), sa marche pacifique mondiale.

Quels résultats espérez-vous d’une telle démarche?
Il faut savoir avant tout qu’il ne s’agit pas d’une seule marche, mais de plusieurs marches partant d’un maximum de pays. Genève, en tant que ville symbolisant la paix et les droits humains, est simplement le but final et le lieu de convergence. L’objectif est de transmettre un message: tous les êtres humains ont droit à la dignité; en laissant la moitié de la planète exclue et pauvre, on crée les conflits de demain, et à terme, personne ne sera épargné. Nous voulons aussi mobiliser les sociétés civiles, leur dire qu’un engagement non violent est possible et qu’il peut engendrer des résultats. Enfin, nous remettrons une plate-forme de recommandations à l’ONU. Il importe également de comprendre que cela ne concerne pas seulement les pays du Sud mais également les pays riches. Il y a aussi des gens marginalisés dans ces sociétés. Nous voulons nous enrichir mutuellement, partager nos expériences. Nous avons des relais en Belgique, en Suède, en Allemagne… Il faut une cohabitation équitable et un développement durable pour tous les habitants de la planète. La marche pour un monde plus juste, ce ne sont pas des gens pauvres qui viennent mendier auprès des Occidentaux ou de l’ONU.

Pourquoi marcher d’octobre 2019 à octobre 2020?
Parce que cela correspondra au 150e anniversaire de la naissance du mahatma Gandhi, né en octobre 1869, qui est l’initiateur des marches pacifiques et un apôtre de la non-violence. C’est aussi le temps qu’il nous faut pour nous organiser, car nous aimerions fédérer un maximum d’organisations dans un maximum de pays. Il nous faut donc du temps pour sensibiliser, informer et se coordonner.

Quelle est la position du gouvernement indien vis-à-vis de votre mouvement?
Depuis la victoire de la droite nationaliste hindoue, c’est forcément plus difficile. Il y a des réticences à écouter la société civile, à entendre toutes les voix. Et malheureusement, le refus du dialogue, à terme, peut engendrer de la violence pour se faire entendre. C’est pourquoi nous insistons sur la non-violence et les marches pacifiques, cela met les gouvernements dans l’embarras, ils sont dans l’obligation de prendre en compte nos revendications, surtout quand la mobilisation est massive et pacifique. En revanche, au niveau de la politique économique, nous avons les mêmes problèmes qu’avec le gouvernement précédent. Les grandes multinationales qui ont les moyens peuvent acheter nos ressources et piller nos terres, le gouvernement laisse faire. Le problème est le modèle économique, et c’est souvent le modèle économique qui engendre le modèle politique.

Quels sont les défis auxquels vous êtes confrontés en organisant la marche?
Le problème de la traversée des frontières. Pour aller de New Delhi à Genève, il faut traverser le Pakistan, l’Afghanistan, l’Iran, la Turquie… Nous avons donc des problèmes de visas, et il nous faut forcément l’accord des gouvernements. Pas simple, d’autant plus que nous avons prévu de faire des haltes dans chaque pays pour parler de paix et de justice, pour sensibiliser et former les populations à la non-violence. Tout cela n’est pas forcément accueilli favorablement par certains gouvernements. Aussi, certains États ne veulent pas laisser leurs citoyens quitter le pays, or nous aimerions avoir à Genève une délégation de chaque nation. Notre message étant beau, pacifique et universel, nous ne désespérons pas de les convaincre. (TDG)

Créé: 27.11.2017, 20h30

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